🧠 Testez votre QI gratuitement ! Je fais le test
1137 Vues
Enregistrer

Lorsque l’enfant paraît | Poème de Victor HugoLorsque l’enfant paraît | Poème de Victor Hugo

Publié le 25/05/2018
0 commentaire
Membre premium

Découvrez les réductions que La Culture Générale a dénichées pour vous (XTB, LegalPlace, LWS, 02Switch et AD.fr)

Juridique

Créez votre société en ligne

Création société | Comptabilité | Statuts | Domiciliation | Dissolution

-15% sur votre commande
XTB : et si votre argent travaillait pour vous ? Faites-le travailler. Investir sur les marchés financiers comporte un risque élevé de perte en capital.
0% de commission* + 1 action Veolia offerte avec le code promo
Voir l'offre

*0 % de commission dans la limite de 100 000 € investis par mois, 0,2 % au-delà. Des frais de conversion de 0,5 % peuvent s'appliquer.

Hébergement web

LWS.fr | Hébergement web

Profitez de -15 % sur votre panier avec notre code exclusif

-15% sur votre panier
Hébergement web

L'hébergement internet en tout illimité

Dès 7 € HT / mois

-10% avec le code exclusif

Code promo valable uniquement en passant par ce lien.

Automobile

AD.fr | Confiez votre véhicule à de vrais spécialistes de l’automobile et bénéficiez d’un travail soigné.

Demandez votre devis gratuit en ligne !

10€ de remise sur toutes les prestations
Jardin de Monet à Vetheuil, Claude Monet, 1880 | Wikimedia Commons

Lorsque l’enfant paraît | Poème de Victor Hugo


Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille 
Applaudit à grands cris. 
Son doux regard qui brille 
Fait briller tous les yeux, 
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être, 
Se dérident soudain à voir l’enfant paraître, 
Innocent et joyeux.

Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre 
Fasse autour d’un grand feu vacillant dans la chambre 
Les chaises se toucher, 
Quand l’enfant vient, la joie arrive et nous éclaire. 
On rit, on se récrie, on l’appelle, et sa mère 
Tremble à le voir marcher.

Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme, 
De patrie et de Dieu, des poètes, de l’âme 
Qui s’élève en priant ; 
L’enfant paraît, adieu le ciel et la patrie 
Et les poètes saints ! la grave causerie 
S’arrête en souriant.

La nuit, quand l’homme dort, quand l’esprit rêve, à l’heure 
Où l’on entend gémir, comme une voix qui pleure, 
L’onde entre les roseaux, 
Si l’aube tout à coup là-bas luit comme un phare, 
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare 
De cloches et d’oiseaux.

Enfant, vous êtes l’aube et mon âme est la plaine 
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine 
Quand vous la respirez ; 
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures 
S’emplissent pour vous seul de suaves murmures 
Et de rayons dorés !

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies, 
Car vos petites mains, joyeuses et bénies, 
N’ont point mal fait encor ; 
Jamais vos jeunes pas n’ont touché notre fange, 
Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange 
À l’auréole d’or !

Vous êtes parmi nous la colombe de l’arche. 
Vos pieds tendres et purs n’ont point l’âge où l’on marche. 
Vos ailes sont d’azur. 
Sans le comprendre encor vous regardez le monde. 
Double virginité ! corps où rien n’est immonde, 
Âme où rien n’est impur !

Il est si beau, l’enfant, avec son doux sourire, 
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire, 
Ses pleurs vite apaisés, 
Laissant errer sa vue étonnée et ravie, 
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie 
Et sa bouche aux baisers !

Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j’aime, 
Frères, parents, amis, et mes ennemis même 
Dans le mal triomphants, 
De jamais voir, Seigneur ! l’été sans fleurs vermeilles, 
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles, 
La maison sans enfants !

Les feuilles d’automne, 1831