Découvrez les réductions que La Culture Générale a dénichées pour vous (XTB, LegalPlace, LWS, 02Switch et AD.fr)
📋 Sommaire
Une porte qui claque. Un sac à moitié bouclé. Une phrase lancée depuis le couloir : « Moi, je prends mes cliques et mes claques ! » Vous connaissez la scène, au moins au cinéma. Mais que désignent ces deux mots étranges ? Sens, origine, orthographe, synonymes, traductions : voici tout ce qu’il faut savoir sur cette expression.
Ce qu’il faut retenir
- L’expression signifie partir brusquement en emportant toutes ses affaires.
- Première trace écrite en 1830, d’après le Trésor de la langue française.
- Cliques et claques nomment d’anciennes chaussures : sabots et sandales de protection.
- L’orthographe correcte reste cliques et claques, jamais « clics et clacs ».
- Les deux noms restent au pluriel, le possessif suit le sujet.
Prendre ses cliques et ses claques : définition
L’expression signifie quitter un lieu en emportant tout ce que l’on possède. Le Dictionnaire de l’Académie française l’enregistre, dans sa huitième édition (1935), comme une formule figurée et familière. Le départ est brusque. Il laisse rarement de bons souvenirs.
Un simple déménagement ? Pas du tout. Celui qui déménage prévient, emballe, salue ses voisins. Celui qui prend ses cliques et ses claques claque la porte, au sens propre ou figuré. Rupture amoureuse, licenciement, dispute de famille : la formule colle à toutes ces scènes.
« Je prends mes cliques et mes claques et je quitte ce calme maudit. »
Elsa Triolet, Le Premier accroc coûte deux cents francs, 1945
Trois exemples d’usage au quotidien
- Licencié un vendredi, Marc a pris ses cliques et ses claques avant midi.
- Si vous ignorez encore mes demandes, je prendrai mes cliques et mes claques.
- Les colocataires ont pris leurs cliques et leurs claques sans laisser d’adresse.
Les deux noms restent toujours au pluriel. L’Académie n’enregistre « cliques » qu’au pluriel, et le Trésor de la langue française cite les claques-sandales au pluriel aussi. La logique saute aux yeux : on emporte des paires, un lot d’affaires, jamais un objet isolé. Dire « sa clique et sa claque » brise l’image.
Cliques et claques : une origine qui échappe encore
Les premières traces écrites remontent à 1830, dans un supplément aux Mémoires de Vidocq, selon le Trésor de la langue française. Mais les mots eux-mêmes sont bien plus vieux. Là où cela devient fascinant, c’est qu’ils nomment tous les deux des chaussures.
La piste des chaussures
En 1743, le dictionnaire de Trévoux décrit les « claques » comme des sandales que les femmes nouaient par-dessus leurs souliers pour les protéger de la boue. Quant aux « cliques », l’Académie y voit un nom donné à des sabots de bois dans certaines provinces. Elle précise qu’on les appelait aussi des claques. Deux noms, un même objet. Prendre ses cliques et ses claques reviendrait donc, à l’origine, à ramasser ses chaussures avant de filer.
D’autres dictionnaires d’expressions avancent une variante : dans certains dialectes, les « cliques » auraient désigné les jambes. L’image serait alors proche de « prendre ses jambes à son cou ». Qui a raison ? Personne n’a de preuve.
La piste des bruits
Autre hypothèse, plus sonore. Les onomatopées « clic » et « clac » évoqueraient le bruit de pas pressés sur le pavé. Séduisant, mais invérifiable. Aucune source consultée ne tranche entre ces pistes.
Une chose reste sûre : dans les deux cas, la scène est la même. Quelqu’un rassemble ce qui lui sert à marcher, puis disparaît. Aujourd’hui, on emporte bien davantage que des sabots.
Cliques ou clics : l’orthographe qui piège
Beaucoup de personnes écrivent « clics et clacs ». Compréhensible. Mais incorrect. L’expression s’écrit avec les noms cliques et claques, et le possessif s’accorde avec celui qui part.
✅ Il a pris ses cliques et ses claques. (forme correcte)
✅ Nous prenons nos cliques et nos claques. (forme correcte)
✅ Prends tes cliques et tes claques. (forme correcte)
⛔ Il a pris ses clics et ses clacs. (forme incorrecte)
⛔ Je prends ma clique et ma claque. (forme incorrecte)
⛔ Ils ont pris ses cliques et ses claques. (forme incorrecte)
Écrire « clics et clacs » parce que « cliques » et « clics » se prononcent pareil, tout comme « claques » et « clacs ». L’oreille ne départage pas les deux orthographes, et la plume choisit l’intrus.
Un doute persiste sur une autre expression ? Gardez notre correcteur d’orthographe en favori. Il vous sauvera au prochain trou de mémoire.
Six synonymes pour partir sans se retourner
La langue française regorge de manières de s’éclipser. Chacune évoque sa propre scène.
| Synonyme | Image évoquée |
|---|---|
| Plier bagage | Ranger ses affaires avant de partir |
| Mettre les voiles | Lever l’ancre, quitter le port |
| Filer à l’anglaise | Partir discrètement, sans prévenir |
| Se faire la malle | Disparaître avec sa valise |
| Prendre la poudre d’escampette | Fuir à toute vitesse |
| Tout plaquer | Rompre radicalement avec sa vie d’avant |
Et le contraire ?
Aucun dictionnaire consulté ne propose de contraire officiel. Par le sens, en revanche, plusieurs formules s’opposent à ce départ : rester, s’installer, poser ses valises, emménager ou revenir. Poser ses valises, c’est exactement l’inverse du geste. Chacun son sac, chacun sa direction.
Comment dit-on cliques et claques ailleurs ?
Aucune langue ne reprend les sabots ni les sandales. Les équivalents ci-dessous reprennent le sens, pas la lettre.
| Langue | Équivalent | Sens littéral |
|---|---|---|
| Anglais | to pack up and go | faire ses valises et partir |
| Anglais | to leave bag and baggage | partir sac et bagages |
| Allemand | seine sieben Sachen packen | emballer ses sept affaires |
| Espagnol | liar el petate | faire son baluchon |
| Italien | andarsene con armi e bagagli | s’en aller avec armes et bagages |
| Portugais | fazer as malas | faire ses valises |
| Néerlandais | zijn biezen pakken | prendre ses joncs |
Pour traduire l’expression, ne cherchez pas de chaussures. Cherchez le bagage. Anglais, italien, espagnol et portugais puisent tous dans l’univers des valises et des sacs. Cette piste vous fera gagner du temps dans n’importe quelle traduction.
Vos questions fréquentes
L’expression est-elle vulgaire ?
Non. L’Académie la qualifie de familière. Elle convient à l’oral et aux textes détendus.
Depuis quand l’emploie-t-on ?
Depuis au moins 1830, d’après le Trésor de la langue française. Presque deux siècles de portes claquées.
Que sont exactement les cliques ?
Selon l’Académie, des sabots de bois dans certaines provinces. D’autres ouvrages parlent plutôt de jambes. L’incertitude demeure.











Laisser un commentaire