les 50 écrivains préférés des Français 📚

écrivain préféré des français
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Une question. Un seul nom. Et une avalanche. Quand notre communauté Facebook a demandé qui était « le plus grand écrivain français de tous les temps », plus de 1 000 commentaires ont déferlé. Certains ont répondu en un mot. D’autres ont protesté, ironisé, argumenté, aligné dix noms au mépris de la consigne. Nous avons tout compté. Voici le classement des 50 écrivains préférés des Français, tel que nos lecteurs l’ont dessiné.

Ce qu’il faut retenir

  1. Un classement issu de plus de 1 000 commentaires de notre communauté Facebook.
  2. Victor Hugo est cité dans près d’un commentaire sur quatre.
  3. Zola, Balzac, Céline et Proust complètent le top 5.
  4. Le XIXᵉ siècle place six auteurs parmi les dix premiers.
  5. Seulement quatre femmes figurent parmi les cinquante écrivains retenus.

Un sondage de notre communauté Facebook, plus de 1 000 réponses

La consigne tenait en une ligne : « Le plus grand écrivain français de tous les temps. Un seul nom. » Simple ? En apparence seulement. La question parle de grandeur, pas de goût personnel. Plusieurs participants l’ont d’ailleurs souligné, avouant que leur auteur préféré n’était pas forcément le plus grand.

Pour établir ce palmarès, chaque écrivain cité dans un commentaire a reçu une voix. Un participant qui nomme Hugo, Zola et Balzac offre donc une voix à chacun. Ce choix respecte ceux, très nombreux, qui ont refusé de trancher. « Choisir, c’est renoncer », a résumé l’un d’eux. Un autre a comparé l’exercice à peindre avec une seule couleur.

Trois familles de réponses ont été écartées. D’abord les auteurs étrangers, de Tolstoï à Stephen King. Ensuite les plaisanteries politiques, qui ont visé plusieurs responsables publics avec une constance réjouissante. Enfin les réponses qui ont pris « grand » au pied de la lettre et cité la taille des écrivains, au centimètre près. La langue française adore les doubles sens. Nos lecteurs aussi.

Un participant a résumé son choix d’une formule qui en dit long : tous ceux que l’on étudiait dans le Lagarde et Michard. Ces manuels scolaires, publiés en six volumes entre 1948 et 1962, ont façonné la culture littéraire de générations entières d’élèves. Vous allez voir que leur ombre plane sur tout le classement.

Victor Hugo, un plébiscite sans appel

Environ 250 voix. Près d’un commentaire sur quatre. Aucun autre auteur ne dépasse la centaine. Le verdict ne souffre aucune discussion.

Pourquoi un tel écart ? Les participants l’expliquent eux-mêmes. Hugo a brillé dans le roman, la poésie et le théâtre, là où la plupart des écrivains excellent dans un seul genre. Il a aussi mené des combats politiques qui dépassent la littérature, contre la peine de mort et contre la misère. Un lecteur rappelle qu’une avenue de Paris portait déjà son nom de son vivant. Un autre le qualifie simplement de dieu.

Plusieurs participants ont glissé une formule célèbre attribuée à André Gide, interrogé sur le plus grand poète français : « Victor Hugo, hélas ! ». Tout tient dans ce soupir. L’admiration est totale, mais teintée d’agacement devant un géant qui écrase ses contemporains.

L’ironie de l’histoire ? Adolescent, Hugo écrivait vouloir être « Chateaubriand ou rien ». Le disciple a dépassé le modèle de très loin dans notre sondage, même si Chateaubriand décroche une honorable huitième place. Mort en 1885, Hugo a reçu des funérailles nationales avant d’entrer au Panthéon.

⚠️ Remarque

Contre toute attente, Hugo ne domine pas les réponses les plus brèves. Parmi les commentaires de trois mots ou moins, moins d’un sur cinq le cite. Mais plus un commentaire s’allonge, plus son nom apparaît : il figure dans plus de la moitié des réponses de plus de trente mots. Souvent sous forme de concession (« Hugo, certes, mais… »). Hugo s’impose donc moins comme un coup de cœur spontané que comme la référence que personne n’ose oublier au moment d’argumenter.

Du 2ᵉ au 10ᵉ rang, le triomphe du roman

Derrière le colosse, un peloton dominé par les romanciers. Huit des neuf auteurs suivants doivent leur gloire à la prose. La seule exception fait rire depuis plus de trois siècles.

Zola et Balzac, bâtisseurs de mondes

Émile Zola (2ᵉ, environ 90 voix) a consacré vingt romans à une seule famille, les Rougon-Macquart, pour peindre la société du Second Empire. Chef de file du naturalisme, il enquêtait comme un journaliste avant d’écrire : Germinal est né d’un séjour dans le bassin minier du Nord. Son « J’accuse… ! » de 1898, en pleine affaire Dreyfus, l’a fait entrer dans l’histoire politique. Un participant résume parfaitement le dilemme de beaucoup : son cœur lui dit Zola, sa raison lui dicte Hugo.

Honoré de Balzac (3ᵉ, environ 80 voix) a bâti avec La Comédie humaine une cathédrale de plus de quatre-vingt-dix romans et nouvelles, peuplée de plus de deux mille personnages. Le Rastignac du Père Goriot ou le Lucien de Rubempré des Illusions perdues reviennent d’un livre à l’autre. Un lecteur l’a sacré « maître de tous ». Un autre affirme que nous vivons encore dans son monde. Difficile de lui donner tort.

Céline et Proust, les deux révolutions

La quatrième place surprendra peut-être. Louis-Ferdinand Céline réunit environ 65 voix. Son Voyage au bout de la nuit, couronné par le prix Renaudot en 1932, a fait entrer la langue parlée et l’argot dans le grand roman. Nombre de participants saluent ce travail sur la langue. Plusieurs ajoutent une réserve : ses pamphlets antisémites restent indéfendables. Le génie du style. La honte de l’homme. Le classement porte cette contradiction sans la résoudre.

Marcel Proust (5ᵉ, environ 50 voix) a consacré sa vie à À la recherche du temps perdu, sept volumes sur la mémoire, le temps et la jalousie. Le prix Goncourt l’a récompensé en 1919. Ses admirateurs se montrent passionnés, parfois un brin désabusés. L’un d’eux s’étonne que personne ne semble l’avoir lu. Une autre se demande si elle est la seule à le citer. Elle ne l’était pas.

💡 Astuce

Proust vous intimide ? Commencez par Un amour de Swann. Ce récit, qui forme la deuxième partie de Du côté de chez Swann, se lit comme un roman autonome, avec une intrigue amoureuse complète. Vous y découvrirez le style proustien sans affronter les milliers de pages du cycle entier. Si l’envie de poursuivre vient ensuite, elle viendra d’elle-même.

Camus, Maupassant, Chateaubriand, Molière et Flaubert

Albert Camus (6ᵉ) a reçu le prix Nobel de littérature en 1957, à 44 ans. Un participant cite la lettre de remerciement qu’il adressa ensuite à son ancien instituteur, Louis Germain. D’autres saluent l’humaniste de La Peste et l’auteur de L’Étranger.

Guy de Maupassant (7ᵉ), disciple de Flaubert, a écrit environ trois cents nouvelles et six romans, dont Bel-Ami. Un lecteur le juge tout simplement le plus agréable à lire.

François-René de Chateaubriand (8ᵉ, à égalité de voix) séduit surtout les amateurs de style. Le Malouin a passé des décennies sur ses Mémoires d’outre-tombe, publiés après sa mort, et repose sur l’îlot du Grand Bé, face à la mer.

Molière (9ᵉ) a tant marqué la langue qu’on désigne le français comme sa « langue ». Une participante le compare à Shakespeare pour l’Angleterre. Il meurt en 1673, quelques heures après avoir joué Le Malade imaginaire.

Gustave Flaubert (10ᵉ) passait des journées entières sur une seule phrase et testait ses textes à voix haute dans son « gueuloir ». Madame Bovary lui a valu un procès en 1857, conclu par un acquittement. Un participant le surnomme « le Mozart de la littérature ».

🚫 Piège

Deux participants affirment que Corneille aurait écrit les comédies de Molière. Cette thèse, lancée par l’écrivain Pierre Louÿs en 1919, revient régulièrement. Pourtant, une étude statistique du vocabulaire et du style, publiée en 2019 dans la revue Science Advances, a conclu que les deux auteurs avaient bien chacun leur propre écriture. L’erreur persiste pour une raison simple : il paraît plus romanesque d’imaginer un génie caché derrière un comédien que d’admettre qu’un acteur ait pu devenir le plus grand dramaturge de son siècle.

Qui complète le panthéon des lecteurs, de la 11ᵉ à la 25ᵉ place ?

Ici, les voix se resserrent. Entre 30 et 8 citations par auteur. Les poètes, les conteurs et les philosophes font leur entrée.

Charles Baudelaire (11ᵉ) règne sur la poésie. Les Fleurs du mal, publiées en 1857, valent à leur auteur une condamnation : six poèmes sont censurés. Une lectrice précise que Baudelaire n’est pas forcément le meilleur, mais qu’il reste son préféré.

Alexandre Dumas (12ᵉ) doit sa gloire aux Trois Mousquetaires et au Comte de Monte-Cristo. Une participante rappelle qu’il compte parmi les écrivains classiques les plus adaptés au cinéma. Ses cendres ont rejoint le Panthéon en 2002.

Jules Verne (13ᵉ) a signé une soixantaine de romans réunis sous le titre de Voyages extraordinaires. Plusieurs lecteurs saluent un visionnaire, précurseur de la science-fiction. L’un d’eux regrette qu’on l’oublie trop souvent face à Hugo.

Voltaire (14ᵉ) incarne les Lumières. Un participant raconte avoir Candide sous la main au moment de répondre. Un délice, écrit-il.

François Rabelais (15ᵉ), médecin humaniste, a inventé avec Pantagruel et Gargantua un rire énorme et savant. Un lecteur oppose sa générosité à l’ego de Victor Hugo. Une pique savoureuse.

Jean-Jacques Rousseau (16ᵉ) pose un petit problème. Né à Genève en 1712, il signait volontiers « citoyen de Genève », comme le rappelle un participant agacé de voir tout le monde l’oublier. Écrivain de langue française, donc, plus que Français au sens strict.

Frédéric Dard (17ᵉ) crée la surprise. Le père de San-Antonio rassemble une quinzaine de voix sincères. Un lecteur lui doit son goût pour la lecture. Un autre reconnaît qu’il n’est pas le plus grand, mais celui qu’il a le plus lu. Une franchise rafraîchissante.

Arthur Rimbaud (18ᵉ) a écrit l’essentiel de son œuvre avant vingt ans, puis a tourné le dos à la poésie pour devenir négociant en Afrique. George Sand (19ᵉ), de son vrai nom Aurore Dupin, est la première femme du classement, avec La Mare au diable et La Petite Fadette.

Antoine de Saint-Exupéry (20ᵉ) touche par l’âme, selon un participant qui le juge moins styliste que Hugo mais plus proche du cœur. Le Petit Prince et Terre des hommes portent ses voix.

Montaigne (21ᵉ) a inventé un genre en publiant ses Essais en 1580. Il y évoque son ami Étienne de La Boétie dans une phrase devenue proverbiale.

« Parce que c’était lui, parce que c’était moi. » — Montaigne, Essais

Stendhal (22ᵉ), alias Henri Beyle, aimait tant l’Italie qu’il a fait graver sur sa tombe de Montmartre, en italien, qu’il fut milanais, qu’il écrivit, aima et vécut. Un participant a d’ailleurs recopié cette épitaphe dans sa réponse.

Ferment cette tranche Pierre Corneille (23ᵉ), auteur du Cid en 1637, Jean de La Fontaine (24ᵉ) et ses Fables, puis Marguerite Duras (25ᵉ), prix Goncourt 1984 pour L’Amant.

26 à 50 : les choix plus personnels

Dans cette seconde moitié, chaque voix compte. Entre 8 et 3 citations. Les classiques côtoient les contemporains, les poètes maudits frôlent les académiciens.

Poètes, résistants et moralistes

Louis Aragon (26ᵉ) séduit par ses poèmes d’amour, dont ceux des Yeux d’Elsa. Un participant rappelle qu’il fut aussi résistant et dirigeant communiste. Un autre s’indigne de l’« omerta » qui l’entourerait.

Montesquieu (27ᵉ) a théorisé la séparation des pouvoirs dans De l’esprit des lois, en 1748. Marguerite Yourcenar (28ᵉ) est devenue en 1980 la première femme élue à l’Académie française, trente ans après ses Mémoires d’Hadrien.

Marcel Pagnol (29ᵉ), premier cinéaste élu à l’Académie française en 1946, a enchanté des générations avec La Gloire de mon père. Un participant s’étonne d’ailleurs qu’on ait mis du temps à le citer. Romain Gary (30ᵉ) reste le seul écrivain récompensé deux fois par le prix Goncourt : sous son nom en 1956, puis sous le pseudonyme d’Émile Ajar en 1975. Un exploit en principe impossible.

François Villon (31ᵉ) ouvre la marche chronologique du classement. Poète du XVᵉ siècle, il a écrit la Ballade des pendus avant de disparaître sans laisser de trace. Un participant affirme, provocateur, qu’entre Villon et Céline il ne s’est rien passé. Le reste du classement le contredit.

Le Grand Siècle place ensuite Jean Racine (32ᵉ), l’auteur de Phèdre, et Blaise Pascal (33ᵉ), dont les Pensées ont paru après sa mort. Pascal avait aussi inventé une machine à calculer.

Insolents, maudits et mémorialistes

Boris Vian (34ᵉ) a mené mille vies en trente-neuf ans : ingénieur, trompettiste, parolier, romancier de L’Écume des jours. Le marquis de Sade (35ᵉ) a passé près de trente ans enfermé, sous plusieurs régimes successifs. Un participant salue la sincérité de son œuvre, tout en la classant à part.

Gérard de Nerval (36ᵉ), auteur de Sylvie, est décrit par un lecteur comme « poète et prosateur à égalité ». Colette (37ᵉ), créatrice de Claudine, a été en 1954 la première femme à recevoir des obsèques nationales en France.

Pierre de Ronsard (38ᵉ), le « prince des poètes » de la Renaissance, reste attaché à un poème que tout écolier a croisé.

« Mignonne, allons voir si la rose / Qui ce matin avait déclose / Sa robe de pourpre au soleil » — Pierre de Ronsard

Saint-Simon (39ᵉ) a laissé des Mémoires monumentaux sur la cour de Louis XIV. Un participant le juge le plus grand de tous avec une seule œuvre. Jules Barbey d’Aurevilly (40ᵉ), dandy normand, a fait scandale avec Les Diaboliques en 1874. Jean d’Ormesson (41ᵉ), académicien pendant plus de quarante ans, a vu son œuvre entrer dans la Bibliothèque de la Pléiade de son vivant.

Neuf ex aequo pour finir

Les dix dernières places, ou plutôt les neuf dernières, se partagent à égalité, avec trois voix chacune. Classiques et vivants s’y mêlent sans complexe.

Michel Houellebecq, prix Goncourt 2010 pour La Carte et le Territoire, divise autant qu’il fascine : l’une de ses trois mentions s’accompagne d’un « non, je plaisante ». Alphonse de Lamartine a signé « Le Lac » dans ses Méditations poétiques de 1820, avant de jouer un rôle politique majeur en 1848. Alfred de Musset a écrit Lorenzaccio et On ne badine pas avec l’amour.

Joseph Kessel, aventurier et grand reporter, a coécrit avec Maurice Druon les paroles du Chant des partisans en 1943. Pierre Loti, officier de marine, a tiré de ses voyages Pêcheur d’Islande. Jean-Paul Sartre a refusé le prix Nobel de littérature en 1964.

Jean de La Bruyère a croqué ses contemporains dans Les Caractères, en 1688. Léon Bloy, pamphlétaire catholique, a signé Le Désespéré. Enfin, Boualem Sansal, écrivain franco-algérien gracié en novembre 2025 après un an de détention en Algérie, a été élu à l’Académie française le 29 janvier 2026. Il est l’auteur de 2084.

Le classement complet des 50 écrivains préférés des Français

Le nombre de voix reste approximatif : les orthographes fantaisistes (« Huguo », « Beaudelaire », « Chatraubrian ») ont exigé un regroupement manuel. Les écarts restent néanmoins très nets.

Rang Écrivain Siècle principal Œuvre emblématique Voix (environ)
1 Victor Hugo XIXᵉ Les Misérables 250
2 Émile Zola XIXᵉ Germinal 90
3 Honoré de Balzac XIXᵉ La Comédie humaine 80
4 Louis-Ferdinand Céline XXᵉ Voyage au bout de la nuit 65
5 Marcel Proust XXᵉ À la recherche du temps perdu 50
6 Albert Camus XXᵉ L’Étranger 37
7 Guy de Maupassant XIXᵉ Bel-Ami 34
8 François-René de Chateaubriand XIXᵉ Mémoires d’outre-tombe 34
9 Molière XVIIᵉ Le Misanthrope 30
10 Gustave Flaubert XIXᵉ Madame Bovary 30
11 Charles Baudelaire XIXᵉ Les Fleurs du mal 28
12 Alexandre Dumas XIXᵉ Le Comte de Monte-Cristo 28
13 Jules Verne XIXᵉ Vingt mille lieues sous les mers 25
14 Voltaire XVIIIᵉ Candide 25
15 François Rabelais XVIᵉ Gargantua 16
16 Jean-Jacques Rousseau XVIIIᵉ Les Confessions 15
17 Frédéric Dard XXᵉ Série San-Antonio 15
18 Arthur Rimbaud XIXᵉ Une saison en enfer 14
19 George Sand XIXᵉ La Mare au diable 14
20 Antoine de Saint-Exupéry XXᵉ Le Petit Prince 12
21 Montaigne XVIᵉ Essais 12
22 Stendhal XIXᵉ Le Rouge et le Noir 12
23 Pierre Corneille XVIIᵉ Le Cid 9
24 Jean de La Fontaine XVIIᵉ Fables 8
25 Marguerite Duras XXᵉ L’Amant 8
26 Louis Aragon XXᵉ Les Yeux d’Elsa 8
27 Montesquieu XVIIIᵉ De l’esprit des lois 7
28 Marguerite Yourcenar XXᵉ Mémoires d’Hadrien 7
29 Marcel Pagnol XXᵉ La Gloire de mon père 7
30 Romain Gary XXᵉ La Vie devant soi 6
31 François Villon XVᵉ Ballade des pendus 6
32 Jean Racine XVIIᵉ Phèdre 5
33 Blaise Pascal XVIIᵉ Pensées 5
34 Boris Vian XXᵉ L’Écume des jours 4
35 Marquis de Sade XVIIIᵉ Justine 4
36 Gérard de Nerval XIXᵉ Les Filles du feu 4
37 Colette XXᵉ Claudine à l’école 4
38 Pierre de Ronsard XVIᵉ Les Amours 4
39 Saint-Simon XVIIIᵉ Mémoires 4
40 Jules Barbey d’Aurevilly XIXᵉ Les Diaboliques 4
41 Jean d’Ormesson XXᵉ La Gloire de l’Empire 4
42 (ex aequo) Michel Houellebecq XXᵉ-XXIᵉ La Carte et le Territoire 3
42 (ex aequo) Alphonse de Lamartine XIXᵉ Méditations poétiques 3
42 (ex aequo) Alfred de Musset XIXᵉ Lorenzaccio 3
42 (ex aequo) Joseph Kessel XXᵉ Le Lion 3
42 (ex aequo) Pierre Loti XIXᵉ Pêcheur d’Islande 3
42 (ex aequo) Jean-Paul Sartre XXᵉ La Nausée 3
42 (ex aequo) Jean de La Bruyère XVIIᵉ Les Caractères 3
42 (ex aequo) Léon Bloy XIXᵉ Le Désespéré 3
42 (ex aequo) Boualem Sansal XXᵉ-XXIᵉ 2084 3

Ce que ce palmarès révèle de la littérature française

Un siècle domine tous les autres. Le tableau suivant le montre sans ambiguïté.

Siècle Nombre d’écrivains dans le top 50 Dont dans le top 10
XVᵉ 1 0
XVIᵉ 3 0
XVIIᵉ 6 1
XVIIIᵉ 5 0
XIXᵉ 18 6
XXᵉ 15 3
XXᵉ-XXIᵉ (auteurs vivants) 2 0

Le XIXᵉ siècle rafle donc plus d’un tiers des places et six des dix premières. Ce n’est pas un hasard. C’est le siècle du roman triomphant, des feuilletons lus par toute la France, des auteurs devenus figures nationales. C’est aussi, précisément, le siècle le plus richement servi par les manuels scolaires évoqués plus haut.

Autre déséquilibre, plus gênant : quatre femmes seulement sur cinquante. George Sand, Marguerite Duras, Marguerite Yourcenar et Colette. Un participant a posé la question sans détour : et les écrivaines, elles ne comptent pas ? Une autre a regretté que des autrices au talent magnifique restent méconnues. Le classement reflète moins un manque de talent qu’une transmission longtemps centrée sur les auteurs masculins.

Dernier enseignement, peut-être le plus réjouissant. San-Antonio voisine avec Saint-Simon, Houellebecq avec La Bruyère. Les lecteurs ne respectent aucune hiérarchie officielle. Ils votent pour ceux qui les ont fait rire, pleurer ou réfléchir. Et vous, quel nom auriez-vous écrit, s’il n’en fallait vraiment qu’un ?

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