Saint-frusquin : définition & origine [expression]

Le saint-frusquin signifie : tout ce qu’on possède, tous ses biens.

 

Exemples


C’était trop commode, on ne pouvait pas s’empêcher d’aller chercher là de la monnaie, lorsqu’on attendait après un pain de quatre livres. Tout le saint-frusquin y passait, le linge, les habits, jusqu’aux outils et aux meubles.

Zola, L’Assommoir

 

— Je parie que mon saint-frusquin va y passer jusqu’au dernier sou ! s’écria-t-elle. Les mains me démangent de jeter l’argent par les fenêtres, et si la dépense servait à quelque chose, crois-tu que je regretterais mes écus ?

Féval, Maman Léo

 

À lire ici : une liste d’expressions françaises expliquées

 

Saint-frusquin : origine de l’expression


Comme la sainte nitouche (à lire ici) ou la Saint-Glinglin (à lire ici), Saint-Frusquin est un saint imaginaire.

Frusquin est un ancien mot d’argot, d’origine inconnue, qui désignait les vêtements ou une pièce de monnaie. On le relève dès le XVII :

Premierement on luy oste toutime son frusquin [habit] …

Le Jargon ou Langage de l’argot, 1658

 

On le trouve aussi dans un passage, peu éclairant, du Virgile Travesti (1648) de Scarron. Au XVIIIe, des dictionnaires le définissent comme le bien, le patrimoine :

Il a mangé tout son frusquin à la débauche. On dit, dans un même sens, il a mangé tout son Saint Crépin.

Édition de 1727 du Dictionnaire universel de Furetière

En effet, sous l’influence de « saint-crépin » (l’ensemble des outils du cordonnier selon le Dictionnaire historique de la langue française, puis tout le bien, le patrimoine) a été adjoint un « saint » au frusquin. « Mon saint-frusquin » désigne ainsi toutes les affaires à soi :

Mamselle Javotte, & sa mere, furent un bout de tems sur mes crochets, que mon saint frusquin s’en allait petit à petit.

Comte de Caylus, Histoire de Guilleaume, 1750

 

Or quand d’un œil plein de tristesse,
On a déclaré sa detresse,
Jurant qu’on est tout à la fin,
Du reste de son Saint Crépin ;

La Semaine burlesque d’Amsterdam, 1666

 

Au XIXe, frusquin a donné au « frusques »,  les vêtements, notamment ceux en mauvais état.

Lacaille, lui rendant le bail : Tenez méchante !. . Mes habits ?

Niniche, les lui passant par l’ouverture du rideau : Les voilà !… (Allant à Bourriquet et lui jetant son paquet.) Beau jackey ! Voici vos frusques !

Leuven et Charles, La Tempête ou L’Île des bossus, 1834

 

Frusquin s’emploie aussi pour conclure une énumération, comme « et tout le reste », « et tout le tralala », « et pattin couffin » (à lire ici).

Oh oui ! sûrement que de ça il doit être guéri, sans quoi il n’aurait pas vendu le fusil, le chien, les munitions et tout le saint-frusquin.

Pergaud, Le Roman de Miraut, 1913

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *