Henrik Steffens sur la prise de la Bastille

Ce texte du philosophe danois Henrik Steffens (1773 – 1845) dit bien l’espoir suscité dans toute l’Europe par un événement aussi puissant et symbolique que la prise de la Bastille. 

 

La prise de la Bastille : l’espoir d’un monde nouveau


Le narrateur est à Copenhague.

J’avais seize ans. Mon père rentre à la maison hors de lui ; il appelle ses fils : « Mes enfants, vous avez de la chance ! s’écrie-t-il ; quels jours heureux et brillants se lèvent pour vous ! Maintenant, si vous ne créez pas chacun une position indépendante, ne vous en prenez qu’à vous-mêmes. Toutes les barrières de la naissance et de la pauvreté vont tomber ; désormais, le dernier d’entre vous va pouvoir lutter contre le plus puissant à armes égales et sur le même terrain !  » Il s’arrêta, vaincu par son émotion, et se mit à sangloter pendant quelque temps. Puis il nous raconta comment la Bastille avait été prise et les victimes du despotisme délivrées. Ce n’était pas seulement en France qu’une révolution commençait, c’était dans toute l’Europe. Elle poussait ses racines dans des millions d’âmes. 

Henrik Steffens, Was ich erlebte, 1840 – 1844

Adrian

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