Acrostiche : définition simple et exemples | Figure de style

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Le Pauvre Poète, Carl Spitzweg, 1839

Acrostiche : définition simple


Un acrostiche est un jeu littéraire qui à consiste à écrire un poème dont on peut lire un mot formé par les initiales des vers. Ce mot est souvent le nom de l’auteur, le nom de celui à qui on dédie le poème ou un mot en rapport avec le titre du poème.

Exemple

Voulez-vous que verté vous die ?
Il n’est jouer qu’en maladie
Lettre vraye que tragedie
Lasche homme que chevalereux,
Orrible son que melodie,
Ne bien conseillé qu’amoureux

Villon, Ballade des contre-vérités

On peut lire verticalement le nom de l’auteur du poème : VILLON. 

Autre exemple :

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Rimbaud, Le dormeur du val

On peut construire un acrostiche sur un sonnet seulement du poème. Ici, les initiales forment le mot LIT, en rapport direct avec le thème du poème. 

 

Étymologie d’acrostiche


Acrostiche vient du grec akros, « sommet, extrême, haut, élevé », et stikhos, « vers ».

 

Exemples d’acrostiches célèbres


Iêsous
Christos
Theou
Uos
Sôter

« Jésus-Christ, Fils de Dieu, notre Sauveur ». En grec, les initiales de cette formule forment le mot ICHTUS, ce qui signifie « poisson ». Les premiers chrétiens ont donc choisi le poisson comme signe de reconnaissance.

acrotische ichtus

 

 

Vous portastes, digne Vierge, princesse,
Iesus regnant, qui n’a ne fin ne cesse.
Le Tout-Puissant, prenant nostre foiblesse,
Laissa les cieulx et nous vint secourir,
Offrir a mort sa tres chiere jeunesse.
Nostre Seigneur tel est, tel le confesse.
En ceste foy je vueil vivre et mourir.

Villon, Ballade pour prier Notre Dame

 

Mais vouloir au public immoler ce qu’on aime,
S‘attacher au combat contre un autre soi-même,
Attaquer un parti qui prend pour défenseur
Le frère d’une femme et l’amant d’une sœur,
Et rompant tous ces nœuds s’armer pour la patrie
Contre un sang qu’on voudrait racheter de sa vie,
Une telle vertu n’appartenait qu’à nous,
L‘éclat de son grand nom lui fait peu de jaloux,
Et peu d’hommes au cœur l’ont assez imprimée,
Pour oser aspirer à tant de renommée.

Corneille, Horace, II, 3, Horace

Cet acrostiche est un possible kakemphaton.

 

Je ne saurais nommer celle qui sait me plaire
Un fat pour se vanter, un amant doit se taire
La pudeur qu’alarmait l’impétueux désir
Inventa sagement le voile du mystère
Et l’amour étonné connut le vrai plaisir

La guirlande de Julie

 

 

Adieu !

L’amour est libre il n’est jamais soumis au sort O Lou le mien est plus fort encor que la mort Un cœur le mien te suit dans ton voyage au NordLettres Envoie aussi des lettres ma chérie
On aime en recevoir dans notre artillerie
Une par jour au moins une au moins je t’en prie

Lentement la nuit noire est tombée à présent
On va rentrer après avoir acquis du zan
Une deux trois A toi ma vie A toi mon sang

La nuit mon coeur la nuit est très douce et très blonde
O Lou le ciel est pur aujourd’hui comme une onde
Un cœur le mien te suit jusques au bout du monde

L’heure est venue Adieu l’heure de ton départ
On va rentrer Il est neuf heures moins le quart
Une deux trois Adieu de Nîmes dans le Gard

4 fév. 1915

Apollinaire, Poèmes à Lou

Les trois initiales de chaque strophe du poème forment le mot Lou, prénom d’un amour d’Apollinaire. 

 

Mon aimée adorée avant que je m’en aille,
Avant que notre amour, Maria, ne déraille,
Râle et meurt, m’amie, une fois, une fois,
Il faut nous promener tous deux seuls dans les bois,
Alors je m’en irai plein de bonheur je crois.

Maria

Amour parfait dans mon coeur imprima
Nom très heureux d’une que j’aime bien
Non ! non jamais, cet amoureux lien
Autre que mort défaire ne pourra

Poème anonyme avec un double acrostiche : au début de chaque vers et à la fin. 

La correspondance suivante est attribuée (abusivement selon la Société des amis de Georges Sand) à Sand et Musset : 

(Musset)
Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,
Voulez-vous qu’un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d’un cœur
Que pour vous adorer forma le créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n’ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots :
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

(Sand)
Cette insigne faveur que votre cœur réclame

Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.

Adrian

Étudiant et passionné par les sciences humaines. N’hésitez pas à me contacter :)

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