Qu’est-ce qu’un psittacisme ?

Psittacisme : définition simple et exemples


Le psittacisme est à la fois un terme de psychologie et de psychiatrie qui désigne un trouble du langage qui consiste à ce qu’une personne répète automatiquement les paroles d’autrui (et s’assimile par là à l’écholalie), et, plus généralement, le fait qu’une personne répète machinalement, sans réfléchir, les paroles d’autrui, ou la disposition d’esprit à agir ainsi. 

Le mot « psittacisme » est en effet une création savante faite à partir du latin psittacus, « perroquet », lui-même tiré du grec psittakos. Le terme semble être une création du philosophe Leibniz (1646 – 1716), qui l’emploie dans les Nouveaux Essais sur l’entendement humain (1704) :

Mais, quand nous ne les envisageons point, nos pensées et nos raisonnements, contraires au sentiment, sont une espèce de psittacisme, qui ne fournit rien pour le présent à l’esprit.

On peut y ranger par exemple les « éléments de langage », phrases conçues par des conseillers en communication en politique pour être répétées sans retenue par les personnalités politiques d’un même camp. 

Exemples de psittacismes : 

MONSIEUR SMITH : Kakatoès, kakatoès, kakatoès, kakatoès, kakatoès, kakatoès, kakatoès, kakatoès, kakatoès, kakatoès.
MADAME SMITH : Quelle cacade, quelle cacade, quelle cacade, quelle cacade, quelle cacade, quelle cacade, quelle cacade, quelle cacade, quelle cacade.
MONSIEUR MARTIN : Quelle cascade de cacades, quelle cascade de cacades, quelle cascade de cacades, quelle cascade de cacades, quelle cascade de cacades, quelle cascade de cacades, quelle cascade de cacades, quelle cascade de cacades.

Ionesco, La Cantatrice chauve, Scène XI

 

Scène 1
Karadoc : Moi je trouve que vous êtes trop souvent la victime des quolibets.

Perceval : Des ?
Karadoc : Des quolibets. Il y a trop de gens à Kaamelott qui oublient que vous êtes un vrai chevalier.
Perceval : Ça, c’est sûr.
Karadoc : Je crois que vous devriez aller voir le roi et lui dire qu’il faudrait qu’on commence à vous considérer en tant que tel.
Perceval : Ah bon ?

Scène 2
Perceval : Vous savez sire, j’aimerais bien qu’on commence à me considérer en tant que tel.
Arthur : Comment ?
Perceval : Comment comment ?
Arthur : Vous considérez en tant que…j’ai pas compris.
Perceval : Bah ! Me considérer en tant que tel.
Arthur : En tant que tel quoi ? 
Perceval : Parce que je trouve que je suis souvent victime des colifichets quand même. C’est pas normal.
Arthur : Victime des ? Putain la vache, je ne comprends pas un mot de ce que vous racontez.

Kaamelott, Livre I, Tel un chevalier

 

À lire

Bernard Dupriez, Gradus

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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