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« C’est qui qui » : est-ce correct ? Orthographe & alternatives

« C’est qui qui » : est-ce correct ? Orthographe & alternatives
Publié le 22/05/2026
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⏳ Temps de lecture : 6 minutes

Vous entendez cette formule dans la rue. Un enfant tire la manche de sa mère. Il demande : « C’est qui qui a gagné ? » La phrase fuse. Elle sonne familière. Que signifie-t-elle exactement ? « C’est qui qui » est une manière orale et redondante de demander « qui est-ce qui ». On l’utilise pour identifier une personne parmi d’autres, dans une interrogation directe. Cette construction place deux fois le pronom qui : une fois comme attribut (c’est qui) et une fois comme sujet relatif (qui a gagné). Le cerveau du locuteur natif fusionne deux mécanismes interrogatifs en un seul geste vocal.

Ce qu’il faut retenir

  • « C’est qui qui » relève exclusivement du registre familier oral.

  • À l’écrit, remplacez-le par « qui est-ce qui » ou « qui ».

  • L’apostrophe dans « c’est » est impérative ; les deux « qui » ne varient pas.

  • La redondance est un pléonasme syntaxique venu de l’oral spontané.

  • En contexte professionnel, les alternatives correctes sont obligatoires.

1. Étymologie et apparition dans l’usage oral

Le tour « c’est qui qui » n’est pas récent. Il émerge d’un phénomène bien documenté par les linguistes : la grammaticalisation du clivage oral. À l’écrit, le français aime la phrase canonique : Qui est-ce qui est venu ? Mais la langue parlée réorganise l’information. La forme orale préfère c’est… qui pour mettre en relief le sujet. Le croisement donne « c’est qui qui ». La redondance du pronom relève d’une logique cognitive : le locuteur commence par c’est qui (comme dans c’est qui cette personne ?), puis réintroduit le qui sujet. Cette surcharge est absente du français soutenu, mais elle révèle une façon très naturelle de construire l’interrogation. D’ailleurs, on trouve des traces de ce pléonasme dans les dialogues de romans du XIXᵉ siècle reproduisant la langue du peuple. L’Académie française ne l’a jamais accepté, mais son existence montre la vitalité du génie syntaxique populaire.

2. Orthographe : comment écrire « c’est qui qui » ?

2.1. Règles typographiques : apostrophe, trait d’union et espace

À l’écrit, la formule pose plusieurs défis. L’apostrophe est obligatoire dans c’est (élision du e de ce). On écrit donc « c’est qui qui » et non « c est qui qui ». Les deux qui ne prennent aucun trait d’union. Il s’agit d’une locution figée de l’oral. Si vous souhaitez noter une pause dans un dialogue, vous pouvez insérer une virgule : C’est qui, qui a pris mon stylo ? Mais ce n’est pas une règle fixe. Pour tout doute sur vos tournures, vous pouvez utiliser un correcteur d’orthographe fiable. En résumé, retenez : une apostrophe, trois mots, deux « qui ».

3. « c’est qui qui » est-il correct en français ? Analyse complète

3.1. La redondance syntaxique pointée par les grammairiens

La syntaxe du français standard condamne cette formule. Pourquoi ? Parce que « c’est qui qui » cumule deux interrogatifs inutilement. On obtient une phrase pléonastique : Qui est-ce qui est déjà une périphrase interrogative. Ajouter c’est en tête crée une surcharge. Les grammaires normatives la classent comme « incorrection ». Pourtant, cette incorrection n’est pas absurde. Elle suit une logique d’insistance. Un exemple :

« C’est qui qui veut encore du dessert ? »

La phrase peut sembler lourde, mais le sens passe parfaitement. Le jugement dépend donc du contexte.

3.2. Registre de langue : familier, courant, soutenu

Dans l’échelle des registres de langue, « c’est qui qui » se situe très clairement dans le registre familier, voire populaire. On l’entend dans les cours d’école, les marchés, les conversations détendues. Il est quasiment absent du registre courant soigné et totalement proscrit dans le registre soutenu. Un écrivain, un journaliste, un professeur éviteront ce tour. La bonne nouvelle ? À l’oral, entre amis, il ne choque pas vraiment. Mais à l’écrit, il trahit un manque de maîtrise. Le fossé est net.

3.3. Le sentiment des locuteurs natifs

Interrogez un francophone : souvent, il reconnaît utiliser « c’est qui qui » sans y penser. La perception oscille entre « moche » et « pratique ». Les enfants l’emploient spontanément, preuve que cette tournure obéit à une règle intériorisée, même si elle heurte la norme. Votre oreille est le juge ultime.

4. Quelles alternatives privilégier ? Synonymes et formes recommandées

4.1. « Qui est-ce qui », la forme standard

Le remplacement le plus naturel par une formule correcte est « qui est-ce qui ». Cette locution interrogative s’emploie sans aucune gêne à l’écrit comme à l’oral courant. Elle évite toute redondance avec c’est. Observez la transformation :

« C’est qui qui t’a appelé ? » ➜ « Qui est-ce qui t’a appelé ? »

Le sens est identique, la structure est propre. Un nettoyage express de votre phrase.

4.2. « Qui », l’interrogation directe la plus élégante

Vous pouvez encore simplifier. La question directe avec le seul pronom « qui » en tête est parfaitement claire et élégante. Plutôt que :

« C’est qui qui vient ce soir ? »

préférez :

« Qui vient ce soir ? »

Une élégance immédiate. Cette forme est soutenue sans être guindée. Elle convient à toutes les situations.

4.3. Autres tournures pour interroger sans lourdeur

Voici quelques synonymes interrogatifs utiles :

  • Qui c’est qui : une variante orale, un peu moins redondante, mais toujours familière.
  • Quel est celui qui : utile pour insister sur un choix dans un groupe.
  • La personne qui…, qui est-elle ? : une reformulation en deux temps.

Choisir l’alternative, c’est comme choisir le bon outil pour visser une idée. La précision évite le bruit.

5. Exemples concrets et tableau comparatif

5.1. Phrases correctes et incorrectes illustrées

Rien de tel que des exemples pour fixer la règle. Les voici en situation.

⛔ « C’est qui qui a sonné ? » (forme incorrecte)
✅ « Qui a sonné ? » (forme correcte)
⛔ « Je veux savoir c’est qui qui décide. » (forme incorrecte)
✅ « Je veux savoir qui décide. » (forme correcte)
✅ « Qui est-ce qui a fini le gâteau ? » (forme correcte, registre courant)

À l’écrit, bannissez le premier modèle. À l’oral décontracté, vous l’entendrez sans drame. La maîtrise consiste à adapter le vêtement à la circonstance.

5.2. Tableau comparatif : « c’est qui qui » et ses meilleures alternatives

Forme Registre Acceptabilité à l’écrit Exemple
c’est qui qui familier / populaire refusé C’est qui qui conduit ?
qui est-ce qui courant accepté Qui est-ce qui conduit ?
qui tous (soutenu possible) accepté Qui conduit ?
qui c’est qui familier toléré à l’oral Qui c’est qui vient ?

La leçon du tableau est limpide. Plus la phrase est courte, plus elle gagne en autorité.

6. FAQ : les questions que vous vous posez sur « c’est qui qui »

Peut-on écrire « c’est qui qui » dans un mail professionnel ?

Non. Préférez qui ou qui est-ce qui. L’écrit professionnel exige un registre courant ou soutenu.

D’où vient cette formule ?

Elle provient du croisement entre la phrase clivée c’est X qui et l’interrogation en qui. Les linguistes y voient un pléonasme fonctionnel.

Est-ce que « c’est qui qui » est toujours incorrect ?

En norme standard, oui. Dans la communication orale très relâchée, il est toléré mais jamais valorisé.

Quel est le contraire de « c’est qui qui » ?

Le contraire conceptuel serait une déclaration affirmative : « C’est Pierre qui décide. » L’interrogation disparaît au profit d’une information posée.

7. Traductions de « c’est qui qui » dans d’autres langues

La tournure orale spécifique « c’est qui qui » n’a pas d’équivalent littéral. Mais l’idée d’une redondance interrogative familière existe ailleurs. Voici comment on exprime naturellement « Qui est-ce qui… ? » dans quelques langues, avec le niveau de langue correspondant.

  • Anglais : « Who is it that… ? » (neutre) ou « Who’s the one who… ? » (insistance). Aucune forme redondante comme le français familier.
  • Espagnol : « ¿Quién es el que… ? » (courant). L’équivalent relâché pourrait être « ¿Quién es que… ? » dans certaines régions, mais pas de double qui.
  • Allemand : « Wer ist es, der… ? » (soutenu). Le familier dirait « Wer ist das, der… ? » sans redondance de pronom interrogatif.
  • Italien : « Chi è che… ? » (courant), déjà une forme simplifiée, très proche de « qui est-ce qui ».
  • Arabe dialectal : Des tournures redondantes existent, comme « shkoun li… » (qui qui), qui ressemble étrangement au phénomène français, preuve que le pléonasme interrogatif est universel.

8. Synonymes et contraires de « c’est qui qui »

Synonymes (interrogations correctes pour désigner une personne) :

  • Qui est-ce qui – forme canonique
  • Qui – forme simple
  • Quel est celui qui – distinction parmi plusieurs
  • Laquelle personne (rare) – insistance sur le choix

Contraires (formes non interrogatives ou affirmatives) :

  • Construction affirmative : C’est quelqu’un qui…
  • Négation de l’interrogation : Ce n’est pas qui ? (très rare)
  • Interrogation portant sur la chose : Qu’est-ce que c’est ? (opposition animé/inanimé)

La frontière est nette : « c’est qui qui » interroge l’identité d’une personne, son contraire poserait une identité sans question.