Le participe passé est soit une forme verbal employée dans les temps composés ou surcomposés, soit un adjectif. À la différence du participe présent, il est variable en genre et en nombre.

Comme forme verbale

Comme l’infinitif, le participe passé est un mode impersonnel d’un verbe (il ne s’emploi pas avec un pronom personnel). Il a deux formes : une forme simple (écrit, dit, marché, etc.) et une forme composée (ayant dit, ayant marché, étant écrit). Employé comme forme verbale, il indique le procès (il exprime l’action faite par le sujet de la phrase).

Il sert à former les temps composés ou surcomposés avec les auxiliaire être et avoir :

  • J’ai dit (passé composé)
  • Tu avais écrit (plus-que-parfait)
  • Il eut marché (passé antérieur)
  • Nous serons partis (futur antérieur)
  • Vous seriez venus (conditionnel passé)
  • Ils auraient eu dessiné (passé surcomposé)
  • etc.

Comme il entre dans la formation des temps composés, le participe passé permet aussi d’employer les verbes à la forme passive (lorsque le sujet subit l’action exprimée par le verbe).

  • Je serai obligé de venir demain.
  • Paul et Léa seront ramenés par leur mère.

Il permet aussi de former des propositions subordonnées participiales, qui sont des propositions contenant un participe passé employé avec son sujet sans auxiliaire.

  • Le travail fini, nous partîmes pour fêter l’anniversaire de Pauline.
  • L’article envoyé, nous pourrons ensuite faire sa promotion.

Comme adjectif qualificatif

Comme adjectif, le participe passé peut être épithète, attribut du sujet, apposé ou complément d’objet direct. Il s’accorde aussi en genre et en nombre. Certains participes passés sont de véritables adjectifs reconnus comme tels par les dictionnaires. Toutefois, il est parfois difficile de distinguer le participe passé employé verbalement ou comme adjectif. En général, on considère le participe passé employé comme adjectif lorsqu’il exprime le résultat d’un processus (il indique une propriété de ce dont on parle, pas une action). Ainsi, lorsqu’il est suivi par un complément d’agent (souvent introduit par « par »), on ne le considère pas comme adjectivé. En outre, le participe passé adjectivé peut varier en intensité (avec des adverbes comme « très, beaucoup, peu, faiblement, etc. ») et peut être remplacé par un autre adjectif.

  • Nous avons loué un appartement meublé (« meublé » est adjectif épithète d’appartement).
    • Nous avons loué un appartement bien meublé ⇒ on peut employer un adverbe pour faire varier l’intensité de « meublé ».
  • Le soleil est masqué (attribut du sujet « le soleil »).
    • Le soleil est doré ⇒ on peut le remplacer par un autre adjectif.
  • Baratté, le beurre peut ensuite être emballé (employé en apposition) | Avachi sur le comptoir, je regardais le fond de ma tasse de café.
  • Ils ont cru Florence désespérée (complément d’objet direct)
  • Je suis soutenue par mon ami.
    • Le complément d’agent « par mon ami » indique ici que c’est la forme verbale du participe passé qui est employée (pour former la voix passive).

Autre astuce : le participe passé employé avec l’auxiliaire « être » peut être employé avec un autre verbe d’état comme auxiliaire (paraître, sembler, demeurer, rester ») et le verbe doit répondre à la question « comment » ?

  • Le soleil paraît masqué/Le soleil reste masqué/Le soleil demeure masqué.
  • Comment le soleil est-il ? Masqué.

Le participe passé adjectivé peut avoir un sens actif : une personne réfléchie (une personne qui réfléchit).

Règles d’accord du participe passé

Employé sans auxiliaire, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte.

  • Je regarde dépité mon équipe se faire battre par ses adversaires.
  • C’est des filles motivées que j’ai retrouvées hier.

Employé avec l’auxiliaire « être » ou d’autres verbes d’état, le participe passé s’accorde en genre et en nombre et avec le sujet.

  • Les maisons sont détruites par l’inondation.
  • Ils s’engagèrent dans une rue qui semblait abandonnée.

Exception : lorsque le pronom réfléchi du participe passé d’un verbe employé à la forme pronominale est un complément d’objet indirect.

  • Moi, ta sœur, j’avoue que je me suis rendu compte de mon erreur.
    • « me » est un complément d’objet indirect de « se rendre compte ».

Remarque : lorsque « on » est employé à la place de « nous », le participe passé s’accorde au pluriel.

  • On est placés juste devant l’estrade.

Employé avec « avoir », le participe passé s’accorde si et seulement si un complément d’objet direct précède le verbe.

Suivi par un infinitif, le participe passé de « faire » est invariable.

  • Les chaussures que j’ai fait faire sont prêtes.

Depuis les propositions de rectification de l’orthographe de 1990, le participe passé de laisser suivi d’un infinitif peut être invariable.

  • Elle s’est laissé porter par son rêve.