Odin (Óðinn en vieux norrois, ancienne langue des peuples scandinaves) est une divinité de la mythologie nordique (scandinave) et germanique (identifié à Wotan/Woden dans les langues germaniques). C’est la principale divinité de ces panthéons. Il est en tout cas présenté tel par Snorri Sturluson (1179 – 1241) dans ses Edda (dans le Gylfaginning), exposé poétique de la mythologie nordique.

Odin est le créateur des hommes. Il est le dieu de la poésie, de la sagesse, des morts, etc. C’est un dieu shaman qui peut entrer dans des transes et prendre possession d’autres corps. Enfin, il est trompeur et subjugue les femmes.

Il souvent représenté comme grisonnant, portant une longue barbe et un chapeau.

Odin est le fils de Bur ou Borr (« l’Engendré, le Fils »), fils de Búri, et de Bestla (« écorce »), géante, fille de Bölthorn (Bolþorn) ou Bölthor.

Il a deux frères, Vili (« volonté ») et (« sanctuaire »).

Avec ses deux frères, Odin crée le cosmos à partir des parties du corps du géant primordial Ymir qu’ils ont tué.

Il appartient à la famille divine des Ases. Les Ases vivent à Ásgardhur (Ásgarðr) ou Asgard.

La plupart des termes traduits dans cet article ont été tirés de Patrick Guelpa, Les 100 légendes la mythologie nordique.

 

Le nom d’Odin


Étymologiquement, le nom d’Odin/Óðinn signifie « chef des possédés ».  Le terme pourrait être apparenté, selon John Lidow, au vieux norrois óƒr, « poésie » et, en même temps, « frénésie ».

Il a en outre un grand nombre de surnoms.

Odin a servi à former le nom Wednesday, « mercredi » en anglais (Wodnesdæg en moyen anglais).

 

La femme et les enfants d’Odin


La femme d’Odin est Frigg, déesse de l’amour et du mariage.

L’un des nombreux surnoms d’Odin est Alfödr (« père de tous »). Il est le père de nombreux dieux de la mythologie nordique. 

Frigg lui donne des jumeaux, Höd et Baldr ou Baldur pour fils. Baldr est le premier dieu à mourir. Il est en effet tué, après l’avoir vu en cauchemar, par Höd, qui lui a tiré une flèche de gui, après que Loki, dieu de la tromperie, l’en a incité.

Le plus cèlèbre enfant d’Odin est Thor, mais il est né des amours du dieu avec la géante Jörd.

Ses fils Váli et Vidar, associés à la vengeance, sont nés de ses rapports avec la géante Grindr (Gríðr). Váli a tué Höd.

Bragi est autre fils d’Odin. Il est après lui le dieu des poètes.

 

La guerre avec les Vanes


Pour une raison mal déterminée, une guerre a opposée les Ases, menés par Odin, à une autre famille de dieux, les Vanes. Personne ne sort vainqueur de cette guerre. Après avoir cessé le combat, les deux familles s’échangent des otages. Les Ases donnent Hoenir et Mímir. Les Vanes cèdent Kvasir.

 

La sagesse d’Odin : le Dieu pendu


Odin est un dieu sage au sens où il dispose d’un savoir que n’ont pas les autres. Il est omniscient.

Le Hávamál ou « Dits du Très-Haut » raconte que le dieu a acquis son savoir, notamment la science des runes, au cours d’un autosacrifice. Blessé par un épieu (Gungir, son arme de prédilection), il est resté en effet pendu neufs nuits à un arbre battu par les vents, Yggdrasill, « coursier du Redoutable », Redoutable étant un surnom d’Odin.

Je crois m’être pendu à cet arbre venteux
neufs jours et nuits entiers,
poignardé par un épieu, offert à Odin,
donné à moi par moi-même,
en haut de cet arbre que nul ne connaît,
qui depuis ses racines monte vers les cieux.

Nul ne m’a soulagé même avec de la nourriture ou de la boisson,
J’ai scruté tout en bas vers les profondeurs ;
en pleurant à haute voix j’ai hissé les Runes
et je suis tombé là ensuite.

Hávamál, 137 – 138, traduction approximative à partir de l’anglais

C’est à cause de cet épisode qu’Odin est parfois surnommé Hangagudh (« dieu des pendus »), Hangatýr (de même sens) ou Hangi (« pendu »).

 

Un dieu borgne


Cette histoire raconte une autre source de l’omniscience d’Odin.

Sous une des trois racines d’Yggdrasill se situe une source, dans le pays des « géants de frimas ». C’est la source de Mímir, géant très sage parce qu’il boit l’eau de la source avec la corne nommée Gjallarhorn.

Odin veut en boire une nouvelle gorgée. Il y est autorisé, mais à condition de mettre en gage l’un de ses yeux. C’est donc un dieu borgne.

 

L’acquisition du don de la poésie par l’hydromel


Selon le Hávamál, Odin aurait bu l’hydromel merveilleux de la poésie, fait à partir du sang de Kvasir, et qui appartient au géant Suttungur (« noir ») ou Suttung, ce qui lui aurait conféré le don de la poésie. 

En effet, il se serait mis au service du frère de Suttungur, Baugi, avec la promesse d’obtenir comme salaire une goutte de cet hydromel. Mais Suttungur refuse finalement d’en faire boire à Odin. Ce dernier se transforme alors en serpent, et se glisse jusqu’à Gunnlödh, la fille de Suttungur. Après avoir couché avec elles trois nuits, elle lui fait boire de l’hydromel de la poésie. 

Après avoir atteint son but, Odin fuit sous la forme d’un aigle, mais Suttungur le prend en chasse. Arrivé à Asgard, il crache de l’hydromel dans les plats des dieux mais Suttungur, en tentant de s’emparer de lui, lui en fait cracher quelques gouttes au sol, qui servir à inspirer les petits poètes humains.

 

La connaissance des chants


Selon le Hávamál (139) Odin aurait appris neufs puissants chants d’un fils de Bölthor, le grand-père maternel d’Odin, donc d’un de ses oncles, qui lui aurait fait boire de l’hydromel merveilleux.

 

La recherche du savoir 


Ce ne sont pas les seules sources du savoir d’Odin. En effet, le dieu consulte souvent la tête Mímir, que lui ont envoyé les Vanes, et qu’il a préservé de la décomposition par la magie.

Dans un des poèmes de l’Edda, la prophétir de la voyante (Völuspá), une voyante lui révèle l’histoire du monde, passé, présent et futur, ainsi que la fin des temps. 

Il mesure en outre son savoir aux autres, notamment au géant Vafthrúdhnir, avec lequel il se livre à une joute verbale, au prix de la tête du perdant. Odin répond à toutes les questions du géant, et le géant répond à toutes celles d’Odin sauf une : le dieu l’interroge sur ce qu’il a dit à l’oreille de son fils Baldr avant qu’il ne soit brûlé, ce à quoi le géant ne parvient pas à répondre. Vafthrúdhnir perd donc la vie.

Odin, sous le pseudonyme de Gestumblindi » (« hôte aveugle »), utilise la même tromperie dans une joute contre le roi Heidhrekur.

 

Le Valhöll (Valhalla)


Odin est un dieu des morts. Il vit au Valhöll ou Valhalla (Walhall en allemand), « hall des occis », le paradis des les guerriers morts au combat. Le Valhöll est situé à Asgard.

Odin y passe ses jours et ses nuits à regarder les einherjars s’entraîner. Les einherjars (« guerriers uniques ») sont des guerriers d’élites sélectionnés parmi les morts, et que lui portent les valkyries. Les valkyries (Walküre en allemand) sont les filles d’Odin, vierges montant des palefrois et qui s’elancent sur les champs de bataille à la recherche des élus de leur père.

Selon Snorri Sturluson, au Valhalla, il trône sur le Hlidskjálf  depuis lequel il peut voir le monde entier.

Odin ne mange pas et ne boit que du vin.

En revanche, il nourrit ses loups Geri et Freki.

 

Les deux corbeaux d’Odin


Odin possède deux corbeaux, Huginn (« pensée ») et Muninn (« souvenir » ou « mémoire ») à qui il a donné la parole et qui lui rapportent des nouvelles du monde entier. Ils personnifient le savoir d’Odin.

Ce lien d’Odin avec les corbeaux l’associe une nouvelle fois à la mort : ces animaux sont des charognards.

 

L’anneau Draupnir


Odin possède l’anneau d’or Draupnir, symbole de sa puissance, d’où dégouttent toutes les neufs nuits huit anneaux semblables. Le chiffre sacré neuf est repris par Tolkien, dans le Seigneur des anneaux (The Lord of the Rings) : Sauron a fait forger neuf anneaux donnés aux hommes.

Odin pose Draupnir sur le bûcher funéraire de Baldur.

 

Sleipnir


Sleipnir (« celui qui glisse ») est le cheval d’Odin. Il a huit pattes et est le meilleur cheval qui soit. Il est né d’une jument qui était une métamorphose de Loki.

Sleipnir est mis au défi par Hrugnir et son cheval Gullfaxi, sans succès.

 

Gungnir


L’épieu Gungnir est l’un des attributs d’Odin. Il le jette au-dessus des combattants avant les batailles, ce qui décide de la victoire.

 

La chasse sauvage


Odin, dieu des morts, serait, dans les pays germaniques et nordiques, le meneur de la chasse sauvage, légende partagée par nombre de régions européennes. À la tête d’une armée d’esprits et des valkyries, ses filles, il chevaucherait des cieux après Noël. À son passage, les éléments se trouveraient en furie.

 

Odin et les enfants de Loki


Après avoir appris que les enfants de Loki et de la géante Angrboda ou Angrboð feraient du mal aux siens, Odin les bannit. Il jette le serpent Jörmungand, fils de Loki, dans la mer. Celui-ci entoure Midhgardhur (Miðgarður) ou Midgard en se mordant la queue. Il jette la déesse Hel dans le Niflheimur, le royaume des brouillards, où vont ceux qui sont morts de vieillesse ou de maladie. Enfin, il fait attacher le loup Fenrir avec un lien magique, Gleipnir.

 

Les Berserkir


Ces guerriers légendaires sont consacrés à Odin. Le berserkur, au pluriel bersekir, « chemises d’ours », ne se coupe pas les cheveux et peut entrer dans une fureur qui le rend presque invulnérable.

 

Roi au-delà Don


Selon la Saga de Ynglinga, Odin est un roi au-delà du Don, fleuve aujourd’hui en Russie. Longtemps absents, ses frères, Vili et Vé, s’emparent de son héritage et de se femme qu’ils épousent en commun, jusqu’à ce que le dieu revienne.

Une autre version raconte qu’Odin s’est exilé après que sa femme Frigg s’est donné à un serviteur. Mythotyn le magicien prend le pouvoir en son absence. Mais, le dieu revient, et Mythotyn s’exil en Fionie où il est tué.

Enfin, une légende raconte qu’après avoir vu que ses enfants s’installeraient au Septentrion, Odin laisse Asgard a ses frères, et s’install sur l’île d’Odinsey (Odense en FIonie) au bord du lac Lôcgrinn (lac Mälar) à Sigtuna (Signhildsborg).

 

Ragnarök et le mort d’Odin


Aux Ragnarök, c’est-à-dire la fin des temps, pendant la bataille, sur le champ de Vígrídhur. Le loup Fenrir, détaché, le dévore. Il est vengé par son fils Vídhar.

Le cosmos renait après le Ragnarök mais Odin en est absent.

 

À lire


Patrick Guelpa, Les 100 légendes la mythologie nordique

Claude Lecouteux, Dictionnaire de mythologie germanique

John Lindow, Norse Mythology