Cet article vous présente l’origine du nom des mois en français (l’étymologie du nom de chaque mois). Tous les noms de mois sont originaires du latin. Certains viennent de divinités, d’autres de personnages historiques.

L’origine du nom du mois de janvier : du bas latin jenuarius (TLFi) ou januarius (qui se ressent plus dans l’anglais january), qui est la substantivation de l’adjectif januarius, « de janvier », que l’on trouvait notamment dans januarius mensis, le mois de janvier, c’est-à-dire le mois de Janus(Ianus), divinité à deux têtes, le gardien des portes (du ciel, ianitor), mais aussi celui qui présidait aux transitions, aux fins, commencements, aux début d’année, aux entrées, sorties, aux passages. À partir du IIe siècle av. J.-C., les magistrats prenaient leurs fonctions aux calendes de janvier, c’est-à-dire le premier jour du mois de janvier. Des prières étaient adressées à Janus , les ianulla, et des gâteaux d’orge étaient offerts à la statut de la divinité.

Février : du bas latin febrarius, du latin classique februarius, « mois des purifications », de februum, « purificaiton, moyen de purification ». Les Lupercales avaient lieu le 15 de ce mois. C’était la fête de de purification qui marquait la fin de l’année romaine. En effet, celle-ci commençait le 1er mars. Junon était honorée pendant cette fête sous l’un de ses surnoms, Februalis ou Februata.

Mars : du latin martius, « de Mars », employé dans martius mensis, mois du dieu Mars, dieu de la guerre, correspondant au dieu grec Arès. Mars était primitivement le dieu de la jeunesse et du printemps. C’était le premier mois de l’année du calendrier romain, et un mois consacré à la guerre. Aux calendes de mars, les prêtres consacrés au culte de ce dieu, les prêtres saliens, effectuaient une procession dans la ville en chantant un hymne et pratiquaient une danse rituelle (le tripudium) au Comitium (l’espace prévu pour les rassemblements extérieurs) pour éveiller les forces guerrières (cf. Religions et pouvoir dans le monde romain de 218 av. J.-C. à 250 ap. J.-C., Caroline Husquin, Cyrielle Landrea). Ils y frappaient notamment les boucliers sacrés (ancilia), dont l’un aurait été envoyé par Mars pour protéger les Romains selon un récit mythologique. On y purifiait (lustratio) les instruments de guerre, les chevaux pendant la fête des Equirria, les armes à la cérémonie des Quinquatrus et celle des trompettes à la journée des Tubilustrium.

Avril : du latin aprilis, qui viendrait de l’étrusque Apru, divinité qui correspondant à la déesse grecque Aphrodite, Ἀφροδίτη. D’autres hypothèses courent sur l’origine du nom du mois d’avril. Selon une autre hypothèse, moins probable, ce nom viendrait d’aperilis,  « le suivant », parce qu’avril était le second mois de l’année romaine. L’étymologie liant avril à aperire, « ouvrir, découvrir », est considérée comme fictive par le Dictionnaire historique de la langue française.

Mai : du latin Maius, une divinité, l’une des Pléiades, fille d’Atlas. Elle a été empruntée aux Grecs, qui la nommaient Maias, Μαιάς, ce qui signifie « mère ». Cette déesse est la mère d’Hermès (Mercure chez les Romains), conçu avec Zeus (Jupiter). Chez les Romains, elle est liée à Vulcain. Le flamen volcanalis (un prêtre) sacrifiait à Maia aux calendes de mai (premier mai). La racine du terme Maia, mag, renvoie aux notions de croissance et d’augmentation (de la nature, en mai). Maius était aussi célébrée aux Mercuralia, le 15 mai, avec Mercure.

Juin : du latin Iunius. L’hypothèse la plus courante fait dériver ce terme Iuno, Junon, déesse protectrice des femmes, des mères et des bébés. Une autre hypothèse fait dériver ce nom de iuniores « les plus jeunes », et une dernière de Lucius Junius Brutus (Dictionnaire historique la langue française), consul fondateur de la République romaine.

Juillet : du latin Iulius, de Iulius Caesar. L’origine du nom du mois de juillet vient en effet d’un honneur fait à Jules César (100 – 44). Après l’assassinat de ce dernier en 44 av. J.-C., l’un de ses lieutenants, Marc Antoine, fait passer une loi pour renommer le mois de naissance du dictateur, quintilis (de quintus, « cinquième », l’année commençant en mars), en iulius. César avait été le réformateur du calendrier romain. L’ancien français juignet est devenu juillet.

Août : du latin Augustus, Auguste (63 av. J.-C. – 19 ap. J.-C.), surnom d’Octave, fils adoptif de César et premier empereur romain. Auguste, grand pontife à partir de 12 av. J.-C., établit définitivement l’année bisexstile tous les quatre ans (les pontifes semblaient avoir ajouté depuis la réforme de César un jour intercalaire tous les trois ans et non tous les quatre selon Caroline Husquin et Cyrielle Landrea) pour régler l’année civile sur l’année tropique. Vers 8 av. J.-C., le Sénat change le nom de sextilis (le sixième mois de l’année, de sextus, « le sixième ») en augustus, parce qu’Auguste était le successeur de César (et son mois vient donc après celui de César), et parce que ce mois avait été politiquement propice à l’empereur (selon Suétone, Auguste, 31). Août vient plus précisément en français du bas latin agustus, devenu aoust et oust en ancien français (Dictionnaire historique de la langue française).

Septembre : du latin september (mensis), dérivé de septem, « sept », parce que septembre était le septième mois de l’année (qui commençait en mars). En latin vulgaire : octember (TLFi).

Octobre : du latin october (mensis), dérivé de octo, « huit ». Huitième mois de l’année.

Novembre : du latin november (mensis), dérivé de novem, « neuf ». Neuvième mois de l’année.

Décembre : du latin december (mensis), dérivé de decem, « dix ». Dixième mois de l’année.