Analphabète et illettré : quelle différence ?

« Analphabète » et « illettré » ont d’abord été synonymes. Cependant, depuis quelques années, ils ont été utilisés, dans le cadre des politiques d’éducation, pour désigner des phénomènes différents. 

 

Analphabète : définition


Analphabète vient du grec αναλφαϐητος, analphabetos, « qui ne connaît pas l’alphabet » (TLFi).

L’analphabète ne sait ni lire ni écrire car il n’est pas allé à l’école. Il n’a pas été scolarisé.

L’analphabétisme désigne ce phénomène. Ce terme correspond en général à l’anglais illiteracy.

Pour plus d’informations, voir ce document de l’UNESCO.

Selon les chiffres de l’UNESCO, le monde comptait 750 millions d’analphabètes en 2016. C’est un chiffre en diminution, puisqu’ils étaient 871 millions en 1994.

Parmi ces 750 millions, les deux tiers sont des femmes. Le taux d’alphabétisation (le taux de personnes sachant lire et écrire) était en 2016 de de 86% chez les adultes et de 91% chez les jeunes. 263 millions de jeunes dans le monde ne vont pas à l’école.

49% de la population analphabète du monde est en Asie du Sud (sous-continent indien), 27% en Afrique subsaharienne, 10% en Asie du Sud-Est et Extrême-Orient, 9% en Afrique du Nord et au Proche-Orient, 4% en Amérique latine et aux Caraïbes.

Les taux les plus faibles d’alphabétisation sont observés en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Le taux d’alphabétisation est inférieur à 50% de la population dans les 20 pays suivants : Afghanistan, Bénin, Burkina Faso, République centrafricaine, Tchad, Comores, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Haïti, Irak, Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Sierra Leone et Soudan du Sud.

En France, l’analphabétisme concerne surtout les populations immigrées.

 

Illettré : définition


Illettré vient du latin illitteratus « ignorant, illettré » (TLFi).

Autrefois, un illettré était quelqu’un qui n’avait pas de culture (de lettres).

Aujourd’hui, un illettré est quelqu’un qui est allé à l’école, mais qui ne sait pas bien lire, ni écrire. Les illettrés sont en général incapables de déchiffrer des textes simples de la vie de tous les jours, comme les panneaux de signalisation, un panneau publicitaire, des étiquettes, etc.

L’illettrisme, terme qui désigne ce phénomène, est une notion créée au début des années 1980 par l’association ATD Quart Monde pour distinguer les illettrés des analphabètes. Il s’agit pour les illettrés de renouer avec ce qu’ils ont appris et de dépasser un sentiment de honte de ne savoir ni lire, ni écrire. 

L’illettrisme est un grave problème de politique publique dont l’ampleur est sous-estimée par la population : 7% de la population française adulte de 18 à 65 ans, scolarisée en France, est illettrée, soit 2,5 millions de personnes. Plus généralement, en 2012, 16% de la population connaissait des difficultés à l’écrit.

En 2012, 51% des personnes illettrées avaient un emploi, 10% étaient au chômage (2012). La même année, 20% des allocataires du RSA étaient illettrés.

L’illettrisme est particulièrement fort en Outre-Mer. Il touchait :

  • 20% des Guadeloupéens en 2008 ;
  • 14% des Martiniquais en 2006 ; 
  • 21% des Réunionnais en 2012 ; 
  • 20% des Guyanais primo-scolarisés en France 2013 ;
  • 30% des Mahorais (Mayotte) primo-scolarisés en France en 2013.

En 2014, 19,2% des jeunes ultramarins étaient considérés comme illettrés, contre 3,5% en métropole.

En métropole, la Picardie (11%) et le Nord-Pas-de-Calais (11,5%) connaissent des taux d’illettrisme supérieurs à la moyenne nationale.

Plus d’informations sur le site de l’agence nationale de lutte contre l’illettrisme et à cette adresse.

Voir ici la différence entre mer et océan ? 

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

1 réponse

  1. MASSON dit :

    Les multiples réformes de l’Éducation Nationale , depuis 50 ans , ont été remarquablement efficaces. Il faut revenir à l’école de Jules Ferry.

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