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15 expressions oubliées à connaître 📚

Publié le 10/02/2023 (m.à.j* le 24/05/2024)
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Ces 15 expressions n’ont pas toutes été oubliées. On peut les entendre de temps en temps… Toutefois, elles semblent quitter l’usage petit à petit. Cet article vous permettra de les découvrir si vous ne les connaissiez pas. Bonne lecture !

1. Avoir le béguin 

Être amoureux, être amouraché. Cette expression est née d’un croisement entre le nom des béguines (un ordre religieux) qui a contaminé par métonymie celui de leur coiffe, et l’expression elle aussi désuète « se coiffer de quelqu’un » (tomber amoureux). On employait autrefois le verbe « s’embéguiner ».

Exemple

« Ces deux-là ont le béguin, ils ne se quittent jamais ».

 

2. Entre le zist et le zest 

N’être ni bon ni mauvais pour une chose, être indécis pour une personne, ne pas savoir quelle décision prendre. « Zest » est une ancienne interjection qui marquait le refus, tandis que l’origine de « zist » est moins certaine.

Exemple

« Notre héros se trouvait entre le zist et le zest, ne sachant pas s’il devait se présenter à la police pour sauver un innocent ».

 

3. Courir le guilledou :

Avoir une vie charnelle libre, courir les aventures galantes, aller dans les lieux de débauche et multiplier les histoires faciles. L’origine de cette expression, encore usuelle au Québec, n’est pas claire : guilledou pourrait venir soit de l’ancien français guiller « tromper, séduire »,  soit de l’occitan aguillodo (la braguette qui ferme le pantalon), soit d’un terme de vieux-norrois (ancienne langue scandinave).

Exemple

« Elle est jeune et peut bien courir le guilledou à Paris avant de se ranger ».

 

4. Jeter sa gourme :

Faire des folies propres à la jeunesse. L’origine de cette expression est complexe : d’une maladie des fosses nasales affectant les jeunes chevaux, le terme de gourme est passé aux croûtes de lait qui se forment sur la peau des jeunes enfants (les enfants doivent « jeter leur gourme »). Ce phénomène courant en est venu à symboliser un « passage obligé » (comme « virer sa cuti »).

Exemple

« J’avais la tête plus libre après avoir jeté ma gourme ».

 

5. Le chien de Jean de Nivelle (il s’enfuit quand on l’appelle) :

Désigne une personne qui s’en va quand on veut la retenir, une personne ou un animal désobéissant. Jean de Nivelle est un personnage du XVe siècle, mais cette expression vient de chansons traditionnelles (Jean de Nivelle a trois beaux chiens / Les deux premiers ne valent rien / L’autre fuit quand on l’appelle.)

 

6. Le démon de midi :

La tentation de l’adultère, les désirs éveillés chez une personne au milieu de sa vie. Cette expression est une traduction du latin daemonio meridiano que l’on trouve au verset 6 du psaume 91 de la Vulgate traduction de la Bible en latin (IVe siècle).

Exemple :

« Le démon de midi s’était présenté à ces quadragénaires qui avaient raté leur mariage ».

 

7. Faire le coup du père François :

Étrangler quelqu’un par derrière le temps de voler quelqu’un et, par extension, prendre quelqu’un en traître. L’origine de cette expression est peu claire et l’identité du père François incertaine, mais elle apparaît au plus tôt au XIXe siècle (on la trouve dans un article du Figaro de 1866, les pères François y désignant les malfaiteurs).

Exemple :

« Il m’a fait le coup du père François et est reparti avec mon portable ».

 

8. La semaine des quatre jeudis :

Quelque chose d’impossible (synonymes : quand les poules auront des dents, à la Saint-Glinglin, etc.)

Exemple :

Elle lui promettait le meilleur pour la semaine des quatre jeudis.

 

9. Le saint-frusquin :

Tout ce que l’on possède, ses biens. Frusquin est un saint imaginaire. C’est un ancien terme d’argot qui désignait les vêtements ou une pièce de monnaie.

Exemple :

Il a mangé tout son saint-frusquin et il ne lui reste plus rien.

 

10. N’avoir pas un sou vaillant :

Ne pas avoir d’argent, ne rien posséder. « Vaillant » a ici le sens d’« avoir de la valeur ». Cette expression n’est pas désuète mais est de plus en plus rare.

Exemple :

« Ces gens-là sont bien bons mais ils n’ont pas un sou vaillant ».

 

11. Peigner la girafe :

Ne rien faire ou faire un travail inutile et fastidieux. Cette expression est probablement née avec l’arrivée en France de la girafe Zarafa en 1826. Elle a été accueillie au Jardin des plantes à Paris.

Exemple :

« Au lieu de travailler, j’ai peigné la girafe toute la journée ».

 

12. Peu me chaut :

Peu m’importe. « Chaut » est la 3e personne du singulier présent de l’indicatif du verbe chaloir, qui n’est plus en usage. Ce verbe, emprunté au latin calere, « être chaud », et, signifie, par extension métaphorique, « désirer », « importer », « se soucier ».

Exemple :

« Peu me chaut que les visiteurs se multiplient ! Je ne veux voir personne ! »

 

13. Au diable Vauvert :

Très loin, en un lieu indéfini (à Perpète-les-Oies, à Pétaouchnok, à Trifouilly-les-Oies, à Tataouine, etc.). Vauvert peut désigner plusieurs endroits à mauvaise réputation, comme un château à Gentilly ou une maison de chartreux à Paris. Exemple : ils sont allés jusqu’au diable Vauvert chercher je ne sais quoi.

 

14.  S’en soucier comme d’une guigne :

N’en faire aucun cas, ne pas s’en soucier. Une guigne est une petite cerise et, par extension, une chose sans importance, insignifiante.

Exemple :

« Les récriminations, ces boursicoteurs s’en soucient comme d’une guigne ».

 

15. Tomber de Charybde en Scylla :

Aller de mal en pis, aller d’un danger à un autre. Charybde et Scylla sont deux monstres qu’Ulysse et ses compagnons doivent éviter en mer après leur séjour sur l’île de Circé et avoir résisté au chant des Sirènes.

Exemple :

« Elle tombe de Charybde en Scylla : après son divorce, elle a été licenciée. »