À bon escient signifie : avec discernement, à raison, à propos. Elle est souvent employer avec le verbe « servir » (se servir de quelque chose à bon escient). Exemples :

  • Je t’ai fait là un très beau cadeau, sache t’en servir à bon escient, cela pourrait te sortir de situations dangereuses.
  • À cause de la sécheresse, la préfecture a demandé aux agriculteurs du département de n’arroser leurs cultures qu’à bon escient.
  • On regretta d’autant plus d’avoir laissé à Paris, par crainte de l’abîmer, le stéréoscope. Seul, M. Bloch, le père, avait l’art ou du moins le droit de s’en servir. Il ne le faisait du reste que rarement, à bon escient, les jours où il y avait gala et domestiques mâles en extra.(Proust, À la recherche du temps perdu)

 

À bon escient : origine de l’expression

« Escient » (entendement, conscience) est un calque du latin sciente (sachant), dérivé de scire, « savoir », qui a par exemple donné la locution me sciente (à mon escient, en connaissance de cause). L’expression « à bon escient » est donc très ancienne. Elle signifiait autrefois « sciemment », véritablement :

Dans l’extrait suivant, Montaigne l’emploie dans un sens identique à celui qu’à l’expression aujourd’hui :

Je ne sçay parler qu’en bon escient, et suis du tout denué de cette facilité, que je voy en plusieurs de mes compaignons, d’entretenir les premiers venus et tenir en haleine toute une trouppe, ou amuser, sans se lasser l’oreille d’un prince de toute sorte de propos, la matiere ne leur faillant jamais, pour cette grace qu’ils ont de sçavoir employer la premiere venue, et l’accommoder à l’humeur et portée de ceux à qui ils ont affaire.

Montaigne, Essais

« À mauvais escient » (de façon inapproprié, de mauvaise façon) est très rare mais son usage pourrait se développer à l’avenir :

  • Il avait employé à très mauvais escient les moyens qu’on lui avait donnés.
  • Ces accessoires, relativement peu chers, vont sans doute connaître un petit succès grâce à l’offensive marketing de Samsung (et bientôt d’Apple ?). Or ils peuvent facilement être utilisés à mauvais escient, afin d’espionner une personne. (Numerama.com)

Voir ici : pourquoi dit-on « se faire un sang d’encre » ?