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La lumière bleue des toilettes et l’usage de droguesLa lumière bleue des toilettes et l’usage de drogues

Publié le 24/05/2020
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La lumière bleue des toilettes et l’usage de drogues


L’installation d’un éclairage bleu fluorescent dans les toilettes publiques et celles de commerces, ou dans des lieux ouverts plus généralement au public, répond à l’objectif d’y dissuader l’usage de drogues par injection intraveineuse. En effet, les veines superficielles du corps seraient difficiles à distinguer avec un éclairage sombre et bleuté.

Ainsi la SNCF a-t-elle installé en 2012 de la lumière bleue sur les quais de la gare Sainte-Marthe de Marseille pour répondre à ce problème.

Mais cette réponse est dénoncée, non seulement pour sa “violence symbolique” par deux sociologues auteurs d’une étude de 2010 sur le sujet, mais aussi pour sa contre-productivité. En effet, les auteurs de cette étude, Stephen Parkin et Ross Coomber, ainsi que ceux d’une autre étude, menée en 2013, fondées l’une et l’autre sur des interviews d’usagers de drogue par injection intraveineuse, avancent que l’installation d’une lumière bleue ne pourrait ne pas avoir l’effet dissuasif escompté sur ces usagers, pour qui l’injection peut relever d’une urgence telle qu’ils sont prêts à la pratiquer même avec une visibilité réduite.

Pire encore, elle peut entraîner des blessures de ces usagers, qui peuvent par exemple piquer par erreur un muscle, ou des injections dangereuses dans de grosses veines profondes, plus visibles. Selon l’une des participantes de l’étude de 2013, se piquer dans ce cadre est même transformé en défi (“It didn’t really make a difference for me. It’s almost like a challenge”). 

Si dissuasion il y a, la lumière bleue ne ferait que déplacer le problème, peut-être dans un lieu moins isolé, plus fréquenté par le public.

Enfin, il faut noter que réduire la visibilité peut entraîner un risque pour le public en général, pour les personnes malvoyantes par exemple. 

Voir ici : pourquoi dit-on un “cocktail Molotov” ? 

 

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