La guerre de Corée (1950 – 1953)

Massacre guerre de Corée Picasso - La culture générale

Le massacre en Corée, Pablo Picasso, 1951 / Wikimédia Commons

Dates : 1950 – 1953

La guerre de Corée est un événement majeur de la guerre froide. Le conflit avive considérablement les tensions entre les deux superpuissances rivales, les États-Unis et l’URSS.

 


 1. Le contexte de la guerre de Corée 

Mao chine guerre de corée

Mao Zedong | Wikimédia Commons

La poussée communiste en Asie

Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame la République populaire de Chine, c’est-à-dire l’avènement de la Chine communiste. Les forces de son rival nationaliste Tchang Kaï-Tchek se réfugient sur l’île de Formose, la future Taïwan.

Suite à cette victoire, la crainte de voir l’Asie entière devenir communiste se renforce.

Le désintérêt apparent des Américains

Dean acheson guerre de corée

Dean Acheson | Wikimédia Commons

La réaction américaine à la victoire des communistes en Chine a été faible. Ils semblent se désintéresser de la région. Seule exception : ils sont installés au Japon depuis leur victoire sur le pays en 1945.

Dean Acheson, secrétaire d’État (équivalent du ministre des affaires étrangères américain) du Président Truman (1945 – 1953), déclare par ailleurs le 12 janvier 1950 que la Corée du Sud et Formose se situent en dehors du « périmètre défensif des États-Unis dans le Pacifique ».

Staline pense tout le contraire. Mis en échec en Europe par la politique du « containment », il trouve alors en Asie un nouveau théâtre d’opérations pour faire progresser son influence.

 


 2. La Corée, un peuple, deux pays 

 

guerre de corée conférence de Yalta

La conférence de Yalta l Wikimédia Commons

La Corée était une colonie du Japon depuis le début du XXème siècle. Elle est libérée du colonisateur japonais par l’URSS au nord et les États-Unis au sud en 1945. Les deux puissances décident au cours de la conférence de Yalta (février 1945) de diviser le pays en deux zones d’occupation, le long du 38ème parallèle.

En 1948, les deux zones d’occupations deviennent deux États indépendants.

  • Au sud, le dictateur Syngman Rhee dirige la République de Corée avec le soutien des États-Unis.
  • Au nord, le général Kim Il Sung dirige la République populaire de Corée avec le soutien de l’URSS.

Rétablir l’unité de la Corée serait une double victoire pour Staline 

  • Il menacerait la présence américaine au Japon.
  • Il contiendrait l’influence de la Chine révolutionnaire. En théorie, l’URSS et la Chine communiste sont deux pays amis. Mais Staline se méfie de cette petite soeur.

Le début de la guerre de Corée

Le 25 juin 1950, la Corée du Nord attaque le sud : c’est le début de la guerre de Corée. Bien équipée par l’URSS, les troupes nord-coréennes acculent rapidement les forces du sud autour d’un petit périmètre autour de la ville de Busan, sur la pointe sud-est du pays.

 


 3. Une vive réaction militaire américaine 

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Harry Truman, 33ème Président des États-Unis | Wikimédia Commons

Les Américains avec à leur tête de le Président Truman décident alors de porter en Asie leur politique d’ « endiguement« .

Le jour même de l’invasion, le Président Truman saisit l’ONU. Le Conseil de sécurité des Nations Unies, boycotté par le délégué soviétique, condamne sévèrement l’agression nord-coréenne. Les Américains, à la tête d’un puissant corps expéditionnaire sous pavillon de l’ONU, débarquent en septembre 1950 à l’ouest de la Corée, près d’Inchon.

En un mois, les troupes nord-coréennes sont refoulées par la coalition internationale jusqu’au fleuve Yalou, qui marque la frontière avec la Chine.

 


 4. L’intervention chinoise dans la guerre de Corée 

Guerre de Corée carte - La culture générale

En rouge, le camp communiste. En vert, le camp occidental / Wikimédia Commons

En novembre 1950, les Chinois entrent en jeu, contrevenant par-là à la volonté de l’URSS de limiter le rôle de la Chine dans la péninsule coréenne. Ils interviennent avec plusieurs milliers de « volontaires » et repoussent les troupes de l’ONU.

La guerre de Corée aurait pu alors se transformer en guerre nucléaire

Le commandant en chef américain, le général MacArthur, envisage alors l’emploi de l’arme atomique contre la Chine. Il illustre par-là la vivacité des tensions créées par l’affrontement entre les deux « blocs ».

La prise de position du général MacArthur suscite une vague mondiale de terreur. Le Président Truman le relève de son commandement, craignant le déclenchement d’une Troisième Guerre mondiale.

Ce n’est qu’en juillet 1951 que les forces de l’ONU parviennent à ramener le front sur le 38ème parallèle. Le front se stabilise ensuite.

 


 5. Pas de vainqueur à l’issue de la guerre de Corée 

Pam Mun Jom guerre de corée

Le lieu des négociations de Pam Mun Jom | Wikimédia Commons

La signature de l’armistice de Pam Mun Jom

Des pourparlers sont alors engagés. Ils n’aboutissent qu’après la mort de Staline.

Le 27 juillet 1953, l’ONU, la Chine et la Corée du Nord signent l’armistice de Pam Mun Jom (ou Panmunjeom) qui met fin au conflit.

Nul vainqueur de la guerre de Corée

C’est un retour statu quo ante bellum. Il n’y a aucun vainqueur.

La Corée du Sud n’ayant pas signé l’armistice, elle est techniquement toujours en guerre avec sa voisine du nord.

 


 6. Les conséquences de la guerre de Corée 

La culture générale - guerre de corée

La guerre a ravagé la péninsule. On compte près de 800 000 morts parmi les militaires coréens nordistes et sudistes. Il y a eu près de 2 millions de victimes civiles.

La guerre de Corée a provoqué un raidissement des deux blocs

Le conflit a provoqué une psychose anticommuniste aux États-Unis

Maccarthysme guerre de corée

Comic book de propagande anticommuniste | Wikimédia Commons

Le sénateur Taft publie en 1952 : l’Amérique en dangerSous l’influence du sénateur MacCarthy, une « chasse au sorcière » est lancée. Suite à l’élection de Dwight Eisenhower comme président en 1952, le secrétaire d’État John Foster Dulles mène une politique étrangère manichéenne, et les « faucons » plaident pour une stratégie de roll-back (refoulement) de tous les territoires occupés par les Soviétiques depuis 1945.

Les Américains signent en outre des traités d’alliance avec tous les pays qui estiment être menacés par l’avancée du communisme :

  • Le pacte du Pacifique (ANZUS) en septembre 1951 avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
  • L’Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est (OTASE) en 1954 qui regroupe le Pakistan, les Philippines, la Thaïlande, le Royaume-Uni et la France en plus des pays de l’ANZUS.
  • Le Pacte de Badgad en 1955, avec le Royaume-Uni, la Turquie, l’Iran, le Pakistan et l’Irak.

Conséquence de ces alliances, le bloc communiste est encerclé au sud.

En Europe, les Américains soutiennent le projet de Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) de Robert Schuman. Surtout, ils plaident en faveur du réarmement allemand, auquel la France est très hostile. En guise de recours, les Français acceptent le projet de constitution d’une armée européenne commune, la Communauté européenne de la défense (CED), lancé par le traité de Paris du 27 mai 1952. Ce projet ne verra cependant pas le jour.

Le camp socialiste se raidit aussi

L’URSS fait exploser sa première bombe atomique en 1949 et sa première bombe H en 1953. Staline, vieillissant, se sentant encerclé par le bloc adverse, pousse les communistes des pays occidentaux à multiplier les manifestations et durcit sa politique interne.

Un « dégel » des relations ne se manifeste qu’après la mort de Staline, le 5 mars 1953.

Source : Pierre Milza, Serge Berstein, Histoire du XXème siècle, Tome 2

 

Adrian

Étudiant et passionné par les sciences humaines. N'hésitez pas à me contacter :)

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1 réponse

  1. Anonyme dit :

    Aucun mot sur le corps expéditionnaire français ?

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