Henri Ier (1031 – 1060) : roi fantôme

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Henri Ier, Merry-Joseph Blondel, 1837 | Wikimedia Commons

Henri Ier, roi des Francs : un roi méconnu


 

1. Henri Ier : un fantôme pour l’histoire

L’historien belge Jan Dhont (1915 – 1972) disait de Henri Ier (1031 – 1060), roi des Francs, qu’il était un fantôme pour l’histoire (cité par Les Capétiens). 

Deuxième fils Robert le Pieux (996 – 1031), petit-fils de Hugues Capet, il est associé au trône en 1027, après la mort de son frère aîné Hughes, qui devait être l’héritier, en 1025. Son nom, Henri, d’origine allemande, vient des Ottoniens, première dynastie régnante dans l’Empire germanique.

Il succède à son père en 1031 mais doit faire face à une contestation en faveur de son frère Robert, étouffée par la cession du duché de Bourgogne au rebelle et grâce au soutien du duc de Normandie Robert Ier (1027 – 1035) et de l’empereur germanique Conrad II (1024 – 1039).

Le règne s’ouvre par une grande assemblée à Orléans à la Pâques 1032.

 

2. Henri Ier : un prince parmi d’autres

Ce règne mal documenté et peu étudié correspond, de l’avis général, à la période de plus grande impuissance de la monarchie capétienne.

Les Capétiens

La dynastie capétienne naissante, à la tête du royaume à partir du règne du grand-père de Henri, Hugues Capet (987 – 996), est faible. Son pouvoir ne semble porter que sur Paris et sur les vallées de l’Aisne et de l’Oise (Le Moyen Âge, Philippe Contamine et alii).

L’autorité royale souffre, sous le règne de Henri Ier, de l’émergence de puissants concurrents. Quasi-seigneur parmi d’autres, il fait la guerre et s’allie avec d’autres seigneurs en fonction de ses intérêts.

Premier concurrent de taille, le duché de Normandie de Robert Ier puis de Guillaume le Conquérant (1035 – 1087), que la conquête de l’Angleterre en 1066 fait entrer dans une dimension supérieure. Les relations, bonnes au départ (Henri Ier combat aux côtés de Guillaume à la bataille du Val-ès-Dunes le 10 août 1047), se dégradent dans les années 1050, puis plus fortement encore après la conquête de l’Angleterre.

Henri Ier entre en outre conflit avec Eudes II de Blois, qui est à la tête d’un important ensemble territorial autour du domaine royal, mais qui s’effondre à sa mort en 1037. Le roi affronte aussi Geoffroy Martel, comte d’Anjou, dont les conquêtes spectaculaires (Tours en 1043, le Mans en 1047) alertent le roi et le duc de Normandie. 

 

3. Un mariage célèbre : Anne de Kiev

Henri essaie sans succès de s’élever au-dessus de ses vassaux par ses mariages. Il épouse d’abord Mathilde Frise, nièce de l’empereur Conrad II, qui meurt en 1044, sans lui donner d’enfant. 

Seul le célèbre mariage russe de Henri surnage dans la mémoire de son règne. Ramenée en 1049, Anne, fille de Jaroslav le Sage, prince de Kiev, est mariée au roi des Francs en 1051. Elle est co-régente jusqu’en 1063 après la mort de son époux, puis meurt à la fin des années 1070.

De cette union naissent trois fils, dont l’héritier Philippe, le futur Philippe Ier (1060 – 1108). Son nom, jusque là inusité en Europe occidentale, est d’origine macédonienne : Anne de Kiev a une ascendance byzantine.

Il est associé au trône en 1059, avant la mort de son père en 1060.

 

À lire 

Monique Chauvin, François Menant, Hervé Martin, Bernard Merdrignac, Les Capétiens, 987 – 1328

Philippe Contamine et alii, Le Moyen Âge

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

1 réponse

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