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« Qu’il y a-t-il », « qu’y a-t-il » ou « qui y a-t-il » ? Orthographe
qui ya t'il

Publié le 15/05/2026
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⏳ Temps de lecture : 6 minutes

Vous cherchez à comprendre comment écrire correctement une question qui commence par « qui » ou « que » suivie de « y a-t-il ». La réponse est plus simple qu’il n’y paraît, mais elle demande d’observer les rouages de la syntaxe française. Une seule forme interrogative directe est recevable selon la norme actuelle, et ce n’est jamais « qui y a t’il ».

Ce qu’il faut retenir

  • Le t euphonique ne s’apostrophe jamais dans une inversion.

  • Écrivez toujours qui y a-t-il avec deux traits d’union.

  • La graphie qui y a t’il est une cacographie absente des dictionnaires.

  • L’apostrophe parasite vient d’une confusion avec le pronom te.

  • En cas de doute, préférez qu’y a-t-il ou une reformulation directe.

Les graphies en présence : un inventaire des formes

« Qu’y a-t-il » : la forme interrogative standard

Cette locution est la transcription fidèle de l’inversion de « il y a » dans une question portant sur une chose ou une situation. On y trouve le pronom interrogatif « que » élidé devant la voyelle « y », suivi du sujet inversé « il », lui-même séparé du verbe par un « t » euphonique encadré de deux traits d’union. Ce « t » ne remplace rien ; il n’est que le vestige sonore qui permet d’éviter le hiatus entre « a » et « il ». L’orthographe correcte est donc qu’y a-t-il, toujours avec apostrophe après le « qu’ », jamais après le « t ».

« Qui y a-t-il » : l’interrogation portant sur une personne

Quand l’interrogation vise un être animé, le pronom « qui » remplace « que ». La construction reste rigoureusement la même : le « t » euphonique ne porte jamais d’apostrophe. On écrit « Qui y a-t-il à la porte ? ». L’apostrophe derrière le « t » (« qui y a t’il ») est une surdéformation graphique qui n’a aucune justification grammaticale.

« Qu’il y a » : la conjonction et le relatif

Cette séquence n’est pas une forme interrogative. Elle apparaît après un verbe ou une locution qui introduit une subordonnée : « Je sais qu’il y a une solution ». Ici, « qu’ » est la conjonction « que » élidée, et « il y a » est la forme affirmative. Aucun trait d’union, aucun « t » intercalaire. Confondre « qu’il y a » avec « qu’y a-t-il » revient à mélanger une déclaration et une question.

Le piège « qui y a t’il » : une cacographie tenace

La graphie qui y a t’il est une erreur. Elle cumule deux fautes : l’apostrophe parasite après le « t » et l’absence de trait d’union autour de ce même « t ». Cette forme n’existe dans aucun dictionnaire de référence ni dans aucune grammaire normative. Elle résulte d’une confusion entre le « t » euphonique de l’inversion et le « t » issu de l’élision de « te » dans des tournures familières comme « t’as vu ? ».

Analyse grammaticale : d’où vient le « t » euphonique ?

En français, lorsqu’un verbe se termine par une voyelle et que le pronom sujet inversé commence aussi par une voyelle, la langue intercale un « -t- » pour faciliter la prononciation. Ce phénomène, nommé t euphonique, s’observe dans de nombreuses inversions : « a-t-il », « va-t-elle », « y a-t-il ». Ce « t » est purement phonétique ; il ne remplace aucun mot. L’écrire suivi d’une apostrophe, comme dans « a-t’il » ou « qui y a t’il », revient à lui attribuer une fonction de pronom élidé qu’il n’a pas. L’inversion sujet-verbe suit des règles strictes que la tradition orthographique a figées.

Pourquoi l’apostrophe après le « t » est fautive

L’apostrophe en français marque l’élision d’une voyelle devant une autre voyelle (le, la, je, ce, que…). Le « t » euphonique n’appartient à aucun mot susceptible de s’élider. Placer une apostrophe derrière ce « t » laisse entendre que l’on a affaire à « te » élidé, comme dans « je t’aime ». Or, dans « y a-t-il », le « t » ne provient pas de « te ». Il est un son de liaison grammaticalisé. La graphie correcte est donc invariablement « y a-t-il » et « qui y a-t-il », sans aucune apostrophe sur le « t ».

Usages et exemples concrets

Formes correctes illustrées

Voici quelques phrases où l’inversion interrogative est parfaitement maîtrisée. Les blocs verts signalent une orthographe conforme aux règles académiques.

✅ Qu’y a-t-il dans cette enveloppe ? (forme correcte)
✅ Qui y a-t-il derrière ce rideau ? (forme correcte)
✅ Sais-tu ce qu’y a-t-il sur la table ? (forme correcte)

Formes incorrectes à bannir

Les formulations suivantes reviennent souvent sous les claviers. Les blocs rouges vous alertent sur ce qu’il ne faut pas reproduire.

⛔ Qui y a t’il pour m’aider ? (forme incorrecte)
⛔ Qu’y a t’il de prévu ce soir ? (forme incorrecte)
⛔ Je me demande qu’y a t’il dans le colis. (forme incorrecte)

L’erreur porte systématiquement sur le « t’il » au lieu de « t-il ». Corrigez-la en supprimant l’apostrophe parasite et en ajoutant les deux traits d’union. Pour une vérification rapide, utilisez un correcteur d’orthographe ; il repère instantanément ce type de faute.

Alternatives et synonymes pour varier l’expression

Dans bien des contextes, vous pouvez éviter la construction « qui y a-t-il » en adoptant des tournures plus fluides. La langue française regorge de reformulations. Voici quelques pistes pour échapper à l’hésitation orthographique :

  1. Employer « Qu’est-ce qu’il y a ? » ou « Qu’est-ce qu’il y a-t-il ? » (acceptable à l’oral, mais redondant).
  2. Utiliser « Y a-t-il quelqu’un ? » pour « Qui y a-t-il ? ».
  3. Recourir à l’inversion simple avec un autre verbe : « Qui se trouve là ? », « Qu’arrive-t-il ? ».
  4. Formuler une question indirecte : « Pouvez-vous me dire ce qu’il y a ? ».
  5. Changer de structure : « Il y a quoi ? » (registre familier), « Que se passe-t-il ? » (registre soutenu).

En maîtrisant ces alternatives, vous gagnez en aisance et vous écartez définitivement le risque d’écrire « qui y a t’il ».

Tableau comparatif des graphies

Le tableau ci-dessous oppose les formes correctes aux formes fautives. Observez la présence ou l’absence du trait d’union et de l’apostrophe.

Graphie Statut Contexte
Qu’y a-t-il ✅ Correcte Question sur une chose
Qui y a-t-il ✅ Correcte Question sur une personne
Qu’il y a ✅ Correcte (conjonction) Subordonnée affirmative
Qui y a t’il ⛔ Incorrecte N’existe pas
Qu’y a t’il ⛔ Incorrecte N’existe pas

Les deux dernières lignes du tableau montrent l’erreur récurrente : le « t » euphonique est suivi d’une apostrophe et privé de ses traits d’union. Gardez en tête que le mécanisme de l’inversion exige un « -t- » strictement encadré de tirets, jamais altéré par une élision.

FAQ – Les questions les plus fréquentes

Pourquoi écrit-on « a-t-il » et pas « a t’il » ?

Parce que le « t » n’est pas le pronom « te » élidé. Il s’agit d’un t euphonique purement phonétique. L’usage du trait d’union et l’absence d’apostrophe sont codifiés depuis le XVIIe siècle.

« Qu’y a-t-il » et « qu’est-ce qu’il y a » sont-ils interchangeables ?

Ils sont proches par le sens, mais pas par le registre. « Qu’y a-t-il » appartient au registre soutenu, tandis que « qu’est-ce qu’il y a » relève du langage courant. Les deux sont corrects, mais l’inversion simple est souvent préférée à l’écrit formel.

Peut-on écrire « qui y a-t-il » en un seul mot ?

Non. Les éléments restent détachés : « Qui » (pronom interrogatif), « y » (pronom adverbial), « a » (verbe), « -t- » (euphonique), « il » (sujet). L’agglutination n’est pas permise.

D’où vient l’erreur « qui y a t’il » ?

Elle provient d’une analogie fautive avec des formes comme « t’as » ou « t’es », où le « t’ » représente bien le pronom élidé « te ». L’utilisateur, sentant un son identique, plaque ce modèle sur l’inversion alors que le mécanisme grammatical est radicalement différent.

Traductions

Les formes interrogatives correctes se traduisent différemment selon les langues. Le tableau ci-dessous vous offre des équivalents en anglais, espagnol, allemand et italien.

Forme française Anglais Espagnol Allemand Italien
Qu’y a-t-il ? What is there? / What’s the matter? ¿Qué hay? / ¿Qué pasa? Was gibt es? / Was ist los? Che c’è? / Cosa c’è?
Qui y a-t-il ? Who is there? ¿Quién hay? Wer ist da? Chi c’è?
Qu’il y a (conj.) That there is Que hay Dass es gibt Che c’è

La forme fautive « qui y a t’il » n’a aucune traduction puisqu’elle n’appartient pas au français normé.

Étymologie et origine des tournures

Les trois piliers de cette famille sont issus du verbe impersonnel « y avoir », lui-même formé du pronom adverbial « y » (du latin ibi, « là ») et du verbe « avoir » (du latin habere). L’inversion « y a-t-il » se fige dès le moyen français, sous l’influence de l’obligation d’exprimer l’interrogation par inversion du sujet. Le « t » euphonique, d’abord instable, se généralise au XVIIe siècle sous la plume des grammairiens. « Qu’y a-t-il » est alors la contraction de « que y a-t-il », la voyelle de « que » s’élidant naturellement devant le « y ». La variante « qui y a-t-il » applique le même moule à une interrogation animée. L’erreur avec apostrophe est un phénomène récent, amplifié par la saisie rapide et l’absence de relecture.

Conclusion

Vous savez désormais que seules « qu’y a-t-il » et « qui y a-t-il » sont correctes. La graphie « qui y a t’il » n’est qu’un mirage orthographique. Retenez que le « t » euphonique se signale toujours par des traits d’union et ne porte jamais l’apostrophe. En cas de doute, reformulez ou confiez-vous à un correcteur. Vous éliminerez ainsi une des fautes les plus répandues du français écrit.