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Comprendre le verbe alléguer dans la langue française
Le verbe alléguer appartient au registre soutenu du français et s’utilise principalement pour invoquer un fait ou citer une autorité comme preuve d’une affirmation. Dans le langage juridique comme dans l’expression écrite courante, ce terme occupe une place particulière. Il permet d’appuyer un raisonnement en faisant référence à des éléments concrets ou à des sources fiables.
L’intention de recherche pour ce mot-clé révèle un besoin informationnel précis. Les internautes souhaitent maîtriser l’emploi correct de ce verbe. Ils cherchent à enrichir leur vocabulaire avec un terme qui apporte de la précision à leur argumentation. La distinction entre alléguer et d’autres verbes similaires reste souvent floue pour de nombreux locuteurs.
Ce qu’il faut retenir
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Alléguer signifie invoquer une preuve ou citer une autorité comme argument
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Le verbe provient du latin allegare utilisé depuis le XIIIe siècle
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Contexte formel : principalement juridique, administratif et langage soutenu
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Ne confondez pas : alléguer nécessite une référence externe objective
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Conjugaison particulière : j’allègue (présent) mais j’alléguerai (accent changeant)
Définition précise du verbe alléguer
Alléguer signifie citer comme autorité ou produire comme preuve à l’appui d’une affirmation. Ce verbe transitif du premier groupe s’emploie lorsque vous présentez un argument, un témoignage ou un document pour justifier votre propos. Vous alléguez un texte de loi pour défendre votre position juridique. Vous alléguez une source scientifique pour appuyer une démonstration.
Le second sens du verbe désigne l’action de mettre en avant une excuse ou une justification. Vous alléguez votre bonne foi pour expliquer une erreur commise. Cette acception comporte parfois une nuance de défense personnelle. Le locuteur invoque alors des circonstances atténuantes ou des raisons légitimes pour expliquer son comportement.
Utilisation dans le contexte juridique
Dans le domaine du droit, alléguer prend une dimension technique particulière. Les avocats allèguent des précédents jurisprudentiels pour construire leur argumentation. Cette pratique constitue le fondement même de la plaidoirie. Le verbe s’applique exclusivement à des faits vérifiables, jamais à de simples suppositions.
L’expression juridique française distingue clairement entre alléguer des faits et prouver ces mêmes faits. Vous pouvez alléguer qu’un événement s’est produit sans pour autant en apporter la preuve matérielle. Cette nuance fondamentale structure tout le raisonnement juridique.
Origine étymologique du mot alléguer
Le verbe alléguer provient du latin allegare, composé du préfixe “ad” (vers) et du verbe “legare” (envoyer). Le sens originel latin évoquait l’action d’envoyer quelqu’un en mission ou de déléguer. Cette signification première a progressivement évolué vers celle de “produire comme preuve” dès l’époque romaine classique.
L’étymologie révèle une transformation sémantique fascinante. Le passage du concept d’envoi physique à celui de citation intellectuelle illustre l’abstraction progressive du langage. Les Romains envoyaient des messagers porteurs de documents. Les locuteurs modernes envoient métaphoriquement des arguments dans le débat.
La trace du verbe apparaît en français dès le XIIIe siècle. Les textes juridiques médiévaux l’emploient fréquemment. Cette ancienneté témoigne de l’importance historique de l’argumentation structurée dans la culture française. Les formes provençales “allegar” et italiennes “allegare” attestent d’une diffusion romane commune.
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Exemples d’utilisation dans des phrases
Emplois corrects du verbe alléguer
Erreurs fréquentes à éviter
La première erreur illustre une confusion avec l’anglais “alleged”. En français, vous ne pouvez pas qualifier une personne d’alléguée. Le verbe s’applique uniquement aux faits, aux raisons ou aux preuves que vous invoquez. Les deuxième et troisième exemples montrent l’importance de la nature vérifiable des éléments allégués.
Citations littéraires authentiques
La famille allégua la nécessité d’un voyage subitement ordonné par le médecin de la maison.
Cette phrase extraite de l’œuvre d’Honoré de Balzac illustre l’emploi classique du verbe. La famille invoque un prétexte médical pour justifier un départ précipité. L’utilisation du passé simple souligne le caractère littéraire de la formulation.
On alléguera que tout de même quelque chose avait été fait. Soit ! bien peu de chose.
Joseph Caillaux emploie ici le futur pour anticiper une objection. Cette construction rhétorique montre comment alléguer introduit un argument dans un débat intellectuel. Le locuteur reconnaît par avance la contre-argumentation possible.
Synonymes et nuances sémantiques
Le choix du synonyme approprié dépend du contexte d’utilisation. Chaque terme apporte une coloration particulière à votre propos.
| Synonyme | Nuance de sens | Contexte d’usage |
|---|---|---|
| Invoquer | Faire appel à une autorité supérieure | Juridique, formel |
| Citer | Rapporter textuellement ou par référence | Académique, littéraire |
| Prétexter | Mettre en avant une fausse raison | Excuse douteuse |
| Arguer | Tirer argument de quelque chose | Débat, démonstration |
| Avancer | Proposer comme explication | Courant, neutre |
Invoquer comporte une dimension solennelle absente d’alléguer. Vous invoquez la Constitution pour défendre un droit fondamental. Prétexter implique une mauvaise foi que n’a pas nécessairement alléguer. Vous prétextez un rendez-vous urgent pour éviter une rencontre embarrassante.
Arguer s’emploie souvent avec la construction “arguer de” suivie d’un substantif. Vous arguez de votre expérience professionnelle pour obtenir un poste. Cette construction diffère légèrement de celle d’alléguer qui accepte une proposition subordonnée.
Termes antonymes et opposés
Les contraires d’alléguer touchent aux notions de dissimulation et de silence argumentatif. Taire constitue l’antonyme le plus direct puisque vous ne mettez pas en avant l’information dont vous disposez. Vous taisez vos véritables motivations au lieu de les alléguer.
Omettre représente une forme passive de non-allégation. Vous omettez de mentionner un élément qui pourrait servir votre cause. Cette absence d’invocation peut être volontaire ou involontaire. Dans le contexte juridique, l’omission d’alléguer certains faits peut affaiblir considérablement votre position.
Réfuter s’oppose à alléguer dans la dynamique du débat. Quand votre interlocuteur allègue un argument, vous le réfutez en démontrant son invalidité. Cette opposition structure le mouvement dialectique de toute argumentation construite.
Traductions dans les langues étrangères
| Langue | Traduction | Prononciation approximative |
|---|---|---|
| Anglais | to allege, to invoke, to put forward | tou a-lèdj, tou inn-vôque, tou pout for-oueurde |
| Espagnol | alegar, invocar | alé-gar, inn-vo-kar |
| Allemand | vorbringen, anführen, geltend machen | for-brin-guenn, ann-fü-renn |
| Italien | allegare, addurre | al-lé-ga-ré, ad-dour-ré |
| Portugais | alegar, invocar | alé-gar, inn-vo-kar |
L’anglais “to allege” présente une fausse ressemblance avec le français. Le terme anglais implique souvent une affirmation sans preuve et porte fréquemment une connotation de doute. Cette différence sémantique crée des confusions dans les traductions juridiques entre le français et l’anglais.
L’espagnol et l’italien conservent la racine latine commune. Ces langues romanes partagent la même structure étymologique. La proximité linguistique facilite la compréhension mutuelle pour les locuteurs de ces langues.
L’allemand utilise plusieurs verbes selon le contexte précis. Vorbringen s’emploie dans le contexte juridique formel. Anführen convient mieux aux citations académiques. Cette multiplicité reflète la précision caractéristique de la langue allemande.
Questions fréquemment posées sur alléguer
Quelle différence entre alléguer et prétendre ?
Alléguer implique la production d’une preuve ou d’une référence externe pour appuyer votre affirmation. Vous alléguez un document officiel. Prétendre exprime simplement une affirmation personnelle sans nécessairement invoquer d’élément probatoire. Vous prétendez avoir raison sans fournir de justification. La nuance se situe dans le degré d’objectivation de l’argument.
Peut-on utiliser alléguer dans un contexte informel ?
Le registre d’alléguer reste principalement soutenu et formel. Dans une conversation quotidienne, vous préférerez des verbes plus courants comme “dire que” ou “expliquer que”. Toutefois, l’emploi d’alléguer dans un écrit professionnel ou académique renforce la crédibilité de votre propos. Le choix dépend de votre situation de communication.
Alléguer nécessite-t-il toujours une source externe ?
Traditionnellement, alléguer suppose la référence à un élément extérieur à votre simple opinion. Vous alléguez un témoignage, une étude ou un texte. Cependant, l’usage moderne accepte également l’allégation de raisons personnelles comme “alléguer sa fatigue”. La distinction s’estompe progressivement dans certains contextes.
Comment conjuguer correctement alléguer ?
Le verbe alléguer se conjugue comme céder avec modification de l’accent. Vous écrivez “j’allègue” au présent avec un accent grave, mais “j’alléguerai” au futur avec un accent aigu. Cette particularité orthographique provoque fréquemment des erreurs. La règle s’applique à tous les verbes en -éguer.
Alléguer s’emploie-t-il au sens de prouver ?
Non, alléguer signifie invoquer comme argument mais ne garantit pas la véracité de ce qui est allégué. Vous pouvez alléguer un fait sans le prouver. La distinction reste fondamentale en droit où l’allégation précède la phase probatoire. Confondre ces deux notions affaiblit la précision de votre expression juridique.
Existe-t-il des expressions figées avec alléguer ?
Les expressions courantes incluent “alléguer sa bonne foi”, “alléguer un empêchement” ou “alléguer des circonstances atténuantes”. Ces formulations appartiennent au langage juridique et administratif. Leur caractère figé facilite la rédaction de documents officiels en fournissant des tournures reconnues et comprises de tous.











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