La métonymie est une figure de style par laquelle on remplace un mot, par exemple « l’épée », par un autre mot avec lequel il a un lien logique, comme « le fer ». Ainsi, on peut dire : ces guerriers ont croisé le fer ! On désigne donc quelque chose :

  1. par un autre élément ;
  2. du même ensemble ;
  3. qui a une relation logique avec cette chose.

Exemple :

J’ai dégusté hier soir un onctueux bordeaux  !

On comprend dans cet exemple que l’on n’a pas bu la ville de Bordeaux, mais un vin issu de la région de Bordeaux. Il y a un lien logique entre ces deux éléments : on parle du lieu à la place de la chose. La métonymie sert ici de raccourci pour la pensée. Il serait fastidieux, voire peu naturel, de dire à la place : « J’ai dégusté hier soir un onctueux vin de bordeaux ! ».

Lorsque l’on utilise un nom propre pour le substituer à un nom commun, on parle alors d’antonomase (un « tartuffe » pour un hypocrite, un « roquefort » pour un fromage de Roquefort, etc.).

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La Trahison des images, René Magritte (1898 – 1967), 1929. Ce n’est pas une pipe, mais la représentation d’une pipe.

Autre exemple :

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Le deuxième vers de cet extrait de Demain dès l’aube de Victor Hugo comporte une métonymie : « les voiles » que le poète évoque désignent des bateaux. Lorsque une partie d’un élément sert à désigner le tout (ou le tout pour désigner une partie), on parle alors de synecdoque.

Voir ici : les figures de style essentielles de la langue française.

 

La différence entre métonymie et métaphore

Les deux vers de Victor Hugo cités ci-dessus comportent aussi une métaphore : « l’or du soir », qui renvoie ici au soleil couchant. On peut alors se demander quelle est la différence entre une métaphore et une métonymie. Ce sont en effet deux figures de substitutionon substitue un terme par un autre, le soleil couchant par l’or du soir, et les bateaux par les voiles.

Le procédé n’est cependant pas le même. La métonymie est fondée sur un lien logique entre deux choses : parler d’un toit à la place d’une maison est logique, les maisons ayant a priori toutes des toits, tout comme parler du trône pour le pouvoir royal (le roi s’assoit logiquement sur un trône, ou le trône est un symbole du pouvoir royal).

La métaphore est en revanche fondée sur un lien analogique : on établit un rapport entre deux choses que l’on estime similaires, qui ont un point en commun, mais qui ne sont pas liées logiquement ou physiquement. Par exemple, parler, comme le fait Baudelaire, de sa jeunesse comme un ténébreux orage demande un effort d’interprétation. De prime abord, quel rapport entre la jeunesse et un ténébreux orage ?

Bref, dans une métonymie, le lien entre les deux éléments existe a priori, alors que dans la métaphore, le lien entre les deux choses est créé par cette même métaphore.

 

Les types de métonymies

Les métonymies sont très courantes dans la langue de tous les jours et sont comme endormies. On les emploie sans s’en rendre compte.

 

Remplacer la cause par l’effet

  • Refroidir quelqu’un à la place de tuer quelqu’un : l’effet (le refroidissement du corps) est substitué à la cause (tuer).

Remplacer l’effet par la cause

  • Elle lisait un Maupassant à la place de elle lisait un livre écrit par Maupassant : la cause (Maupassant) est substituée à l’effet (le livre écrit).
  • Vivre de sa plume
  • Avez-vous du feu ? 

Remplacer le contenu par le contenant

  • Boire une verre : c’est bien sûr le liquide contenu dans le verre que l’on boit, et pas le verre.
  • La salle a applaudi.

Remplacer la chose par le lieu

  • Le Quai d’Orsay, l’ÉlyséeMatignon, la place Beauvau pour désigner le ministère des Affaires étrangères, la présidence de la République, le Premier ministre, le ministère de l’Intérieur.
  • Un roquefort, un cantal
  • Un havane pour les cigares cubains.

Remplacer la chose par le signe

  • Hériter du trône. 
  • La couronne pour parler du monarque et son gouvernement.
  • Un cordon bleu pour parler d’un excellent cuisinier.
  • La robe pour désigner la magistrature, l’épée pour désigner les militaires.
  • Le sabre et le goupillon : métonymie moqueuse pour désigner l’alliance de l’armée et de l’Église.
  • Les lauriers pour parler de la victoire (autrefois symbolisée par la couronne de lauriers). 
  • Une ceinture noire pour désigner un judoka qui a le niveau suffisant pour porter une ceinture noire.

Substituer l’instrument à celui qui l’emploie

  • Le premier violon de l’orchestre.
  • C’est une bonne fourchette, à propos de quelqu’un qui aime bien manger.

Remplacer l’objet par la matière qui le constitue

  • Un jean.
  • L’or pour la monnaie.
  • Un bronze de Rodin.
  • J’ai écrit un papier dans le journal de ce matin.

 

Les synecdoques

Une partie pour le tout

  • Un deux-roues.
  • De nouveaux visages.
  • Un troupeau de 100 têtes.

Le tout pour une partie

  • Marseille a battu Lille (pour parler des équipes de football).

Remplacer l’objet par l’effet

  • Elle a reçu sa nomination ce matin : nomination désigne le document qui officialise sa nomination.
  • Il remettra sa démission demain.

 

Les Antonomases

  • Un apollon pour désigner un bel homme.
  • Une muse

Voir ici : plus d’informations sur les antonomases

 

Étymologie de métonymie

Métonymie, du grec métônumia (μετωνυμια), « changement du nom ».

 

Exemples de métonymies

  • Ah ! quelle cruauté qui tout en jour tue
    Le père par le fer, la fille par la vue ! (Corneille, Le Cid, III, 4, Chimène)

 

  • Cette obscure clarté qui tombe des étoiles
    Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles ; (Ibid,IV, 3, Rodrigue)

 

  • Paris a froid Paris a faim
    Paris ne mange plus de marrons dans la rue
    Paris a mis de vieux vêtements de vieille
    Paris dort tout debout sans air dans le métro (Paul Éluard, Au rendez-vous allemand, Courage)

Paris désigne bien sûr la population de Paris.

  • Le phallus en ce siècle devient doctrinaire. (Michaux, Face aux verrous)

Le phallus renvoie à l’instinct sexuel (qui dominerait le siècle). 

 

Dans la publicité

Certaines entreprises ont réussi, par métonymie, à substituer leur propre nom à l’objet qu’elles vendent : kleenex, sopalin, kärcher, scotch, etc.

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Source : http://jetudielacom.com/

La cause est remplacée par l’effet : le chien enfoncé dans le siège arrière du fait de la vitesse de la voiture.

Idem : Van Gogh a les yeux grands ouverts du fait de l’effet de la caféine. 

Le sport est symbolisé par son effet : la fatigue.