Définition. (Adjectif). Capiteux signifie « qui monte à la tête, qui enivre facilement, qui trouble les sens, qui conduit vers une certaine langueur ». On dit souvent d’un vin qu’il est capiteux lorsqu’il est fort en alcool, ou d’un parfum qu’il est capiteux lorsque sa senteur enivre. On peut dire qu’une personne est capiteuse pour parler de son charme, mais cet usage-là est rare. De manière générale, l’usage de cet adjectif, littéraire, est rare. Exemples : 

  • Le charme sophistiqué du jeune homme exerçait une sorte de fascination capiteuse sur les personnes de la salle. 
  • On comprenait en regardant leurs faces troublées que ce vin était capiteux
  • Sa chambre baignait dans des effluves capiteuses.  
  • Il trempa ses lèvres dans la même coupe, et les vins capiteux qui se trouvaient sous leur main achevèrent d’égarer leur raison. (Sand, Indiana, 1832)
  • Et quelle herbe ! Savoureuse, fine, dentelée, faite de mille plantes… C’était bien autre chose que le gazon du clos. Et les fleurs donc !… De grandes campanules bleues, des digitales de pourpre à longs calices, toute une forêt de fleurs sauvages débordant de sucs capiteux !… (Daudet, Lettres de mon moulin)
  • […] et aidées du parfum acide et capiteux de corolles d’autres espèces dont j’ignorais les noms et qui m’avait fait rester tant de fois en arrêt dans mes promenades de Combray, rendissent le salon de Mme Swann aussi virginal, aussi candidement fleuri sans aucune feuille, aussi surchargé d’odeurs authentiques […] (Proust, À la recherche du temps perdu)

Synonymes : enivrant, excitant, émoustillant, échauffant, troublant, odorant, généreux, exaltant, entêtant, étourdissant.

Antonyme : calmant.

Étymologie : capiteux est un emprunt à l’italien capitoso, « obstiné », issu du bas latin capitosus, dérivé de caput, « tête ». L’évolution vers le sens actuel du terme est française. Il a été employé au XVIe siècle par Bouchet (cf. TLF) au sens de « qui excite les sens » à propos d’une femme, puis repris bien plus tard dans des sens voisins en français, notamment par Victor Hugo.