Prix Nobel 2026 : la liste complète des lauréats et leurs travaux

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Une algue de mare. Un kilomètre cube de glace au pôle Sud. Des molécules qui se regardent dans un miroir. Voilà ce que les jurys Nobel ont couronné cette année. Du 5 au 12 octobre 2026, dix lauréats ont rejoint le palmarès. Qui sont-ils ? Qu’ont-ils découvert, écrit ou défendu ? Ce guide vous livre la liste complète, le détail de chaque travail et les coulisses d’un prix né d’un testament.

Ce qu’il faut retenir

  1. Dix lauréats désignés pour six prix en huit jours.
  2. Henri B. Kagan porte les couleurs de la France en chimie.
  3. L’optogénétique récompense trois chercheurs : la lumière pilote les neurones.
  4. Chaque prix vaut 12 millions de couronnes suédoises, partagées entre lauréats.
  5. Le testament de 1895 ne prévoyait pas le prix d’économie.

Prix Nobel 2026 : la liste complète des lauréats

La saison a duré huit jours. Elle s’est ouverte le lundi 5 octobre avec la médecine et s’est refermée le lundi 12 avec l’économie. Entre les deux, une discipline par jour, comme un métronome. Le tableau suivant résume l’ensemble.

Prix Annonce Lauréat(s) Travaux récompensés
Physiologie ou médecine Lundi 5 octobre Karl Deisseroth (États-Unis), Peter Hegemann et Georg Nagel (Allemagne) Canaux ioniques activés par la lumière et optogénétique
Physique Mardi 6 octobre Francis Halzen (Belgo-Américain) Observatoire IceCube et neutrinos de haute énergie venus du cosmos
Chimie Mercredi 7 octobre Henri B. Kagan (France), Kenso Soai (Japon) Effets non linéaires et autocatalyse en synthèse organique asymétrique
Littérature Jeudi 8 octobre Anne Carson (Canada) Une œuvre audacieuse en dialogue avec la tradition classique
Paix Vendredi 9 octobre Navi Pillay (Afrique du Sud) Action pour la paix et le droit international
Sciences économiques Lundi 12 octobre Robert E. Hall et Michael Woodford (États-Unis) Bases microéconomiques de la stabilisation macroéconomique

Un détail saute aux yeux. Deux femmes seulement figurent au palmarès : Anne Carson et Navi Pillay. Soit 2 lauréats sur 10. Autre constat : quatre lauréats sont rattachés à une université américaine, dont deux à Stanford, Karl Deisseroth et Robert E. Hall.

Y a-t-il un Français parmi eux ? Oui : Henri B. Kagan, en chimie.

Côté argent, chaque prix pèse 12 millions de couronnes suédoises, soit environ 1,2 million de dollars. Un million de plus qu’auparavant, à l’occasion du 125e anniversaire des prix. Les lauréats d’une même discipline se partagent la somme.

Mais ces chiffres ne disent rien des découvertes. Place aux travaux, un par un.

Ce que chaque lauréat a réellement accompli

Dix lauréats, six univers. Existe-t-il un lien entre eux ? Oui : la patience. Vous le verrez plus bas.

Médecine : la lumière devient un interrupteur pour les neurones

Le lundi 5 octobre, l’Assemblée Nobel de l’Institut Karolinska a distingué Karl Deisseroth, Peter Hegemann et Georg Nagel. Ils se partagent le prix à parts égales. Leur point commun : l’optogénétique, une méthode qui allume ou éteint des neurones précis, dans un cerveau vivant, grâce à un faisceau lumineux.

Karl Deisseroth, Peter Hegemann et Georg Nagel
Karl Deisseroth, Peter Hegemann et Georg Nagel

Tout commence avec une algue. Chlamydomonas, une cellule unique, nage vers la lumière. Peter Hegemann et Georg Nagel, biophysiciens allemands, cherchent comment elle y parvient. Ils découvrent la channelrhodopsine, une protéine nichée dans sa membrane. Sous lumière bleue, elle ouvre un canal. Des ions chargés s’y engouffrent. Résultat : une impulsion électrique.

Pourtant, l’histoire se joue en plusieurs relais. Le laboratoire de Hegemann identifie et baptise la première version, ChR1. Nagel injecte ensuite des gènes de l’algue dans des œufs de grenouille et met au jour la channelrhodopsine-2. Puis vient Karl Deisseroth, à Stanford. Il fait produire la protéine à des neurones de rat, avec une construction génétique fournie par Nagel. Il déclenche leurs signaux avec de la lumière bleue. L’étude paraît en 2005. Le nom d’optogénétique suit en 2006.

Ce que retient le jury

Per Svenningsson, qui préside le comité de médecine, évoque une cartographie du cerveau dont on ne pouvait que rêver. Deisseroth a déjà piloté les moustaches d’une souris en activant des neurones du cortex moteur. Il a 54 ans. Hegemann en a 71, et Nagel 73.

Mais l’ambition dépasse le laboratoire. Des applications cliniques visent déjà la rétine, avec l’espoir de restaurer la vue. Une algue de mare, au service des yeux humains.

Physique : Francis Halzen, chasseur de neutrinos sous la glace

Le mardi 6 octobre, l’Académie royale des sciences de Suède a couronné Francis Halzen, seul lauréat de la discipline. Né en Belgique en 1944, ce physicien travaille à l’université du Wisconsin à Madison. Le jury salue son rôle décisif dans l’observatoire IceCube et la découverte de neutrinos de haute énergie venus de l’espace.

Francis Halzen
Francis Halzen

Les neutrinos ? Des particules minuscules qui traversent la Terre, et votre corps, sans que vous le sentiez. Les capturer revient à chercher une aiguille dans une botte de foin. Version glacée, en l’occurrence. Pourquoi viser le pôle Sud ? Parce qu’un neutrino qui heurte un atome de glace y laisse un bref éclair.

L’idée remonte à 1988. Halzen et un collègue imaginent d’utiliser la glace du pôle Sud comme détecteur géant. Il faudra environ six ans de construction. IceCube fonctionne pleinement en 2011. Le dispositif aligne 5 160 capteurs optiques dans un kilomètre cube de glace. Chaque éclair révèle la direction et le type du neutrino.

Mais pourquoi ces messagers fascinent-ils les astrophysiciens ? Parce qu’ils filent droit. Neutres, ils ne dévient pas dans les champs magnétiques et désignent donc leur source. IceCube a ainsi associé un neutrino de plus de 290 téraélectronvolts à un blazar baptisé TXS 0506+056. Mark Pearce, qui préside le comité de physique, y voit la naissance d’une nouvelle astronomie.

Un record, aussi : Halzen est le premier lauréat solitaire de la physique depuis Pierre-Gilles de Gennes, en 1991. Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a salué le onzième Nobel de son pays.

Chimie : Kagan et Soai face au miroir des molécules

Le mercredi 7 octobre, le prix de chimie revient au Français Henri B. Kagan et au Japonais Kenso Soai, à parts égales. Kagan, nonagénaire, est professeur émérite à l’université Paris-Sud, à Orsay. Soai l’est à l’Université des sciences de Tokyo. Le jury récompense leurs découvertes sur les effets non linéaires et l’autocatalyse en synthèse organique asymétrique.

Henri B. Kagan et Kenso Soai
Henri B. Kagan et Kenso Soai

Imaginez vos deux mains. Semblables, mais impossibles à superposer. Certaines molécules, comme les acides aminés, adoptent le même schéma : deux versions, images miroir l’une de l’autre. Or l’une peut soigner quand l’autre nuit. D’où l’enjeu pour fabriquer des médicaments.

Kagan franchit la première étape en 1986. Il découvre une façon inédite de manipuler des réactions chimiques. Soai pousse plus loin. Il met au point une réaction qui livre une seule des deux formes. Hormis le vivant, personne n’avait obtenu pareil résultat. Heiner Linke, qui préside le comité de chimie, parle d’un mystère vieux de plus d’un siècle : comment l’homochiralité surgit-elle spontanément ?

Autre curiosité : Soai a appris la nouvelle en faisant ses courses. Il y voit le jour le plus exaltant de sa vie. Le terrain, lui, n’est pas neuf pour le jury. En 2001, deux Américains et un Japonais avaient déjà été couronnés dans ce domaine.

⚠️ Remarque
Trois des lauréats scientifiques ont attendu très longtemps. Le travail de Kagan date de 1986, soit 40 ans avant le prix. L’idée de Halzen remonte à 1988, soit 38 ans. L’article de Deisseroth, lui, date de 2005 : 21 ans seulement. Ce délai plus court coïncide avec une méthode adoptée très vite, élue méthode de l’année par la revue Nature Methods dès 2010. Observation à retenir : plus une découverte se diffuse rapidement dans les laboratoires, plus l’attente semble raccourcir.

Littérature : Anne Carson, la poète qui dialogue avec les Anciens

Le jeudi 8 octobre, l’Académie suédoise a désigné la Canadienne Anne Carson, née à Toronto le 21 juin 1950. Ingrid Carlberg, sa secrétaire permanente, l’a jointe en Islande. Carson y écoutait le vent. Elle a qualifié la nouvelle de « dingue ».

Anne Carson

Le jury loue une œuvre audacieuse qui dialogue avec la tradition classique et invente de nouvelles formes. Pourtant, impossible de la ranger dans une case. Carson mêle poème, prose, dialogue et traduction. Citons Autobiography of Red (1998), un roman en vers, et The Beauty of the Husband (2001), sous-titré essai fictif en 29 tangos. Nox (2010) honore la mémoire de son frère Michael. Norma Jeane Baker of Troy (2019) entrecroise Hélène de Troie et Marilyn Monroe.

Ses traductions comptent aussi. Fragments de Sappho dans If Not, Winter, Électre et Antigone de Sophocle, Les Bacchantes d’Euripide : l’Académie les juge dignes d’œuvres à part entière.

Tout démarre au lycée. Son professeur de latin lui fait découvrir le grec pendant la pause déjeuner. Plus tard, elle enseigne la traduction, la collaboration artistique et les lettres classiques. Interrogée en 2016 sur cette passion, elle répondait :

« Le grec semble plus originel, comme le matin de la langue. » — Anne Carson, entretien accordé à NPR en 2016

Elle figurait parmi les favoris des parieurs. La Canadienne succède à László Krasznahorkai, lauréat 2025.

Paix : Navi Pillay, une juriste face aux crimes de masse

Le vendredi 9 octobre, le comité Nobel norvégien a dévoilé son choix depuis Oslo. Il distingue la juriste sud-africaine Navanethem « Navi » Pillay, 85 ans, pour son action en faveur de la paix et du droit international. La paix reste le seul prix attribué à Oslo.

Navi Pillay
Navi Pillay

Un parcours en trois actes

Acte un : Pillay défend Nelson Mandela et d’autres opposants à l’apartheid. Elle devient aussi la première femme de couleur à siéger à la Haute Cour d’Afrique du Sud. Acte deux : elle préside le tribunal consacré au génocide rwandais, puis occupe le poste de haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. Acte trois : elle dirige la commission d’enquête de l’ONU sur le Territoire palestinien occupé. En 2025, cette commission a conclu qu’Israël avait commis un génocide à Gaza. Israël a rejeté ce rapport.

Le comité relie ces étapes par un fil commun : la défense de principes juridiques universels. Aujourd’hui, Pillay siège à la Cour internationale de justice, dans une affaire où la Birmanie est accusée de génocide.

Les réactions n’ont pas tardé. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, y voit un hommage à tous ceux qui défendent le droit international. À Washington, Donald Trump a jugé que le comité avait rabaissé le prix, tandis que la Maison-Blanche alourdissait ses sanctions contre la Cour pénale internationale. Pillay a dédié sa récompense aux survivants de crimes internationaux. Le comité avait reçu 287 candidatures, dont 208 personnes et 79 organisations.

Économie : Hall et Woodford, ou l’art de lisser les crises

Le lundi 12 octobre, l’Académie royale des sciences de Suède a clos la saison en couronnant deux Américains : Robert E. Hall, de Stanford, et Michael Woodford, de Columbia. Elle récompense leurs travaux sur les bases microéconomiques de la stabilisation de l’économie.

Hall et Woodford
Hall et Woodford

Que changent-ils concrètement ? Ils aident États et banques centrales à doser leurs gestes face aux chocs. Bien calibrées, des mesures budgétaires et monétaires peuvent atténuer les creux et les pics de l’activité, selon l’Académie. John Hassler, qui préside le comité, parle d’une base théorique solide pour les modèles qu’utilisent aujourd’hui les banques centrales et les gouvernements.

Hall a étudié les choix des consommateurs. Woodford, titulaire de la chaire John Bates Clark à Columbia, signe le traité Interest and Prices, récompensé en 2003 par l’Association of American Publishers. Son parcours détonne : licence à Chicago en 1977, droit à Yale en 1980, doctorat d’économie au MIT en 1983. Ses idées ont aussi influencé la « forward guidance », cette façon dont la Réserve fédérale annonce ses intentions.

Mais attention : ce prix-là n’a pas la même origine que les cinq autres. Nous y venons.

D’où vient le prix Nobel ? Retour sur le testament de 1895

Qui a eu l’idée d’un tel prix ? Un inventeur de la dynamite. Alfred Nobel naît à Stockholm le 21 octobre 1833 et meurt à San Remo le 10 décembre 1896. Chimiste et industriel suédois, il invente l’explosif qui l’a rendu célèbre.

Le 27 novembre 1895, au Club suédois-norvégien de Paris, il signe son dernier testament. Il lègue l’essentiel de sa fortune, plus de 31 millions de couronnes de l’époque, à un fonds placé en valeurs sûres. Les revenus doivent financer chaque année des prix dans cinq domaines : physique, chimie, physiologie ou médecine, littérature et paix. Le texte exige que la nationalité des candidats ne pèse pas dans le choix.

« …ceux qui, au cours de l’année écoulée, auront rendu à l’humanité les plus grands services. » — Alfred Nobel, testament du 27 novembre 1895

Mais rien ne se déroule simplement. Son projet reste incomplet. Il faut cinq ans pour fonder la Fondation Nobel et décerner les premiers prix.

1901 : première cérémonie, premiers lauréats

Les premiers prix sont remis le 10 décembre 1901, jour anniversaire de la mort de Nobel. Wilhelm Conrad Röntgen reçoit le premier prix de physique, pour la découverte des rayons X. Du vivant de Nobel, la Suède et la Norvège partageaient un même roi, jusqu’en 1905. Le prix de la paix continue de se décerner à Oslo, tandis que les autres reviennent à Stockholm.

Dès lors, le rythme s’installe. Entre 1901 et 2022, les prix ont été attribués 615 fois à 989 personnes ou organisations, dont 61 fois à des femmes. Certaines années, aucun prix n’a été remis. Marie Curie, nominée en physique dès 1902, remporte ce prix en 1903, puis celui de chimie en 1911.

🚫 Piège
Croire qu’Alfred Nobel a prévu un prix d’économie. L’erreur vient du raccourci « prix Nobel d’économie ». Le testament de 1895 ne cite que cinq domaines. La banque centrale suédoise, la Sveriges Riksbank, l’a créé en 1968, pour ses 300 ans. Son titre exact : prix en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel. L’Académie royale des sciences de Suède le décerne pour la première fois en 1969. Il est annoncé avec les autres et remis lors de la même cérémonie. Son nom officiel garde la trace de cette origine.

Nominations, vote, secret : l’envers du décor

Qui choisit les lauréats ? Quatre institutions, pas une seule. Le tableau suivant montre qui décide de chaque prix.

Prix Qui décide Lieu de l’annonce
Physiologie ou médecine Assemblée Nobel de l’Institut Karolinska Stockholm
Physique Académie royale des sciences de Suède Stockholm
Chimie Académie royale des sciences de Suède Stockholm
Littérature Académie suédoise Stockholm
Paix Comité Nobel norvégien Oslo
Sciences économiques Académie royale des sciences de Suède Stockholm

Le processus suit un cheminement discret. Chaque institution envoie des formulaires confidentiels à des personnes jugées compétentes pour proposer des candidats. Les noms et les débats restent scellés pendant 50 ans. Voici le parcours d’un prix :

  1. Les institutions invitent des personnes qualifiées à proposer des candidats.
  2. Chaque comité examine les nominations en toute confidentialité.
  3. Le résultat est annoncé en octobre, une discipline après l’autre.
  4. Les lauréats reçoivent leur prix le 10 décembre.

Combien de dossiers en 2026 ? Pour la paix, 287 candidatures : 208 personnes et 79 organisations. Le comité norvégien publie ce décompte, jamais les noms.

Or les archives publiques racontent une histoire plus mince qu’on ne l’imagine. Elles recensent plus de 20 000 nominations. Mais elles s’arrêtent à 1953 pour la médecine, à 1970 pour la physique et la chimie, à 1971 pour la paix et à 1973 pour la littérature. Pour l’économie, rien n’est encore révélé. Autrement dit, aucun nominé de 2026 ne sera connu avant 2076. Les pronostics de la semaine Nobel relèvent donc de la devinette.

💡 Astuce
Pour retenir l’ordre de la semaine Nobel, suivez la ligne « du vivant à l’argent » : médecine, physique, chimie, littérature, paix, puis économie. En 2026, ces six annonces se sont étalées du lundi 5 au lundi 12 octobre. Pour savoir qui décide, gardez une seule règle : Stockholm pour presque tout, Oslo pour la paix.

Cinq questions que tout le monde se pose sur le prix Nobel 2026

Combien rapporte un prix Nobel en 2026 ?

Douze millions de couronnes suédoises, soit environ 1,2 million de dollars, avec une médaille d’or et un diplôme. La somme se partage entre les lauréats d’une même discipline. Les trois lauréats de médecine la divisent à parts égales. Ceux de chimie touchent 50 % chacun.

Quand les lauréats reçoivent-ils leur prix ?

Le 10 décembre 2026, jour anniversaire de la mort d’Alfred Nobel. La remise du prix de la paix se déroule à Oslo.

La France compte-t-elle un lauréat ?

Oui. Henri B. Kagan partage le prix de chimie avec Kenso Soai. Chez le voisin belge, Francis Halzen, né en Belgique, devient le onzième Belge couronné d’un Nobel.

Combien de femmes figurent au palmarès 2026 ?

Deux : Anne Carson en littérature et Navi Pillay pour la paix, sur dix lauréats. Entre 1901 et 2022, les prix ont été attribués 61 fois à des femmes.

Peut-on savoir qui était nominé ?

Pas avant 50 ans. Le secret couvre les noms des candidats et les délibérations.

Dix noms, six histoires, un fil rouge : la patience. Quarante ans pour Kagan. Trente-huit pour l’idée de Halzen. Rendez-vous le 10 décembre, à Stockholm et à Oslo, pour la remise des médailles.

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