Cinquième colonne : signification et origine de l’expression

La cinquième colonne signifie l’ennemi intérieur, les partisans de l’ennemi qui agissent derrière les lignes alliées, les espions, les traîtres, les démoralisateurs.

 

L’origine de l’expression « cinquième colonne »


La naissance de cette expression remonte à la guerre civile espagnole, qui a opposé, de juillet 1936 à avril 1939, le pouvoir républicain légal à une rébellion de militaires nationalistes.

Le créateur de cette notion serait, dans des circonstances indéterminées, le général Emilio Mola (1887 – 1937), l’un des principaux instigateurs de la rébellion nationaliste. Sous son commandement, quatre « colonnes » (de soldats) se dirigeaient vers Madrid, sous contrôle républicain, pour l’assiéger. La « cinquième colonne », informelle, qu’il aurait conceptualisé, désignait les partisans des nationalistes, cachés dans Madrid, derrière les lignes républicaines.

Cependant, selon Carlos Píriz González, auteur d’une thèse sur le sujet, la notion de « cinquième colonne » apparaît pour la première fois dans un article de Dolores Ibárurri (1895 – 1989), surnommée La Pasionaria, publié dans le numéro du 3 octobre 1936 de Mundo Obrero, l’organe officiel du parti communiste espagnol. Elle aurait repris la notion du général Mola pour dénoncer les fascistes embusqués (les partisans des nationalistes), les espions, les diffuseurs de fausses nouvelles et provocateurs restés à l’arrière des lignes républicaines, en d’autres termes, les ennemis intérieurs.

La peur des « ennemis intérieurs » a animé les deux camps, si bien qu’ils organisèrent des opérations d’épuration meurtrières. Selon l’historien François Godicheau, l’épuration antifransciste (contre les nationalistes rebelles) a fait 50 000 victimes, et celles des franquistes fait 130 à 150 000 victimes.

Voir ici : quelle est l’origine de l’expression « en voiture, Simone ! » ?

Quoi qu’il en soit, l’expression se diffuse en France (et dans le monde), et est reprise dès le 7 octobre par la presse. L’Homme libre écrit ainsi :

D’autres part, on dit qu’il ne s’agissait pas d’une attaque, mais d’un soulèvement d’éléments fascistes, vitre réprimé d’ailleurs, disséminés aux environs de Carabanchel, éléments faisant sans doute partie de cette « cinquième colonne » dont ont parlé les généraux rebelles.

La bataille pour Madrid

C’est aujourd’hui une expression usuelle, bien que violente :

Contrairement aux accusations de Riyad, qui la dépeint souvent comme une cinquième colonne iranienne, la communauté chiite saoudienne est très peu liée à Téhéran.

Lemonde.fr

 

Dans l’art

L’expression a été reprise comme titre par Ernest Hemingway (1899 – 1961) pour l’une de ses nouvelles se déroulant pendant la guerre d’Espagne (The Fifth Column, 1938), et traduit le titre originel du film Saboteur (1942) d’Alfred Hitchcock (1899 – 1980).

 

À lire

Carlos Píriz González, En campo enemigo: la Quinta Columna en la Guerra Civil española (c. 1936-1941)

Eduardo Higueras Castañeda, Ángel Luis López Villaverde, Sergio Nieves Chaves, El pasado que no pasa. La Guerra Civil Española …

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *