Courir sur le haricot : définition & origine [expression]

Courir sur le haricot signifie : agacer, embêter, importuner. 

Exemple : tu commences à me courir sur le haricot !

 

Courir sur le haricot : origine de l’expression


Différentes hypothèses se mêlent. 

Le haricot est peut-être l’orteil, courir sur le haricot revenant donc à « casser les pieds ». Bruant (1851 – 1925) rapporte dans L’argot au XXe siècle (1901) ce sens de haricot. 

Cependant, à l’entrée « agacer », Bruant précise : 

Les verbes Cavaler, Courir et Trotter sont fréquemment suivis de Sur l’asperge, sur le flageolet, sur l’haricot, sur le kilomètre, sur le Soissons; ces expressions sont obscènes.

Le haricot est-il en réalité le pénis comme le laissent penser les autres exemples ? L’entrée « clitoris » note que haricot est un synonyme. Cette plante sert donc aux métaphores d’organes génitaux. 

Il faut noter en outre que le médecin Philippe Ricord (1800 – 1889) nommait « haricocèle » le testicule atrophié.

 

 

Cette expression a peut-être subi l’influence de courir sur le système (nerveux).

Ces agissements commençant à courir sur le système nerveux de tous ceux qui n’ont pas la patience poussée jusqu’à l’abrutissement […]

Le Tintamare, 5 mars 1893

Selon le Dictionnaire d’expressions et locutions (Sophie Chantreau, Alain Rey), « courir quelqu’un » avait, autrefois, le sens d’importuner, peut-être dérivé de l’idée de poursuivre quelqu’un pour l’attraper :

Il est quelquefois actif, & signifie alors, Poursuivre à la course avec dessein d’attraper. Courir quelqu’un pour le prendre. le courir l’espée dans les reins.

Dictionnaire de l’Académie, 1694

Sophie Chantreau, Alain Rey supposent aussi une éventuelle influence de « haricoter« , « être mesquin en affaire ». 

 

Exemples


La plus ancienne occurence pour « courir sur le haricot » sur Gallica :

Raymond : Et puis, veux-tu que je te l’avoue ? Avec tes perpétuelles suspicions, tu finis par me courir sur le haricot !

Daniel Riche, En Marge de la censure, 1901

 

 

Jusqu’à récemment, les moutons étaient bien gardés (et bien tondus) : les hommes avaient des poils sur le corps, les femmes avaient des poils sur la tête. Aux premiers, le velu. Aux secondes, le lisse. Cette organisation rigide commençait manifestement à nous courir sur le haricot : aujourd’hui, plus de la moitié des hommes épilent ou rasent, intégralement ou pas, leurs parties génitales (IFOP/Charles.co, décembre 2020).

Lemonde.fr

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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