Un petit roseau m’a
suffi Pour faire frémir l’herbe
haute Et tout le pré Et les doux saules Et le ruisseau qui chante aussi
; Un petit roseau m’a suffi À faire chanter la forêt. Ceux qui passent l’ont
entendu Au fond du soir, en leurs
pensées, Dans le silence et dans le
vent, Clair ou perdu, Proche ou lointain… Ceux qui passent en leurs
pensées En écoutant, au fond
d’eux-mêmes, L’entendront encore et
l’entendent Toujours qui chante. Il m’a suffi De ce petit roseau cueilli À la fontaine où vint
l’Amour Mirer, un jour, Sa face grave Et qui pleurait, Pour faire pleurer ceux qui
passent Et trembler l’herbe et frémir l’eau
; Et j’ai, du souffle d’un
roseau, Fait chanter toute la
forêt.
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