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Qu’est-ce que la psychanalyse ? La définition de Freud

Publié le 02/03/2019 (m.à.j* le 16/05/2020)
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Écho et Narcisse, John William Waterhouse, 1903 (détail) | Wikimedia Commons

Qu’est-ce que la psychanalyse ? La définition de Freud


Le succès de la psychanalyse doit sûrement beaucoup au talent de pédagogue de son fondateur, l’autrichien Sigmund Freud (1856 – 1939). Celui-ci explique avec une grande clarté sa pratique dans son Introduction à la psychanalyse (1917), cours universitaires destinés à des médecins mais tout à fait compréhensibles pour le grand public. 

Sigmund Freud est un neurologue, un médecin spécialiste du cerveau et de ses maladies. Il développe donc une thérapie, un traitement destiné à guérir ces maladies. Son but est d’enrichir la psychiatrie d’un nouvel « outil ». 

La psychanalyse est donc un procédé de traitement médical de personnes atteintes de maladies nerveuses. 

Mais c’est une thérapie qui peut paraître singulière aux médecins : entre le pratiquant de la psychanalyse et le patient, nulle opération, ni administration de médicament. Le traitement ne comporte qu’un échange de paroles

Le patient parle, raconte les événements de sa vie passée et ses impressions présentes, se plaint, confesse ses désirs et ses émotions. Le médecin s’applique à diriger la marche des idées du patient, éveille ses souvenirs, oriente son attention dans certaines directions, lui donne des explications et observe les réactions de compréhension ou d’incompréhension qu’il provoque ainsi chez le malade. 

La psychanalyse se détache en effet du corps, mais pour rendre intelligible le lien entre les troubles somatiques (les troubles qui affectent le corps) et les troubles psychiques. Elle croit en la puissance des mots. 

Mais cette démarche éveille selon Freud la méfiance du corps médical, et de la société tout entière, par ses « audaces ». Ses prémisses lui attirent la « désapprobation universelle ». Elle souffre de « deux préjugés » qu’il veut désamorcer. 

Psychiatre, psychanalyste et psychologue : quelles différences ?

 

Deux préjugés contre la psychanalyse 

Un préjugé « intellectuel » d’abord. Freud pense que notre conscience qu’une fraction de notre vie psychique totale.

[…] la psychanalyse ne peut pas ne pas soulever d’objection contre l’identité du psychique et du conscient. 

Selon lui, il existe une pensée inconsciente et une volonté inconsciente, qui peuvent être à l’origine des maladies nerveuses, ce qui lui vaut l’accusation d’être une science occulte, ésotérique. 

Un préjugé « esthético-moral » ensuite. Freud pense que les impulsions sexuelles jouent un rôle déterminant, et depuis longtemps mésestimé, dans l’origine des maladies nerveuses et psychiques. 

En effet, selon la théorie psychanalytique, les « émotions sexuelles » jouent un rôle significatif dans les créations de l’esprit humain, c’est-à-dire dans la culture, l’art et la vie sociale. Pour Freud, les émotions sexuelles subissent un processus de sublimation. Cela veut dire qu’elles sont détournées de leur assouvissement, de leur but sexuel, pour être orientées vers la création de la culture, c’est-à-dire vers des buts socialement supérieurs et qui n’ont rien de sexuels. 

En d’autres termes, les émotions sexuelles sont à l’origine de la création de la culture humaine. La société éduque chaque individu à sacrifier ses instincts au travail culturel en les sublimant.

Mais cette configuration est instable : le danger de la libération des instincts sexuels, de leur réorientation vers leurs buts primitifs, menace toujours la société. C’est pour cette raison que la société désapprouve la psychanalyse : elle révèle son fonctionnement caché et, par là, menace tout le travail de création de la culture. 

Voir ici : la signification de « connais-toi toi-même »