Brise marine | Poème de Stéphane Mallarmé

brise marine stephane mallarme poeme

William Turner, 1844 | Wikimedia Commons

Brise marine | Poème de Stéphane Mallarmé


La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l’ancre pour une exotique nature !

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots …
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !

Vers et Prose, 1893

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

1 réponse

  1. Ninon dit :

    Bonjour, j’ai un commentaire composé à faire sur ce poème mais il faut d’abord que je fasse la lecture linéaire, est ce que quelqu’un pourrait m’aider?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *