Calembour : définition simple et liste | Figure de style

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Manuscrit d’Honoré de Balzac

Calembour : définition simple


Le calembour est un jeu de mot qui repose sur l’équivoque que provoque l’emploi de mots à double sens, ou de termes dont la prononciation est semblable ou identique mais dont le sens diffère. L’effet comique vient de la double interprétation que l’on peut faire de ces phrases. 

Exemple :

Chassez le naturiste, il revient au bungalow

Jean-Paul Gousset

Ce célèbre calembour du journaliste du Canard enchaîné détourne le proverbe « Chassez le naturel, il revient au galop » à l’aide de paronymes (naturiste pour naturel ; bungalow pour galop).

En d’autres termes plus savants, le calembour est un jeu d’esprit qui repose soit sur l’homonymie (il se rapproche alors de la syllepse et de l’antanaclase), soit la paronymie (il se rapproche alors de la paronomase). En général, ce procédé est employé à l’oral

Autre exemple :

Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église

Évangile selon Saint Matthieu

Ce calembour repose sur une antanaclase (figure de style qui consiste à utiliser deux fois le même mot dans une phrase en lui donnant deux sens différents) : « pierre » est utilisé au sens du prénom (de l’apôtre) et de la matière.

Le calembour est un procédé particulièrement aisé en français, langue peu accentuée dans laquelle on peut facilement confondre les homophones à l’oral. 

 

Calembour et kakemphaton

Un kakemphaton est un calembour involontaire (supposément…). 

Vous me connaissez mal : la même ardeur me brûle,
Et le désir s’accroît quand l’effet se recule.

Corneille, Polyeucte, I, 1, Polyeucte

Et le désir s’accroît quand les fesses reculent…

 

Je suis romaine, hélas ! Puisque mon époux l’est ;

Horace, I, 1, Sabine

Puisque mon nez poulet…

 

Le roi de Perse habite, inquiet, redouté,
En hiver Ispahan et Tiflis en été ;

Hugo, Légende des siècles, Le roi de perse

Le roi perd sa bite, inquiet, redouté,

 

Calembour et holorimes

Les holorimes sont des vers homophones.

Gall, amant de la Reine, alla, tour magnanime,
Galamment de l’arène à la tour Magne à Nîmes.

Marc Monnier

 

La mauvaise réputation du calembour


Le calembour souffre d’une mauvaise réputation dans la francophonie, car utilisé à l’excès, et parfois sans finesse. Ainsi, François Noël rapporte dans son Dictionnaire étymologique que Voltaire tenait le calembour comme le « fléau de la conversation, l’éteignoir de l’esprit« .

 

« Le calembour est la fiente de l’esprit qui vole »

On a tiré d’un passage des Misérables, oeuvre dans laquelle on trouve certaines réflexions de Hugo sur la langue (notamment l’argot), une citation qui discréditerait l’emploi du calembour : « le calembour est la fiente de l’esprit qui vole. » Hugo fait en réalité parler l’un de ses personnages, l’étudiant Tholomyès, qui tient un discours plus nuancé. 

– Tholomyès, fit Bachevelle, contemple mon calme.
– Tu en es le marquis, répondit Tholomyès. Ce médiocre jeu de mot fit l’effet d’une pierre dans une mare. Le marquis de Montcalm était un royaliste alors célèbre. Toutes les grenouilles se turent.
– Amis, s’écria Tholomyès de l’accent d’un homme qui ressaisit l’empire, remettez-vous. Il ne faut pas que trop de stupeur accueille le calembour tombé du ciel. Tout ce qui tombe de la sorte n’est pas nécessairement digne d’enthousiasme et de respect. Le calembour est la fiente de l’esprit qui vole. Le lazzi tombe n’importe où ; et l’esprit, après la ponte d’une bêtise, s’enfonce dans l’azur. Une tache blanchâtre qui s’aplatit sur le rocher n’empêche pas le condor de planer. Loin de moi l’insulte au calembour ! Je l’honore dans la proportion de ses mérites ; rien de plus. Tout ce qu’il y a de plus auguste, de plus sublime et de plus charmant dans l’humanité, et peut-être hors de l’humanité, a fait des jeux de mots. Jésus-Christ a fait un calembour sur saint Pierre, Moïse sur Isaac, Eschyle sur Polynice, Cléopâtre sur Octave. Et notez que ce calembour de Cléopâtre a précédé la bataille d’Actium, et que, sans lui, personne ne se souviendrait de la ville de Toryne, nom grec qui signifie cuiller à pot. 

On attribue en outre plusieurs calembours à Hugo :

Dis moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu hais.

Ô fragiles Hébreux ! Allez, Rébecca tombe
Offre à Gilles zèbres, oeufs ; à l’Érèbe, hécatombe

Vénus luisait, évanescente,
Sur le chevet d’Eva naissante

 

 

Liste de calembours


 

  • Un conflit de canards.
  • Travailler plus pour gagner plus, mais si tu végètes, t’as rien.
  • À la longue, les histoires, ça lasse.
  • Rien n’est plus détestable qu’un nabot minable.
  • Le cinéma rend flous les comédiens.
  • Un vieillard maniaque devient vite soûlant.
  • Je vous remercie pour votre bon thé.
  • Manquer de respect à un souverain musulman est insultant.
  • La faim justifie les moyens.
  • Quand on emprunte l’autoroute du Nord, il ne s’agit pas de caler.
  • Si t’es pas propriétaire, t’es rien !
  • L’eau à la babouche.
  • L’euro fut long à digérer.
  • Pas de chauve à Ajaccio, mais à Calvi si !
  • Des mitraillettes, la Corse en vend des tas.
  • Quand tu deviens gigolo, tu fais ton beurre.
  • Il ne faut pas prendre ces chinoiseries pour des mots viets.
  • Quand on veut faire l’amour, c’est entre adultes qu’on s’entend.
  • Refuser les chèques, mais accepter le liquide.
  • Les mots rendent les cris vains.
  • Guerre et paix trop liés.
  • À l’instar des animaux, il faut laisser les mamies faire.
  • Comme la plupart des êtres vivants, les sangsues niquent.
  • Le désert, ça a rien de comparable.
  • Les bricoleurs du dimanche en ont marre tôt.
  • Quel malheur qu’un jeune qui se drogue.
  • Quand un enfant de chœur chante sous le soleil, ce gosse pèle.
  • Élisez le président et lisez ensuite les gros titres.
  • Napoléon, c’est Bonaparte en pire.
  • Il faut quitter Paris le week-end, pour aller loin des cons pressés.
  • Être critique est beaucoup plus facile que d’être acteur.
  • En s’asseyant sur une chaise inconfortable, on a le dos scié.
  • On se plaint qu’il n’y ait plus de place dans les hôpitaux, alors qu’ils sont remplis de lits vides.
  • A t-on déjà vu un carreleur déposer une plinthe au commissariat ?
  • Paradoxalement, pour être dans les normes, il faut rester mince.
  • Va dans la cuisine et dînes-y, Dan.
  • C’est fou ce que le sexe ça génère.
  • Dès qu’il a bu un verre, ça y est : il se prend pour un roi.
  • Trop manger est un péché, c’est en tout cas ce que beaucoup de gourmands disent.
  • Un sale ami mérite d’être charcuté.
  • Le veau qu’a bu l’air.
  • Il est rare que les films du Rex capotent.
  • Dans ces eaux-là, comme dirait Émile…
  • Toute étudiante d’une université renommée en sort bonne.

Allons, finissons-en, Charles attend

Attribué à Louis XVIII sur son lit de mort…Charles X lui succède

Louis XVI aurait dit à M. de Bièvre que les puces étaient de la secte d’Épicure (des piqûres), ce dernier lui aurait répondu que les poux de la secte d’Épictète (des pique-têtes ).

La place d’Enfer à Paris est devenue place Denfert-Rochereau, du nom d’un militaire français.

 

Calembours dans la littérature, la chanson et l’humour

Il ne faut jamais courir deux lèvres à la fois

Attribué à Balzac

 

Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église

Évangile selon Saint Matthieu

0

La ville de Jérimadeth a été inventée par Hugo pour pouvoir produire une rime en « dait ». Jérimadeth <=> « Je rime à dait ».

 

Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église

Évangile selon Saint Matthieu

1

 

Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église

Évangile selon Saint Matthieu

2

 

Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église

Évangile selon Saint Matthieu

3

 

Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église

Évangile selon Saint Matthieu

4

 

Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église

Évangile selon Saint Matthieu

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Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église

Évangile selon Saint Matthieu

6

 

Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église

Évangile selon Saint Matthieu

7

 

Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église

Évangile selon Saint Matthieu

8

 

 

Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église

Évangile selon Saint Matthieu

9

 

Vous me connaissez mal : la même ardeur me brûle,
Et le désir s’accroît quand l’effet se recule.

Corneille, Polyeucte, I, 1, Polyeucte

0

 

Vous me connaissez mal : la même ardeur me brûle,
Et le désir s’accroît quand l’effet se recule.

Corneille, Polyeucte, I, 1, Polyeucte

1

 

Vous me connaissez mal : la même ardeur me brûle,
Et le désir s’accroît quand l’effet se recule.

Corneille, Polyeucte, I, 1, Polyeucte

2

 

Vous me connaissez mal : la même ardeur me brûle,
Et le désir s’accroît quand l’effet se recule.

Corneille, Polyeucte, I, 1, Polyeucte

3

 

Vous me connaissez mal : la même ardeur me brûle,
Et le désir s’accroît quand l’effet se recule.

Corneille, Polyeucte, I, 1, Polyeucte

4

 

Vous me connaissez mal : la même ardeur me brûle,
Et le désir s’accroît quand l’effet se recule.

Corneille, Polyeucte, I, 1, Polyeucte

5

 

Calembours dans la publicité

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Adrian

Étudiant et passionné par les sciences humaines. N'hésitez pas à me contacter :)

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1 réponse

  1. 25/11/2017

    […] Cet acrostiche est un possible kakemphaton. […]

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