
1 707 mots riment en A /a/ aussi écrit -as, -at, -ât, des rimes les plus riches aux plus pauvres et débarrassés des formes conjuguées. Page 1 sur 6.
En -əʁa /əʁa/ rimes riches 6
En -iʁa /iʁa/ rimes riches 5
En -dʁa /dʁa/ rimes riches 11
En -ona /ona/ rimes riches 10
En -tʁa /tʁa/ rimes riches 30
En -ʁwa /ʁwa/ rimes riches 90
En -iza /iza/ rimes riches 6
En -ina /ina/ rimes riches 24
En -yʁa /yʁa/ rimes riches 10
En -eʁa /eʁa/ rimes riches 23
En -aʁa /aʁa/ rimes riches 26
En -ita /ita/ rimes riches 10
En -ija /ija/ rimes riches 13
En -sta /sta/ rimes riches 26
En -ala /ala/ rimes riches 10
Aucun mot ne correspond à ces filtres.
Transcriptions phonétiques et fréquences d'usage établies d'après Lexique 3. Liste mise à jour le 2026-08-10.
Notions abstraites qui riment en A
Animaux qui riment en A
Lieux qui riment en A
Nourriture qui riment en A
Objets qui riment en A
Personnes et métiers qui riment en A
Végétaux qui riment en A
Actions qui riment en A
Sentiments qui riment en A
Corps humain qui riment en A
Couleurs qui riment en A
Temps qui riment en A
Mots en A de 1 syllabe
Mots en A de 2 syllabes
Mots en A de 3 syllabes
Mots en A de 4 syllabes
Mots en A de 5 ou plus syllabes
Le son A chez les poètes
Ces vers s'achèvent tous sur cette sonorité. Lisez-les à voix haute : c'est ainsi qu'on mesure ce qu'une rime fait à l'oreille.
Hommes de l’avenir souvenez-vous de moi
Guillaume Apollinaire, Alcools
Le chapeau à la main il entra du pied droit
Guillaume Apollinaire, Alcools
Le chat guettant l’oiseau qui boit,
Théophile Gautier, Émaux et Camées
Sa peau, le diable la tanna.
Théophile Gautier, Émaux et Camées
Vous avez la liste sous les yeux. Chat, opéra, chocolat. Puis soudain bois, trois, autrefois. Le doute s’installe : que font ces mots en -oi dans une page consacrée au A ? Rien n’a déraillé. Ce qui suit explique ce que cette liste dit vraiment du son /a/, et comment en tirer parti quand vous écrivez.
Ce qu’il faut retenir
- La rime se joue à l’oreille, jamais sur le papier : toute finale prononcée /a/ rime en A, quelle que soit son orthographe.
- Les mots en -oi appartiennent donc légitimement à cette famille, puisque /wa/ s’achève sur /a/.
- Le A produit peu de rimes riches spontanées, contrairement aux finales à consonne longue comme -tion.
- Presque toutes les rimes en A sont masculines. Une seule famille échappe à la règle.
[responsivevoice_button voice=”French Female” buttontext=”Version audio”]
Le son /a/, la bouche grande ouverte
Prononcez un A. Votre mâchoire descend, la langue s’aplatit, le passage s’ouvre au maximum. Aucune autre voyelle française ne réclame une telle amplitude. Les phonéticiens rangent le /a/ parmi les voyelles ouvertes, et cette ouverture explique beaucoup de choses sur les rimes que vous venez de parcourir.
Pourquoi cela compte-t-il pour un poème ? Parce qu’un A sonne loin. Là où un i pince et où un u se referme, le A porte, claque, résonne. Les fins de vers en A frappent l’oreille sans effort. C’est la voyelle du cri, du premier son émis par un nourrisson, de l’exclamation.
Un détail que les listes escamotent : le français a longtemps distingué deux A. Celui de chat, antérieur, clair. Et celui de bas ou las, postérieur, plus sombre, noté /ɑ/. Les poètes classiques entendaient cette nuance. Aujourd’hui la distinction s’est presque effacée en France, mieux préservée au Québec et en Belgique. Nos listes réunissent donc les deux, ce qui correspond à la prononciation contemporaine dominante.
Regardez la structure de cette page : les familles y sont nombreuses et souvent courtes. -la, -ʁa, -ma, -ta, -wa… Ce morcellement n’a rien d’accidentel. Une voyelle très ouverte accepte à peu près n’importe quelle consonne avant elle, sans contrainte articulatoire. Résultat : les mots se répartissent en une multitude de petits groupes. Comparez avec -tion, où quasiment tous les mots partagent trois phonèmes identiques et forment un bloc massif. Plus une finale est phonétiquement complexe, plus elle rassemble. Plus elle est simple, plus elle éparpille.
Bois, trois, autrefois : l’intrus qui n’en est pas un
Voilà la question qui revient le plus souvent sur cette page. Et la réponse tient en une phrase : une rime est un fait sonore, jamais orthographique.
Bois se prononce /bwa/. Le w initial de cette finale n’est pas une voyelle mais une semi-voyelle : un son de transition, qui glisse vers le noyau vocalique sans jamais le remplacer. Le vrai noyau, celui qui porte la rime, reste le /a/ final. Bois rime donc avec chat, exactement comme villa rime avec opéra.
Pauvrement, cela dit. Ils ne partagent qu’un son. Mais ils riment.
Ce phénomène ne concerne pas que les mots en -oi. Observez le tableau ci-dessous : cinq orthographes différentes aboutissent au même son final.
| Terminaison écrite | Prononciation | Exemples | Entre eux |
|---|---|---|---|
| -a | /a/ | villa, agenda, opéra | rime pauvre à suffisante |
| -at, -ât | /a/ | chocolat, combat, éclat | rime pauvre à suffisante |
| -as | /a/ | repas, matelas, bras | rime pauvre à suffisante |
| -oi, -ois, -oit | /wa/ | bois, trois, toit | rime riche entre eux |
| -oie | /wa/ | joie, soie, voie | rime riche et féminine |
Une conséquence pratique en découle. Si vous cherchez de la puissance sonore, piochez dans la colonne -oi : ces mots partagent trois phonèmes entre eux et forment automatiquement des rimes riches. Là où cela devient intéressant, c’est quand on compare les degrés.
Pauvre, suffisante, riche : trois degrés inégalement accessibles
La richesse d’une rime se compte en sons partagés, à rebours depuis la fin du mot. Un seul son commun donne une rime pauvre. Deux, une rime suffisante. Trois ou davantage, une rime riche.
Prenez chocolat, soit /ʃɔkɔla/. Face à opéra, vous ne partagez que le /a/ : rime pauvre. Face à voilà, vous partagez /la/ : rime suffisante, la norme du vers classique. Face à rigola, vous partagez /ɔla/ : rime riche, celle que l’oreille attrape immédiatement.
Pourquoi le A rend la rime riche difficile
Testez vous-même. Cherchez trois mots courants qui partagent trois phonèmes finaux avec chat. L’exercice résiste, non ? Voilà pourquoi.
Une rime riche en A exige que vous fassiez coïncider la voyelle, la consonne qui la précède, et encore le son d’avant. Or nous l’avons vu : la consonne précédant un A varie énormément. Chaque combinaison ne rassemble donc qu’une poignée de mots. À l’inverse, écrire en -tion vous offre la rime riche gratuitement — nation, passion, émotion partagent d’emblée /sjɔ̃/. Le A se mérite ; le -tion se ramasse.
💡 Astuce
Pour dénicher une rime riche en A, cessez de chercher des mots «
qui riment avec ». Prenez plutôt votre mot cible et remontez-le
d’un cran : isolez la syllabe entière, pas seulement la voyelle.
Pour chocolat, retenez -ola. Pour
combat, retenez -ba. Puis filtrez la liste
ci-dessus sur cette séquence. Vous passez d’un millier de candidats
à une quinzaine, et ces quinze-là sonneront tous juste. Le filtre «
Riche » de l’outil applique exactement ce raisonnement à votre
place.
Une rime en A peut-elle être féminine ?
La versification classique oppose deux catégories. Les rimes féminines s’achèvent sur un e muet — flamme, même, âme. Les rimes masculines se terminent sur toute autre finale. Et la règle d’alternance impose de les faire se succéder pour éviter la monotonie.
Un mot finissant phonétiquement par /a/ ne peut pas porter de e muet : ce e transformerait la finale. Chatte se prononce /ʃat/, pas /ʃa/. Toutes les rimes en A seraient donc masculines.
Sauf une famille. Et elle est facile à rater.
Les mots en -oie — joie, soie, voie, proie, oie, courroie — se terminent bien par un e muet tout en se prononçant /wa/. Ce sont les seules rimes féminines de toute cette page. Si vous composez en respectant l’alternance classique, elles deviennent précieuses : elles vous offrent le versant féminin d’une sonorité qui n’en propose presque aucun.
Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.
Verlaine ouvre ainsi l’un de ses poèmes les plus connus. Notez son geste : plutôt que de chercher une rime à toit, il répète le mot. Les traités appellent cela une rime du même au même, et la considèrent comme un défaut. Verlaine en fait un effet de berceuse. La contrainte du A, transformée en musique.
Ces formes conjuguées qui gonflent les listes
Un dictionnaire de rimes brut vous annoncera plusieurs milliers de mots rimant en A. Le chiffre impressionne. Il ment un peu.
Car le français fabrique du /a/ à la chaîne par la conjugaison. Le passé simple de la troisième personne du singulier, pour tous les verbes du premier groupe, se termine sur ce son : il chanta, elle parla, on abandonna. Ajoutez les futurs en -era et vous obtenez des milliers de formes verbales strictement inutilisables dans un poème contemporain.
🚫 Piège
La plupart des dictionnaires de rimes trient par ordre
alphabétique. Vous ouvrez la page « rimes en A » et vous tombez
d’abord sur abaissa, abandonna,
abandonneras — des formes que personne n’emploie à
l’écrit. L’erreur n’est pas de les inclure, mais de les présenter
en premier. La cause est technique : trier par fréquence d’usage
demande un corpus, trier par alphabet ne demande rien. Notre liste
écarte ces formes par défaut et classe le reste du plus courant au
plus rare. C’est pourquoi vous y lisez voilà et
chocolat avant tout le reste.
Ce que l’on demande le plus souvent
Combien de mots riment en A ? Le décompte affiché en tête de page correspond aux mots réellement utilisables, formes conjuguées exclues. Le total brut du français dépasse largement ce chiffre, mais l’écrasante majorité relève de la conjugaison.
Faut-il que l’orthographe se ressemble ? Non. Bras, chocolat et villa riment parfaitement malgré trois terminaisons écrites différentes. L’œil se trompe, l’oreille tranche.
Le mot à compte-t-il ? Techniquement oui, mais une préposition monosyllabique en fin de vers passe pour une faiblesse. Réservez-la aux vers libres, où la contrainte se relâche.
Peut-on faire rimer chat avec chatte ? Jamais. Le premier s’arrête sur /a/, le second ajoute un /t/. Les finales diffèrent, la rime tombe à plat.







