Amitié fidèle | Poème de Nicolas Boileau

Amitié fidèle | Poème de Nicolas Boileau


Parmi les doux transports d’une amitié fidèle, 
Je voyais près d’Iris couler mes heureux jours : 
Iris que j’aime encore, et que j’aimerai toujours, 
Brûlait des mêmes feux dont je brûlais pour elle :

Quand, par l’ordre du ciel, une fièvre cruelle 
M’enleva cet objet de mes tendres amours ; 
Et, de tous mes plaisirs interrompant le cours, 
Me laissa de regrets une suite éternelle.

Ah ! qu’un si rude coup étonna mes esprits ! 
Que je versais de pleurs ! que je poussais de cris ! 
De combien de douleurs ma douleur fut suivie !

Iris, tu fus alors moins à plaindre que moi : 
Et, bien qu’un triste sort t’ait fait perdre la vie, 
Hélas ! en te perdant j’ai perdu plus que toi.

Poésies diverses, 1654

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

1 réponse

  1. Labiois dit :

    comme c’est beau tous ces poèmes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *