Azur ! | Poème de Saint-John Perse

Le rêve, Henri Rousseau, 1910 | Wikimedia Commons

Azur ! nos bêtes sont bondées d’un cri !

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Azur ! nos bêtes sont bondées d’un cri !

Je m’éveille, songeant au fruit noir de l’Anibe dans sa cupule verruqueuse et tronquée… Ah bien ! les crabes ont dévoré tout un arbre à fruits mous. Un autre est plein de cicatrices, ses fleurs poussaient, succulentes, au tronc. Et un autre, on ne peut le toucher de la main, comme on prend à témoin, sans qu’il pleuve aussitôt de ces mouches, couleurs !… Les fourmis courent en deux sens. Des femmes rient toutes seules dans les abutilons, ces fleurs jaunes-tachées-de-noir-pourpre-à-la-base que l’on emploie dans la diarrhée des bêtes à cornes… Et le sexe sent bon. La sueur s’ouvre un chemin frais. Un homme seul mettrait son nez dans le pli de son bras. Ces rives gonflent, s’écroulent sous des couches d’insectes aux noces saugrenues. La rame a bourgeonné dans la main du rameur. Un chien vivant au bout d’un croc est le meilleur appât pour le requin…

— Je m’éveille songeant au fruit noir de l’Anibe; à des fleurs enpaquets sous l’aisselle des feuilles.

Éloges, IV, 1911

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

2 réponses

  1. Tibo dit :

    Et tu te mets toujours les fesses à l’air pour citer du saint John perse ?

  2. Jérôme dit :

    Ça aide !

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