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France, mère des arts, des armes et des lois | Poème de Joachim du BellayFrance, mère des arts, des armes et des lois | Poème de Joachim du Bellay

Publié le 25/05/2018
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Allégorie de la justice, Gandolfi | Wikimedia Commons

France, mère des arts, des armes et des lois | Poème de Joachim du Bellay

Voir ici une anthologie des poèmes de la langue française


France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.

Si tu m’as pour enfant avoué quelquefois,
Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
France, France, réponds à ma triste querelle.
Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix.

Entre les loups cruels j’erre parmi la plaine,
Je sens venir l’hiver, de qui la froide haleine
D’une tremblante horreur fait hérisser ma peau.

Las, tes autres agneaux n’ont faute de pâture,
Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure :
Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.

Les Regrets, 1558

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