Qu’est-ce que la psychanalyse ? La définition de Freud

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Écho et Narcisse, John William Waterhouse, 1903 (détail) | Wikimedia Commons

Qu’est-ce que la psychanalyse ? La définition de Freud


Le succès de la psychanalyse doit sûrement beaucoup au talent de pédagogue de son fondateur, l’autrichien Sigmund Freud (1856 – 1939). Celui-ci explique avec une grande clarté sa pratique dans son Introduction à la psychanalyse (1917), cours universitaires destinés à des médecins mais tout à fait compréhensibles pour le grand public. 

Sigmund Freud est un neurologue, un médecin spécialiste du cerveau et de ses maladies. Il développe donc une thérapie, un traitement destiné à guérir ces maladies. Son but est d’enrichir la psychiatrie d’un nouvel « outil ». 

La psychanalyse est donc un procédé de traitement médical de personnes atteintes de maladies nerveuses. 

Mais c’est une thérapie qui peut paraître singulière aux médecins : entre le pratiquant de la psychanalyse et le patient, nulle opération, ni administration de médicament. Le traitement ne comporte qu’un échange de paroles

Le patient parle, raconte les événements de sa vie passée et ses impressions présentes, se plaint, confesse ses désirs et ses émotions. Le médecin s’applique à diriger la marche des idées du patient, éveille ses souvenirs, oriente son attention dans certaines directions, lui donne des explications et observe les réactions de compréhension ou d’incompréhension qu’il provoque ainsi chez le malade. 

La psychanalyse se détache en effet du corps, mais pour rendre intelligible le lien entre les troubles somatiques (les troubles qui affectent le corps) et les troubles psychiques. Elle croit en la puissance des mots. 

Mais cette démarche éveille selon Freud la méfiance du corps médical, et de la société tout entière, par ses « audaces ». Ses prémisses lui attirent la « désapprobation universelle ». Elle souffre de « deux préjugés » qu’il veut désamorcer. 

Psychiatre, psychanalyste et psychologue : quelles différences ?

 

Deux préjugés contre la psychanalyse 

Un préjugé « intellectuel » d’abord. Freud pense que notre conscience qu’une fraction de notre vie psychique totale.

[…] la psychanalyse ne peut pas ne pas soulever d’objection contre l’identité du psychique et du conscient. 

Selon lui, il existe une pensée inconsciente et une volonté inconsciente, qui peuvent être à l’origine des maladies nerveuses, ce qui lui vaut l’accusation d’être une science occulte, ésotérique. 

Un préjugé « esthético-moral » ensuite. Freud pense que les impulsions sexuelles jouent un rôle déterminant, et depuis longtemps mésestimé, dans l’origine des maladies nerveuses et psychiques. 

En effet, selon la théorie psychanalytique, les « émotions sexuelles » jouent un rôle significatif dans les créations de l’esprit humain, c’est-à-dire dans la culture, l’art et la vie sociale. Pour Freud, les émotions sexuelles subissent un processus de sublimation. Cela veut dire qu’elles sont détournées de leur assouvissement, de leur but sexuel, pour être orientées vers la création de la culture, c’est-à-dire vers des buts socialement supérieurs et qui n’ont rien de sexuels. 

En d’autres termes, les émotions sexuelles sont à l’origine de la création de la culture humaine. La société éduque chaque individu à sacrifier ses instincts au travail culturel en les sublimant.

Mais cette configuration est instable : le danger de la libération des instincts sexuels, de leur réorientation vers leurs buts primitifs, menace toujours la société. C’est pour cette raison que la société désapprouve la psychanalyse : elle révèle son fonctionnement caché et, par là, menace tout le travail de création de la culture. 

Voir ici : la signification de « connais-toi toi-même »

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

6 réponses

  1. monique dit :

    Si je puis me permettre, Adrian, j’ajouterais que la psychanalyse n’a pas pour but essentiel de ‘guérir’, mais de libérer le patient au fil du temps, de la névrose qu’il a développé comme autodéfense mais qui, à la fin, l’empeche de se développer et de s’épanouir. En fait s’il y a, ne disons pas une guérison du patient, il y a absolument une révélation de lui-meme qui le libère de ses chaines, en se racontant et en se souvenant de son passé qu’il a souvent refoulé, guidé bien sur, mais sans envahissement, par le psychanalyste. C’est grace, donc, à ce modus operandi que l’on peut parler en terme générique de guérison, meme si l’on trouve de nombreux patients’ résistants’. Pensons au mot-meme que Freud a choisi pour nommer ce processus ‘Psychanalyse’ qui dérive sans dérive de PSYCHE et ANALYSIS, d’où libération de l’ame ou pour etre plus terre à terre, de l’esprit, voire dénouement de ses noeuds et de ses enchevetrements psychiques. NOTA BENE: Le psychanalyste n’est pas forcément un médecin, voir le texte de Freud: ‘La question de l’analyse profane’. Belle journée. monique

  2. Françoise OBRIEN dit :

    Bonjour,
    Trop de qualificatifs, trop d’essayages à vouloir trouver ce qui nous sommes et où nous allons. Il y a une nature qui nous gouverne, ne cherchons pas à dénaturer la justesse et le réel. Trop de livres, trop d’enseignements, in fine ?? trouver la cause ? et les effets cessent. Aujourd’hui nous cherchons à être malade de tout mais surtout du cerveau. Grande mode de ces siècles passés et à venir. Nous ne guérissons pas de nos bobos intérieurs, alors cessez de nous bourrer de médicaments qui nous tuent à petit feu lentement. Tout cela ! parce que vous n’avez ni le remède, ni la solution quelle soit verbale ou chimique. Pour alléger nos maux une solution: l’hôpital ou le poison des laboratoires pharmaceutiques. Vous ne guérirez jamais nos maux, alors la grande facilité est le : MEDICAMENT. Trop de bavardage.

  3. berbreiz dit :

    La psychanalyse peut avoir des conséquences négatives pour le patient ou ses proches. On le voit dans le cas de l’autisme.La psychanalyse a longtemps culpabilisé les parents d’enfants autistes, alors qu’il s’agit d’une maladie neurologisue.D’autre part, rien ne prouve qu’une psychanalyse guérisse le patient de sa pathologie , puisqu’il n’y a pas d’évaluation.
    .

    • bennichoins dit :

      La psychanalyse ne s applique qu aux patient conscient de leur responsabilité ou qui sont capable de sortir d’une causalité extérieure . Pour les autistes , on peut utiliser les théories psychanalytiques mais en aucun cas pratiquer une psychanalyse , les autiste ne sont pas accessible a la notion de responsabilité individuelle , et son d ailleur proteges juridiquement en tant qu irresponables mageurs .

  4. Ari dit :

    Freud est mort en 1939…

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