L’accord peut s’imposer ou non. On peut ainsi écrire « elle s’est vu » ou « elle s’est vue ». Cet article vous présente les différentes règles qui concernent ce point.

Suivi d’un infinitif, le participe passé « vu » s’accorde au féminin avec le pronom « elle » si ce sujet fait l’action exprimée par l’infinitif. Exemple :

  • Elle s’est vue trébucher du haut du muret.
    • C’est bien « elle » qui « trébuche » du haut du muret.

Cet accord s’explique par le fait que le pronom réfléchi « s’ » est complément d’objet direct de « voir » ➢ Elle a vu elle-même trébucher du haut du muret.

En revanche, si le sujet n’effectue pas l’action du verbe exprimé par l’infinitif, il ne faut pas accorder. Exemple :

  • Elle s’est vu arrêter par la police à la première heure.
    • Ce n’est pas « elle » qui « arrête ». « Elle » est arrêtée.

Ce non accord s’explique par le fait que le pronom « s’ » n’est pas le COD de « voir », mais de l’infinitif « arrêter ». Elle a vu la police arrêter qui ? Elle a vu la police arrêter elle-même à la première heure.

Suivi d’un participe passé, le participe passé « vu » s’accorde. Exemple :

  • Elle s’est vue foudroyée par la terrible nouvelle.

Le pronom réfléchi « s’ » est le COD de « voir ». Elle a vu qui ? Elle a vu « s’ », c’est-à-dire elle-même. L’accord s’impose. « Foudroyée » est un attribut du COD, et l’accord s’impose.

Remarque : on pourrait très bien écrire « elle s’est vu foudroyer par la terrible nouvelle ». Selon la théorie, on insiste plus sur le résultat de l’action lorsque l’infinitif suit « se voir » qu’avec le participe passé. Cependant, la tournure infinitive semble moins naturelle.

Autre exemple :

  • Elle s’est vue dépouillée de ce qui la rendait heureuse.
    • Elle a vu elle-même dépouillée de ce qui la rendait heureuse.

Le participe passé est possible après « s’est vue » si et seulement s’il est attribut du pronom réfléchi « s’ », le COD. On ne pourrait pas dire, ainsi, « elle s’est vue achetée une paire de chaussure ».