162 classiques de la littérature française

Cette liste de classiques de la littérature française n’a pas de valeur normative. Elle veut surtout donner des idées à des personnes en quête de lectures. 

 

Classiques de la littérature française du Moyen Âge


 

1. La Chanson de Roland | Fin du XIe siècle

Chaque écolier connaît cette épopée de 4002 vers ! Le vaillant Roland et son épée Durendal, à la tête de l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne, est massacré par les soldats du roi Marsile, avec l’aide du traître Ganelon. Qu’importe, Roland reste l’incarnation de l’honneur et du courage devant la bassesse et la filouterie !

 

2. Yvain ou le Chevalier au lion | Chrétien de Troyes | 1177

Chrétien de Troyes n’invente pas la légende du roi Arthur et de ses chevaliers. Mais il invente le mythe du chevalier errant, en quête d’aventures, au service de l’amour ou sur le chemin de Dieu. Yvain doit ainsi reconquérir, avec le secours d’un lion, le coeur de sa compagne Laudine.

 

3. Perceval ou le Conte du Graal | Chrétien de Troyes | 1180 (inachevé)

Perceval, autre chevalier errant, part chercher le Graal dans lequel on aurait recueilli le sang du Christ. La quête est ici religieuse et mène la découverte de soi.

Même s’ils ont été écrits au Moyen Âge, les romans de Chrétien de Troyes se dévorent toujours comme un Alexandre Dumas !

 

4. Le Roman de Renart | 1170 – 1250

Le Roman de Renard est constitué de récits d’auteurs différents racontant la lutte entre Renart (animal que l’on appelait jusque là goupil) et Isengrin le loup. Cette épopée animale est une satire de la société féodale, où les animaux jouent le rôle des hommes (Renart est un baron rusé et malfaisant, le roi Noble est un lion, etc.), et qui eu un énorme succès au Moyen Âge !

 

5. Les Lais | Marie de France | 1160 – 1180

Les Lais de la poétesse Marie de France (active à la fin du XIIe siècle), sont des chansons assez courtes, inspirées des légendes celtes, et marqués par le thème de l’amour, « sentiment inhérent à la nature de l’être« . Le style général joue sur la brièveté et les non-dits.

 

6. Le Roman de la Rose | Guillaume de Lorris & Jean de Meung | Vers 1230 & 1275

Roman en deux parties, première par Guillaume de Lorris et deuxième par Jean de Meung. 21 000 vers, oeuvre la plus citée et la plus lue en ancien français. La première partie du roman est de style courtois, la deuxième aborde avec Jean de Meung de nombreuses questions philosophiques et scientifiques, parfois subversives !

 

7. La cité des Dames | Christine de Pizan | 1405

Christine de Pisan (vers 1365 – 1430) est la première grande polygraphe française. Arrivée très jeune de Venise, fille de l’astrologue du roi Charles V (1364 – 1380), elle est rapidement veuve du secrétaire du roi Étienne de Castel (morte en 1387) et doit assumer la charge de sa famille. Instruite, proche du pouvoir et membre de la couche supérieure de la société, elle dirige un atelier de copistes et bénéficie notamment de commandes princières. Elle produit en parallèle une œuvre abondante et variée, de la poésie au traité militaire. Dans ses écrits, elle critique la misogynie d’un Boccace (1313 – 1375) ou celle que l’on perçoit dans la deuxième partie du Roman de la rose. Dans deux livres, La Cité des dames (publié 1405) et Le Livre des trois vertus ou Trésor de la cité des dames (1405-1406), elle présente le rôle effectif et utile des femmes dans la société française et les introduit sur la scène publique. Femme de la guerre de Cent Ans, elle prend le parti du roi (celui des « vrais Français ») et doit se réfugier dans un monastère après la prise de Paris par les Bourguignons en 1418. Une de ses dernières œuvres est un poème en honneur de Jeanne d’Arc.

 

Classiques de la littérature française de la Renaissance


François Rabelais | Les 150 classiques de la littérature française à avoir lu

8. Gargantua et Pantagruel | François Rabelais | 1532 & 1534

Rabelais n’invente pas ces deux célèbres personnages, dont les noms sont entrés dans le langage commun ! Il fait de Gargantua le père de Pantagruel. Ces deux géants ne sont pas que de gros gourmands impétueux, mais aussi des rois puissants qui apprennent à gouverner pacifiquement ! On ne peut passer à côté de ces classiques de l’humanisme français.

 

9. Les Regrets | Joachim du Bellay | 1558

Joachim du Bellay (1522 – 1560), avec les autres poètes du mouvement de La Pléiade, veut imiter les formes italiennes de Pétrarque (le sonnet) et fait un effort pour enrichir la langue française. Dans Les Regrets, Du Bellay n’hésite pas à exprimer ses sentiments personnels, dans des élans lyriques qui disent la douleur de l’éloignement avec sa mère patrie. Il y fait en outre la satire de la société romaine où il réside alors.

 

10. L’Heptaméron | Marguerite de Navarre | 1559

L’Heptaméron est une œuvre imposante, bien qu’inachevée, composée de 72 nouvelles et devis (entretiens, discussions) sur le modèle du Décaméron de Boccace (1313 – 1375). Marguerite de Navarre (1492 – 1549), sœur de François Ier (règne de 1515 à 1547), y décrit de manière indirect le XVIe siècle français, dénonce l’hypocrisie et les pulsions amoureuses des hommes, etc.

Le texte de l’Heptaméron, en français du XVIe siècle, peut être trouvé à cette adresse

 

11. Essais | Michel de Montaigne | 1580

Grand classique de la littérature française, monument célèbre et lu (malgré sa mise à l’Index jusqu’en 1945), les Essais sont, par bien des aspects, novateurs : par leur forme expérimentale (des notes de lecture), la liberté de l’écriture et la familiarité de leur ton. Fruits de 20 années de pensées, on trouve dans ces causeries de Montaigne, bourrées de références antiques, tout un siècle : celui de l’humanisme.

 

Classiques de la littérature française du XVIIe siècle


 

12. L’Astrée | Honoré d’Urfé | 1607 – 1627

Le grand roman de la tradition pastorale ! En Gaule, au Veme siècle, dans un cadre bucolique, le berger Céladon et la bergère Astrée, de familles ennemies, se livrent à leurs « amours », c’est-à-dire à une amitié raisonnable loin des plaisirs charnels. De nombreuses autres intrigues émaillent ses 5000 pages. Un classique de la littérature française qui mérite plus qu’une mention dans les manuels de français !

 

13. Les Tragiques | Agrippa d’Aubigné | 1615

Aggripa d’Aubigné (1552 – 1630) est un protestant, pétri de culture antique mais surtout biblique, et traumatisé par les violences des guerres de Religion. Les Tragiques, poème épique, dénoncent en VII chants les souffrances de ses coreligionnaires, critiquent les Valois et appellent la colère divine ! Passionné, passionnant et déchirant !

 

14. Le Cid | Pierre Corneille | 1637

« La valeur n’attend point le nombre des années », « O rage ! O désespoir ! O vieillesse ennemie ! », « À vaincre sans périls, on triomphe sans gloire »…est-ce Le Cid qui est une oeuvre de la langue française ou la langue française qui est une oeuvre du Cid ? À relire bien sûr, ou à lire pour la première fois, chenapan !

 

15. Clélie | Madeleine de Scudéry | 1654 – 1660

Oubliez Les Précieuses ridicules de Molière ! Parce qu’on s’est tant moqué du style précieux, on se refuse d’aimer Scudéry. Ce serait passer à côté de la finesse d’analyse des subtilités du coeur humain (dont la fameuse carte du Tendre) par une des premières militantes féministes de notre histoire !

 

16. L’École des femmes | Molière | 1662

Horace vient contrecarrer les plans d’Arnolphe qui pensait épouser l’innoncente Agnès sans jamais devenir cocu. Cette pièce novatrice de Molière élève la comédie à la dignité de la tragédie en évoquant des questions graves comme la place de la femme dans la société, en présentant des personnages complexes, en abordant les questions morales de son temps, etc. Un grand succès qui a suscité une grande querelle.

 

17. Maximes | François de La Rochefoucauld | 1664

Exprimer des maximes, c’est-à-dire de courtes réflexions piquantes, est au départ un jeu de salon. La Rochefoucauld en fait un genre littéraire où il exprime son pessimisme quant à la nature humaine.

 

18. Dom Juan ou le Festin de pierre | Molière | 1665

Dom Juan, l’homme qui défie le ciel ! Assurément, cette pièce jure dans le répertoire de Molière. Elle fut d’ailleurs officieusement censurée. Il faudra attendre la moitié du XIXe siècle pour que la Comédie-Française la joue de nouveau ! Il y a en effet matière à scandale. Ce révolté, qui multiplie les conquêtes amoureuses, refuse de se repentir et finit par subir le châtiment divin…sans qu’il soit vraiment condamné.

 

19. Andromaque | Jean Racine | 1667

Les passions des hommes si faibles abandonnés par Dieu et soumis à leur destin. Ah, tragique condition humaine ! Andromaque va-t-elle épouser Pyrrhus pour sauver son fils Astyanax, ou restera-t-elle fidèle à son époux défunt Hector ?

 

20. Fables | Jean de La Fontaine | 1668 – 1694

Cette liste ne pouvait pas passer à côté de ce grand classique de la littérature française. Les morales de bon sens de La Fontaine sont désormais proverbiales. 

 

21. Tartuffe | Molière | 1669

Le faux-dévot Tartuffe, par son hypocrisie, est un véritable danger social ! La pièce fit scandale et fut interdite suite à l’action du parti dévot. Tout une époque, mais aussi un thème d’actualité, comme en témoigne l’entrée du mot Tartuffe dans le langage courant.

 

22. Oraisons funèbres | Jacques-Bénigne Bossuet | 1669 – 1687

L’évêque de Meaux prononce ces oraisons à l’occasion de la mort de personnages célèbres, comme Henriette de France ou le Condé. Par un langage simple, des images frappantes, il veut marquer les imaginations et souligner la vanité de l’existence. Un sommet du style Grand Siècle.

 

23. Pensées | Blaise Pascal | 1669

L’homme, « un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout ». Il est misérable et a tout à gagner à parier sur l’existence de Dieu. Ce pilier de la littérature française est en effet une collation de papiers préparatoires à la rédaction d’une apologétique de la religion chrétienne.

 

24. Le Malade imaginaire | Molière | 1674

Angélique sera-t-elle mariée au vieux médecin, quand son père Argan, malade imaginaire, l’y pousse, alors qu’elle aime Cléante ? Le Malade imaginaire est LA grande comédie de caractère et de moeurs de Molière. Le rire ? Un moyen de corriger les vices de l’homme.

 

25. L’Art poétique | Nicolas Boileau | 1674

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement – Et les mots pour le dire arrivent aisément. » L’oeuvre de Nicolas Boileau a de multiples facettes, où domine celle du théoricien du classicisme, grand styliste dont l’art se fonde sur la rigueur, le travail et la clarté.

 

26. Phèdre | Jean Racine | 1677

Vantée par l’auteur précédent dans sa VII Épitre. Phèdre, une pièce maîtresse de Racine, met en scène la passion interdite, que vient sceller le crime puis couronner la culpabilité.

« Tu vas ouïr le comble des horreurs.
J’aime…à ce nom fatal, je tremble, je frissonne. »

 

Pourraient aussi figurer sur cette liste Britannicus (1669), Bérénice (1670), Iphigénie (1674)…

 

27. La Princesse de Clèves | Marie-Madeleine de La Fayette | 1678

L’archétype du roman classique, tant admiré par l’un de nos présidents…Mademoiselle de Chartres, le duc de Nemours, des noms qui font encore écho dans notre esprit. Ici, l’héroïne est toute de grandeur classique : résistance face aux passions pour leur préférer une vertu sacrificielle.

 

28. Les Caractères | Jean de La Bruyère | 1688

L’art de formule tranchante, du portrait railleur, dans la veine des Maximes de La Rochefoucauld, pour dénoncer tout ce qu’il y a de mauvais dans ce monde.

« C’est une grande misère que de n’avoir pas assez d’esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire. »

 

29. Les aventures de Télémaque | Fénelon | 1699

L’évêque de Cambrai, grand pédagogue, reprend l’épopée homérique dans ce roman qui eut un immense succès ! Ce plaidoyer contre la monarchie absolue est-il une première lueur des Lumières qui viennent ? Ou Fénelon est-il un auteur « réactionnaire » ? Comme souvent, on est l’un en voulant être l’autre. 

 

Classiques de la littérature française du XVIIIe siècle


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Dans le Salon de Madame Geoffrin en 1755, Gabriel Lemmonnier, 1812 | Wikimedia Commons | Les 150 classiques de la littérature française à avoir lu !

 

30. Gil Blas de Santillane | Alain-René Lesage | 1715 – 1735

Ce roman picaresque à la française raconte les aventures d’un jeune débrouillard errant. Un genre, satirique, usant de la parodie et de l’humour, que l’on a peu l’habitude de lire aujourd’hui.

 

31. Mémoires | Cardinal de Retz | 1717

Un homme du Grand Siècle, mais dont les mémoires ne sont publiées qu’au siècle suivant. Ces mémoires retracent toute une époque, celle de la Fronde ! Amoureux de la politique, des portraits féroces et cyniques, précipitez-vous !

 

32. Lettres persanes | Montesquieu | 1721

Le siècle des romans épistolaires commence en 1721 ! Derrière les échanges d’Usbeck et Rica se dessine une critique des moeurs de ce XVIIIeme siécle naissant, mais aussi tout le programme des Lumières : critique de l’arbitraire royal, de l’intolérance religieuse, plaidoyer pour la modération, réflexion sur la condition féminine…Un programme toujours en devenir. 

 

33. Lettres | Madame de Sévigné | 1725

Une écriture naturelle, car ces Lettres ne sont pas une entreprise littéraire, mais une correspondance marquée par l’absence déchirante de sa fille. Mais le style de Madame de Sévigné (1626 – 1696), la « Pétrarque des lettres françaises » selon le mot de Lamartine, n’en est pas moins devenue un modèle de style pour ses successeurs. Madame de Sévigné a vécu au XVIIe siècle, mais ses lettres ont été publiées au siècle suivant.

On trouvera des lettres choisies ici. 

 

34. Le Jeu de l’amour et du hasard | Marivaux | 1730

Deux amants ont la même idée : prendre la place de leurs domestiques pour tester examiner leur homologue. « Marivaudage », double-registre, l’amour triomphe des masques !

 

Ne pas oublier non plus L’Île des esclaves (1725).

 

35. Manon Lescaut | L’abbé Prévost | 1731

Manon Lescaut est avant tout le spectacle d’un ravage : celui de la passion destructrice. Des Grieux est condamné à aimer une fille amorale. Telle est la condition humaine : expérimenter la passion, qui est ici vécue à la première personne. Un roman dont la lecture affecte durablement l’esprit. 

 

36. Mémoires | Louis de Rouvroy de Saint-Simon | Écrits de 1739 à 1750


« Il faut vivre Saint-Simon […] Personne, sauf Montaigne, n’a eu cette lame en pointe, cette encre noire. La plume de notre duc trouait la feuille. Il « assenait » (le terme est de lui) ses regards. » Jean Cocteau résume en ces mots ce colossal classique de la littérature française. 

 

37. Zadig ou la Destinée | Voltaire | 1747

Un conte oriental doublé d’un conte philosophique, une lecture où la question de la Providence se dessine déjà : faut-il se soumettre aux caprices du destin ? Ou faut-il conquérir la liberté ? 

 

38. Candide ou l’Optimisme | Voltaire | 1759

« Le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice, et le besoin. » En dépit d’un monde de malheurs, où nous ne pouvons pas nous résoudre à nous résigner à l’optimisme de Leibniz, il y a un espoir, « cultiver notre jardin ». La vie est a ses satisfactions, modestes mais bien réelles.

 

39. Julie ou la Nouvelle Héloïse | Jean-Jacques Rousseau | 1761

Le premier roman romantique ? Rousseau exalte les amours de Saint-Preux et de Julie d’Étanges, raconte le conflit entre passion et vertu, magnifie la nature…Un roman oublié de Jean-Jacques, qui eut pourtant une influence considérable ! 

 

40. Le Neveu de Rameau | Denis Diderot | 1762 – 1773

Ni roman, ni pièce de théâtre, un dialogue qui exemplifie le sens de la liberté de Diderot. Cette discussion entre le neveu du musicien Rameau, un cynique sympathique, ressemblant à Diderot, versus Diderot philosophe, nous plonge au coeur du Diderot intérieur. 

 

41. Le Paysan perverti et La Paysanne pervertie | Nicolas Restif de La Bretonne | 1775 & 1785

La grande originalité du libertin Restif de La Bretonne est de décrire les basses classes de l’intérieur. Ces deux paysans découvrent les excès de la vie parisienne et ses perversités. Un auteur qui est aujourd’hui redécouvert !

 

42. Le Barbier de Séville | Pierre – Augustin Caron de Beaumarchais | 1775

Beaumarchais fait un théâtre offensif de satire sociale. On le sait. Mais on sait moins que Beaumarchais, cet homme d’affaire repenti, a voulu faire de son théâtre un art total qui mélange tous les genres : comique, fantaisie, réalisme, etc. D’où le génie de ses pièces.

 

43. Jacques le Fataliste | Denis Diderot | 1778

L’homme est-il est libre ou doit-il se soumettre à sa destinée ? Encore une fois, Diderot se joue des conventions : il n’hésite pas à interpeller son lecteur et à intervenir au cours de cet « anti-roman ».

 

44. Les Liaisons dangereuses | Pierre Choderlos de Laclos | 1782

Difficile de trouver un lycéen en France qui n’ait pas lu Les Liaisons dangereuses. Ce fait permet de classer d’emblée le plus célèbre des romans épistolaires français dans ces classiques de la littérature française. Si vous ne les connaissez pas, courez vous acoquiner à lire les échanges cyniques de Valmont et Merteuil !

 

44 bis. Les Confessions | Jean-Jacques Rousseau | 1782 & 1789

Cette autobiographie novatrice laïcise le genre : Rousseau s’adresse et justifie sa vie aux yeux des hommes. Du saint Augustin moderne ! Il donne son programme dans son incipit : 

« Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple, et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi. »

 

45. Le Mariage de Figaro | Pierre – Augustin Caron de Beaumarchais | 1784

« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. », « Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer. », « Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. » Un brûlot contre la noblesse, à lire, relire et à appliquer. 

 

46. Paul et Virginie | Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre | 1788

Bernardin de Saint-Pierre, grand voyageur, est aussi un ami et disciple de Rousseau. Paul et Virginie est marqué par les grands thèmes de la pensée rousseauiste : amour de la nature, éloignement de la civilisation, bonheur simple…

 

Classiques de la littérature française du XIXe siècle


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Le Voyageur contemplant une mer de nuages, Caspar David Friedrich, 1818 | Wikimedia Commons | Les 150 classiques de la littérature française à avoir lu !

 

47. Mémoires d’outre-tombe | François-René de Chateaubriand | 1803 – 1841

On se fait une fausse idée de Chateaubriand, et il n’y est pas pour rien. Il est vrai, Chateaubriand est le premier grand romantique français, l’homme mélancolique, obsédé par le temps qui passe et affecté par le mal du siècle. François-René est aussi un grand mystificateur, mais un mystificateur de génie au style magnifique. Dans cette oeuvre, il ne se contente pas de raconter le passé, mais de le recréer et de faire de sa vie un destin : il n’est pas seulement un spectateur de l’histoire, mais un acteur. 

 

48. Corinne | Germaine de Staël | 1807

La fille de Necker ne peut être réduite à ses amours avec Benjamin Constant ! Dans ce livre, elle laisse s’exprimer son engagement féministe : une femme de génie peut-elle s’épanouir dans une société pleine de préjugés ? 

 

49. Adolphe | Benjamin Constant | 1816

Les amours de l’auteur avec la précédente. L’oeuvre littéraire de Constant semble bien pauvre (en quantité) par rapport à son apport à la pensée politique. Mais ne vaut-il pas mieux écrire un seul grand roman plutôt que dix de ratés ? 

« Il y a des choses qu’on est longtemps sans se dire, mais quand une fois elles sont dites, on ne cesse jamais de les répéter. »

 

50. Iambes | André Chénier | 1819

« Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques. » André Chénier, le poète cher à M. Gillenormand dans Les Misérables, veut faire une poésie digne des Anciens. Avant d’être exécuté par la Révolution, il écrit Iambes, des poèmes satiriques contre la Terreur. Peut être admiré au XXIe siècle sans être contre-révolutionnaire .

 

51. Les Méditations poétiques | Alphonse de Lamartine | 182

« Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,
            Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
            Des plus beaux de nos jours ! »
Le poème Le Lac, justifierait à lui seul de lire ce recueil si typique du romantisme français. Un vrai classique de la littérature française dont la réputation d’oeuvre vieillie n’est absolument pas justifiée. Absolument pas.

 

52. Le Rouge et le Noir | Stendhal | 1830

Personne ne sera étonné de retrouver ce roman abhorré par nombre de collégiens qui se demandent pourquoi on leur en inflige la lecture. Les plus adultes ne sont pas moins nombreux à justifier avec un rictus leur détestation de ce pavé. Le style code civil de l’auteur terrasse. Mais comme disait Stendhal ( à la fin de La Chartreuse de Parme cependant) : « To the happy few. » 

 

53. Hernani | Victor Hugo | 1830

On connaît Hugo romancier, Hugo poète mais moins Hugo dramaturge. Pourtant, cette pièce, célébrissime, censurée avant même sa représentation, donna lieu à une vraie bataille entre les « modernes » et les « classiques » ! Hernani, qui consacre le drame romantique, abandonne les fameuses unités de lieu et de temps, préfère la prose aux vers, etc.

 

54. Notre-Dame de Paris | Victor Hugo | 1831

Vous connaissez probablement le dessin animé de Disney, ou la comédie musicale et ses chansons qui ne veulent pas sortir de votre tête (« Il est venu le temps des cathédrales ! »). Mais avez-vous lu ce roman gothique classique ? Ce combat hugolien entre le généreux Quasimodo et le vicieux Frollo ! Il faut lire, de toute façon, tout Hugo. 

 

55. La Fée aux miettes | Charles Nodier | 1832

Charles Nodier est un vrai romantique, un passéiste, un homme qui n’aime pas l’univers du progrès industriel triomphant. Son refuge ? Le rêve, l’imaginaire. Si vous souhaitez accompagner Nodier dans ses magnifiques évasions, lisez ses fantastiques contes !

 

56. Le Père Goriot | Honoré de Balzac | 1834

Le Père Goriot, la fameuse porte d’entrée de La Comedie humaine. Ce roman est celui de l’abandon d’un vieillard dans une pension par ses deux filles ingrates. Ce roman est surtout celui d’une ambition naissante, celle de Rastignac. À nous deux, Paris !

 

57. Volupté | Sainte – Beuve | 1834

Attaqué par Hugo (« Sainte-Bave ») et par Proust, Sainte-Beuve ne laisse que l’image d’un fâcheux à ceux qui n’ont pas pris le temps de s’intéresser à lui, prêt à démolir la carrière du premier scribouillard qui prétenderait mener une carrière d’écrivain. Image trompeuse, bien sûr, bien trompeuse, comme en témoigne Volupté, transcription des amours de l’auteur avec la femme d’Hugo !

 

58. Lorenzaccio | Alfred de Musset | 1834

Inspiré par son séjour dans l’Italie des Médicis avec George Sand, Musset a écrit ici une pièce complexe où les personnages et les actions sont multiples. Qu’importe, tout culmine dans le destin aussi superbe que vain de Lorenzo !

 

59. On ne badine pas avec l’amour | Alfred de Musset | 1834

Dans Lorenzaccio comme dans On ne badine pas avec l’amour, Musset garde une grande liberté d’écriture : on assiste plus à une succession de tableaux que d’actes. Là encore, le jeu des masques est dénoncé : le paraître qui libère finit par se confondre avec l’être.

 

60. Chatterton | Alfred de Vigny | 1835

Une pièce qui voudrait justifier à elle seule l’existence du ministère de la Culture. Le société ne laisse aucune place au génie d’un poète qui ne peut se permettre de se soucier de considérations mercantiles. Un drame romantique qui insuffle dans la conscience nationale le sentiment qu’il faut lever les obstacles à la création artistique.

 

61. La Confession d’un enfant du siècle | Alfred de Musset | 1836

Musset et ses amours avec George Sand transposés dans ce roman autobiographique. Le roman vaut aussi pour son incipit, où l’analyse du mal-être d’une jeunesse post-révolutionnaire en proie au scepticisme prend aujourd’hui des accents particuliers . 

 

62. Illusions perdues | Balzac | 1837 – 1843

Un écho au livre précédent. L’histoire des revers de Rubempré donne à Balzac l’occasion de produire ce qui est peut-être son maître-livre. Illusions perdues recrée toute une société, celle de la jungle parisienne du début du XIXe siècle. Un classique de la littérature française encore plus classique que les autres. 

 

63. La Chartreuse de Parme | Stendhal | 1849

Le style de Stendhal refroidit moins les contempteurs dans La Chartreuse de Parme. Pourquoi ? Pour l’Italie ; l’amour que lui portait Stendhal s’y sent. Pour son ironie mordante, ses interventions incessantes. Pour Fabricio à Waterloo.

 

64. Les Mystères de Paris | Eugène Sue | 1842 – 1843

Certes, on lui a reproché son optimisme un peu béat, la psychologie un peu simple de ses personnages. Mais on ne lui reprochera plus rien du tout : Eugène Sue et ses Mystères de Paris sont tombés au fin fond d’une grotte étroite de l’histoire de la littérature française. Pourtant, ce roman-feuilleton a eu une succès gigantesque au XIXe siècle, annonçant l’avènement de la culture de masse. Derrière ses noires intrigues, une préoccupation : celle du progrès social des ouvriers, prostituées et autres misérables qui peuplent les grandes villes.

 

65. Le comte de Monte-Cristo | Alexandre Dumas | 1844

Un grand roman d’aventure, doublé d’un roman historique (Empire, Restauration), triplé d’un roman métaphysique (Monte-Cristo, 33 ans, main vengeresse de Dieu). En faut-il plus pour vous convaincre de lire ce grand classique de la littérature française ? 

 

66. Les trois Mousquetaires | Alexandre Dumas | 1844

Tellement classique que certains n’ont pas envie de l’ouvrir. Oui, on a en effet l’impression de l’avoir lu avant même de le lire. Cette impression est trompeuse. Cette lecture boulverse. On y entre méfiant, on en sort passionné. 

 

67. Carmen | Prosper Mérimée | 1845

Comment rendre exotiques des régions qui nous sont bien connues ? Tel est l’exploit de Mérimée. Des coutumes et des superstitions, on arrive rapidement au fantastique, dans un style sec et vigoureux. 

 

68. La Mare au diable | George Sand | 1846

Contrairement à Balzac, George Sand se veut l’avocate volontariste d’une réconciliation sociale. La nature de La Mare au diable adoucit le réel. Sand y célèbre la vie aux champs. Le roman idéaliste en somme.

« L’art n’est pas une étude de la réalité positive, c’est une recherche de la vérité idéale. »

 

69. La Dame aux camélias | Alexandre Dumas fils | 1851

Les nombreuses adaptations au théâtre (par l’auteur lui-même), à l’opéra ( La Traviata) ou au cinéma ( Le Roman de Marguerite Gautier avec la divine Greta Garbo) ont fait oublier ce roman pourtant formidable et admiré par les plus grands !

 

70. Les Chimères | Gérard de Nerval | 1854

Nerval est le romantique du rêve, de la folie, des hallucinations, du mystère. Le lire, c’est essayer de vivre avec lui une expérience qui s’aventure au-delà du réel !

 

71. Les Contemplations | Victor Hugo | 1856

Les poèmes de l’exil. Les poèmes d’un homme en deuil, qui souffre de la perte de Léopoldine, sa fille. Le lyrisme personnel, mais aussi la sensibilité aux grandes questions qui agitent la société. 

 

La Légendes des siècles (1859 – 1883) aurait bien sûr sa place ici.

 

72. Madame Bovary | Gustave Flaubert | 1857

Il est là, dans les lycées, dans les collèges, dans les mains de la jeunesse effrayée par ses centaines de pages de développements…Le plus célèbre roman de l’homme du style, un roman de l’échec d’une vie érigée en classique de la littérature française. 

 

73. Les Fleurs du mal | Charles Baudelaire | 1857 & 1861

« Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l’une vers Dieu, l’autre vers Satan. L’invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade ; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre. »

 

74. Les Malheurs de Sophie | Comtesse de Ségur | 1858

Deuxième tome d’une trilogie (avec Les Petites Filles modèles et Les Vacances), Les Malheurs de Sophie, publié dans la bibliothèque rose illustrée, est le plus célèbre roman pour enfants de la Comtesse de Ségur (1799 – 1874). Il narre les aventures, d’inspiration autobiographique, d’une jeune fille têtue, Sophie, qui multiplie les bêtises, et qui finit par être punie. Chaque histoire se termine par une morale.

Peut être lu en ligne ici.

75. Le Roman de la momie | Théophile Gautier | 1858

« Le magicien ès lettres françaises » (selon Baudelaire) livre ici un roman qui précède son propre voyage. Qu’importe, Gautier a l’art de faire renaître dans un style magnifique les époques perdues. 

 

76. Les Misérables | Victor Hugo | 1862

Bon, est-il bien nécessaire de présenter cette tête de proue de la littérature française ? Peut-être. Ses milliers de page peuvent dissuader. Elles ne le doivent pas. Les événements relatés dans Les Misérables appartiennent plus à l’histoire de France que certains événements réels.

 

77. Poèmes barbares | Charles Leconte de Lisle | 1862

Le poète est né sur l’île de la Réunion et cela se sent. Le chef de l’école parnassienne a développé un art rigoureux admiré par ses contemporains, qui puise dans l’Antique son idéalisme détaché du présent, qui exalte les formes et fusionne les cultures.

 

78. Voyage au centre de la Terre | Jules Verne | 1864

« La science est faite d’erreurs , mais d’erreurs qu’il est bon de commettre, car elles mènent peu à peu à la vérité. »

 

79. Poèmes saturniens | Paul Verlaine | 1866

« Nature, rien de toi ne m’émeut, ni les champs
Nourriciers, ni l’écho vermeil des pastorales
Siciliennes, ni les pompes aurorales,
Ni la solennité dolente des couchants.

Je ris de l’Art, je ris de l’Homme aussi, des chants,
Des vers, des temples grecs et des tours en spirales
Qu’étirent dans le ciel vide les cathédrales,
Et je vois du même oeil les bons et les méchants.

Je ne crois pas en Dieu, j’abjure et je renie
Toute pensée, et quant à la vieille ironie,
L’Amour, je voudrais bien qu’on ne m’en parlât plus.

Lasse de vivre, ayant peur de mourir, pareille
Au brick perdu jouet du flux et du reflux,
Mon âme pour d’affreux naufrages appareille.

 

80. L’Éducation sentimentale | Gustave Flaubert | 1869

Autre roman de l’échec, et échec commercial de surcroît.

« Rien n’est plus humiliant comme de voir les sots réussir dans les entreprises où l’on échoue. »

 

81. Les Chants de Maldoror | Lautréamont | 1869

« Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve sans se désorienter, son chemin abrupte et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poisons. » Vous êtes prévenu : suivre les pas de Maldoror, c’est se laisser emporter dans une épopée du mal. Une oeuvre inclassable.

 

82. Poésies | Arthur Rimbaud | 1870 – 1886

« J’ai de mes ancêtres gaulois l’oeil bleu blanc, la cervelle étroite, et la maladresse dans la lutte. Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne beurre pas ma chevelure.

Les Gaulois étaient les écorcheurs de bêtes, les brûleurs d’herbes les plus ineptes de leur temps.

D’eux, j’ai : l’idolâtrie et l’amour du sacrilège ; – Oh ! tous les vices, colère, luxure, – magnifique, la luxure ; – surtout mensonge et paresse.

J’ai horreur de tous les métiers. […] »

 

83. Le tour du monde en quatre-vingt jours | Jules Verne | 1872

Philéas Fogg, aidé de Passepartout, réussira-t-il son pari de faire le tour du monde en quatre-vingt jours ? Il semble que vous ayez déjà la réponse…Un témoignage de la foi des hommes du XIXe siècle dans la science et dans le progrès. Avant que son auteur ne sombre lui même dans l’inquiétude et le pessimisme. 

 

84. Les Diaboliques | Jules Barbey d’Aurevilly | 1874

Barbey d’Aurevilly essaiera de vous montrer que oui, le surnaturel existe toujours dans notre monde moderne. Si vous souhaitez lire un auteur au style déroutant, attiré par Satan, dirigez-vous vers ce recueil de nouvelles !

 

85. L’Assommoir | Émile Zola | 1876 – 1877

Rarement trouve-t-on un titre qui donne une si bonne idée du tempérament d’un livre. Un procès-verbal sur les ravages de l’ivrognerie. Un alambic comme figure centrale.

 

86. Contes cruels | Philippe-Auguste Villiers de L’Isle-Adam | 1883

Combien la contemption du monde moderne donne d’écrivains ! Aussi Villiers de L’Isle-Adam, de vieille souche aristocratique, tourne-t-il en dérision la sottise contemporaine, l’amour de l’argent, le progrès et toutes ces choses modernes. Avec un humour noir loin d’être déplaisant. 

 

87. Au bonheur des Dames | Émile Zola | 1883

L’histoire du grand magasin, l’un des visages du grand bouleversement économique sous le IIe Empire et de son patron Octave Mouret, dans lequel on pourrait reconnaître Boucicaut.

 

88. À rebours | Joris-Karl Huysmans | 1884

Huysmans est passé de Zola à Barbey d’Aurevilly. Ainsi pourrait on résumer grossièrement l’itinéraire spirituel du géniteur de des Esseintes, le décadent, l’homme du « mal fin de siècle ». « Un mal début du siècle » si l’on en croit Houellebecq.

 

89. Bel-Ami | Guy de Maupassant | 1885

Un classique de la littérature française que l’on peut lire en une nuit blanche hallucinée : l’ascension de la « crapule » Duroy happe tout l’esprit du lecteur. Duroy est tout ce qu’il y a de mauvais dans la nature humaine, mais ne fascine-t-il pas plus qu’il ne dégoûte ? 

 

90. Pêcheur d’Islande | Pierre Loti | 1886

Quand l’époque propose surtout le naturalisme crasseux et hideux, Loti vient avec l’aventure et l’exotisme. Pêcheur d’Islande nous envoûte dans un paysage singulier, mais ne nous trompons pas : il y a de la mélancolie derrière ces décors, celle d’un exilé qui finit étranger à lui-même. 

 

91. Le Désespéré | Léon Bloy | 1887

Le dernier décadent de notre liste, après Barbey d’Aurevilly, Villiers de l’Isle-Adam et Huysmans. Ce roman nouvellement réédité vaut pour son style aussi riche que violent et pour le caractère réactionnaire et révolté, c’est-à-dire très exotique aujourd’hui, de son héros, Caïn Marchenoir.

 

92. Germinal | Émile Zola | 1885

Un roman à plusieurs dimensions, mais le grand roman politique de Zola. Un passage obligé pour toute personne désirant se faire une culture littéraire. Un classique parmi les classiques de la littérature française. 

 

93. Les Complaintes | Jules Laforgue | 1885

Il est drôle d’apprendre que Montevideo a vu naître trois de nos plus grands poètes, Lautréamont, Laforgue et Supervielle. Les deux premiers sont morts jeunes, à 24 et 27 ans. L’oeuvre de Laforgue ne se place pas sous le signe du mal, mais de l’ennui, de la tristesse, comme le titre de ce recueil, Les Complaintes, le laisse entendre.

 

94. Poésies | Stéphane Mallarmé | 1887

Admirateur de Baudelaire, l’oeuvre de Mallarmé est, ne mentons pas, difficile d’accès. En quête d’absolu, il vit sa poésie comme une véritable aventure métaphysique, au mépris même de sa santé. Êtes-vous prêt à affronter sa densité ?

 

95. Les Trophées | José-Maria de Heredia | 1893

118 poèmes à la gloire du sonnet ! De Heredia retrace dans Les Trophées l’histoire de l’humanité, en passant par les Grecs, Rome, le Moyen Âge, la Bretagne et surtout, les Conquistadores dont il descend !

 

96. Poil de Carotte | Jules Renard | 1894

Les roux doivent le maudire ! À tort. Poil de Carotte, roman autobiographique, est teinté d’une vive sensibilité derrière un humour froid mais lucide sur la nature humaine.

« Dès qu’on nous embrasse, il est bon de prévoir tout de suite l’instant où nous serons giflés. »

 

97. Ubu roi | Alfred Jarry | 1896

Ce qui était au départ une farce de Jarry et de ses camarades de lycée est devenu cette pièce qui annonce par certains aspects le surréalisme, l’absurde, et peut-être, par Ubu, les crimes du XXe siècle.

 

98. Cyrano de Bergerac | Edmond Rostand | 1897

L’un des derniers dramaturges romantiques, mais très singulier : existe-t-il une autre pièce qui peut prétendre incarner si bien le sentiment national et le panache à la française ?

 » Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non ! non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! « 

 

Classiques de la littérature française du XXe siècle : l’âge des extrêmes


classiques de la littérature française du XXe siecle

Les 150 classiques de la littérature française à avoir lu !

 

99. Les nourritures terrestres | André Gide | 1897

Un livre qui eut une influence considérable (dans sa deuxième édition de 1927). Les nourritures terrestres, oeuvre orientaliste et biblique, est un manuel sur l’art de goûter à la vie. Mais ce n’est pas un appel matérialiste, plutôt une apologie d’une morale du renoncement, du dénuement qui mène à la liberté !

 

100. Les Déracinés | Maurice Barrès | 1897

Le roman d’une génération, oublié aujourd’hui. Et pourtant :

« Je sais bien que M. Zola est un grand écrivain ; j’aime son œuvre qui est puissante et belle. Mais on peut le supprimer de son temps par un effort de pensée ; et son temps sera le même. Si M.Barrès n’eût pas vécu, s’il n’eût pas écrit, son temps serait autre et nous serions autres. Je ne vois pas en France d’homme vivant qui ait exercé, par littérature, une action égale ou comparable. »

Qui ? Léon Blum.

 

101. Journal d’une femme de chambre | Octave Mirbeau | 1900

Un livre transposé de nombreuses fois au théâtre et au cinéma (Renoir, Buñuel…), mais un collégien ou un lycéen pourrait passer à côté sans jamais en avoir entendu parler. Pourtant, Mirbeau est un auteur révolté, qui met toute sa verve au service de la dénonciation des antagonismes sociaux, ici entre maîtres et domestiques.

 

102. Claudine à l’école | Colette | 1900

Claudine à l’école est une introduction à l’œuvre très riche de Colette (1873 – 1954), figure importante du monde intellectuel de son temps, restée dans les mémoires pour sa liberté et son anticonformiste. Elle y compte, dans un style neuf, presque parlé, à partir de ces souvenirs, l’histoire d’une adolescente de quinze dans une école de campagne, à l’âge où les facéties de l’enfance cèdent peu à peu aux voluptés de l’âge adulte.

 

103. Jean-Christophe | Romain Rolland | 1904 – 1912

Romain Rolland, l’homme de la justice universelle et de la communion entre les hommes, a écrit un roman singulier, un roman musical composé comme une symphonie, mais aussi un roman-fleuve historique qui décrit l’Europe en marche vers la guerre de 1914.

 

104. Le Grand Meaulnes | Alain-Fournier | 1913

Ah ! Ah ! L’atmosphère féerique de la Sologne du Grand Meaulnes ! Ah ! Ce paradis perdu où la recherche de l’absolu était possible. Un auteur fauché, comme Péguy, au début de la Première Guerre. 

 

105. À la recherche du temps perdu | Marcel Proust | 1913 – 1927

Non pas seulement faire renaître un passé perdu, mais le recréer teinté d’une vision singulière du monde. Un classique de la littérature mondiale, un sommet de la littérature du XXe siècle. 

 

106. Alcools | Guillaume Apollinaire | 1913

L’esthétique totalement nouvelle des poèmes d’Apollinaire traduit une ambition : que la poésie s’empare du monde moderne. Mais Alcools est aussi le recueil d’un « mal-aimé »…

 

107. Le Feu | Henri Barbusse | 1916 / Les Croix de bois | Roland Dorgelès | 1919

Le journal d’une escouade, qui vaut pour la retranscription fidèle « du parler » des soldats dans les tranchées.

 

Les Croix de bois (1919), de Roland Dorgelès, est un autre grand roman français de la Première Guerre, qui livre un témoignage des horreurs cachées de la guerre et qui est, de fait, un plaidoyer pacifiste. 

 

108. Les Thibault | Roger Martin du Gard | 1920 – 1944

Oeuvre de facture classique mais très documentée et qui ne se refuse pas à aborder des thèmes modernes, ce roman retrace à travers les déchirements d’une famille l’histoire de la France d’avant 1914.

 

109. Le Diable au corps | Raymond Radiguet | 1923

Talent précoce, éternellement jeune, Radiguet a voulu égaler les grands classiques dans l’analyse des complexités du sentiment amoureux. Cette oeuvre a choqué par les thèmes sulfureux qu’elle aborde, et que nous vous laissons découvrir ! 

 

110. Les Faux-monnayeurs | André Gide | 1925

Une mise en abyme : un roman dans lequel un personnage veut écrire un roman nommé Les Faux-monnayeurs. Vaut pour la très grande originalité de sa construction : des personnages multiples qui expriment autant de points de vue.

 

111. Nadja | André Breton | 1928

Vivez avec Nadja l’expérience surréaliste, croisez la beauté convulsive, jouez avec la folie et changez votre vie par la puissance de la poésie !

 

112. Le Soulier de Satin | Paul Claudel | 1929

Le théâtre est le genre dans lequel Claudel fait montre de son écriture la plus foisonnante. Cette dernière est à l’image de la grandeur des sentiments que l’auteur entend mettre en scène : ceux de l’amour qui ne se sublime que dans le renoncement.

 

113. Le Chien jaune | Georges Simenon | 1931

Il fallait choisir un titre des 430 oeuvres de Simenon. Ou peut-être ne fallait-il en choisir aucun, car l’auteur est…belge, bien sûr. Passons : il fallait que celui qui a donné ses lettres de noblesse au roman policier soit ici présent.

 

114. Le Noeud de Vipères | François Mauriac | 1932

Les conflits qui se nouent avec complexité dans les relations familiales, tel est le noeud de vipère dont parle Mauriac. Les haines, les jalousies, les drames, ponctués de mysticisme chrétien donnent à cette oeuvre son caractère particulier.

 

115. Voyage au bout de la Nuit | Céline | 1932

« L’homme nu, dépouillé de tout, même de sa foi en lui. C’est ça mon livre. » L’absurdité régit le monde célinien. Mais ce qui en fait, peut-être, le plus grand roman du XXe siècle, malgré la réputation sulfureuse de l’auteur est la révolution stylistique qu’opère son auteur et qui vaut à elle seule la lecteur de l’ensemble de son oeuvre.

 

116. La Condition humaine | André Malraux | 1933

Les hommes tentent de se libérer de la question du sens de leur vie dans l’engagement collectif, ici l’action révolutionnaire. Malraux s’inspire du cinéma pour structurer son roman, en privilégiant la focalisation interne. Vaut aussi pour son incipit. 

 

117. La Guerre de Troie n’aura pas lieu | Jean Giraudoux | 1935

Si, si, la guerre entre Troie et les Grecs aura bien lieu. Comprendre : la guerre entre la France et l’Allemagne aura bien lieu. L’homme libre n’évite pas toujours la fatalité.

 

118. Journal d’un curé de campagne | Georges Bernanos | 1936

Le roman chrétien dans toute sa splendeur. D’Ambricourt n’arrive plus à prier. Son journal est le témoin des tensions de l’univers du chrétien, de ses douleurs physiques et morales, mais aussi de ses exaltations.

 

119. Cahier d’un retour au pays natal | Aimé Césaire | 1939

Le Cahier d’un retour au pays natal est l’acte fondateur de la négritude, concept qui renvoie au fait d’être noir, à l’affirmation culturelle des personnes noires. Aimé Césaire, né en Martinique, produit une œuvre originale qui oscille entre poésie et prose (un « Cahier »), portée par une inventivité lexicale, et dans laquelle il appelle à une décolonisation de politique et culturelle des Antilles.

 

120. Gilles | Pierre Drieu la Rochelle | 1939

« La sincérité désarmée » d’un homme désabusé, Gilles, qui ne croit plus en rien. La sublimation littéraire du parcours d’une génération, celle qui vient après la Première Guerre, dont le destin culmine dans la solitude, la mort et le fascisme. 

 

121. Tropismes | Nathalie Sarraute | 1939

Ouvrage peut-être fondateur d’un mouvement littéraire porté par les Éditions de minuit à l’après-guerre, le « nouveau roman ». Ouvrage novateur certainement, composé de vingt-quatre textes courts, qui cassent la narration traditionnelle, dans une écriture dépouillée et froide, à l’image de son titre. Les Tropismes, mot tiré de la science, ce sont, selon l’auteur, des « mouvements indéfinissables, qui glissent très rapidement aux limites de notre conscience ; ils sont à l’origine de nos gestes, de nos paroles, des sentiments que nous manifestons, que nous croyons éprouver et qu’il est possible de définir».

 

123. L’Homme pressé | Paul Morand | 1941

Trois auteurs compromis pendant la Guerre, ce classement devient sulfureux. Il était cependant difficile d’exclure Paul Morand (admiré par François M.), dont l’art de l’instantané et l’écriture nerveuse, le tout dans une certaine légèreté justifient de placer L’Homme pressé parmi les classiques de la littérature française ! 

 

124. Le parti pris des choses | Francis Ponge | 1942

Au revoir le lyrisme ! Francis Ponge veut tirer tout le jus des mots pour décrire en prose les choses : abricot, cageot, huître, etc.

 

125. L’étranger | Albert Camus | 1942

Nous vous renvoyons bien volontiers aux extraits publiés dans cet article.

 

126. Le Silence de la mer | Vercors | 1942

C’est la guerre. Un officier allemand, cultivé, francophile, si proche de nous, tente de dialoguer avec ceux qui l’hébergent, mais se heurte à un silence implacable. Toute fraternisation avec l’ennemi, même amical, est en effet impossible.

 

127. La Reine morte | Henri de Montherlant | 1942

Auteur qui insuffle à ses oeuvres une énergie virile, Montherlant contraint ici ses personnages à accomplir un devoir difficile, fait émerger leur grandeur morale des contradictions qui les déchirent, et communique finalement sa vision pessimiste de l’existence.

 

128. Le Passe-muraille | Marcel Aymé | 1943

Marcel Aymé, « La Fontaine du XXe siècle » qui n’utilise pas des animaux pour faire passer une morale, mais des êtres normaux, banals. On peut voir une statue de ce bêta de Passe-muraille sur la butte Montmartre, place Marcel Aymé.

 

129. Le Petit Prince | Antoine de Saint-Exupéry | 1943

Le livre français le plus traduit au monde ! Ce conte au symbolisme marqué aborde sous les dehors d’une histoire pour enfants les grandes questions morales chères à l’auteur.

 

130. Antigone | Jean Anouilh | 1944

Un pessimiste, encore ! Mais un pessimiste qui ne dit pas non à la vie. Les jeunes héros idéalistes d’Antigone acceptent les compromissions de la vie avec désenchantement :

« Je comprends seulement maintenant combien c’était simple de vivre… »

 

131. Aurélien | Louis Aragon | 1944

Le plus lu des romans d’Aragon, dans lequel transparait une condamnation idéologique du monde et des valeurs bourgeois. Aurélien, être socialement déterminé, est un individu pris dans l’Histoire. Et Aurélien trouve Bérénice franchement laide.

 

132. Huis clos | Jean-Paul Sartre | 1944

Souffrir le regard des autres, tel est le châtiment en l’enfer. Dans le théâtre de Sartre, les personnages sont jugés sur leurs actes et n’existent que par leurs actes. 

« L’enfer c’est les autres. »

 

133. J’irai cracher sur vos tombes | Boris Vian | 1946

Violence, sexualité…Le pastiche de roman noir américain de Vernon Sullivan, alias Boris Vian, fait scandale, même s’il est avant tout un puissant pamphlet contre le racisme !

Et quel titre !

 

134. La Peste | Albert Camus | 1947

La Peste prend la suite de L’Étranger. Enfermés dans Oran, sentant la mort venir, les hommes se sentent appartenir à la même humanité et luttent ensemble. Voir des extraits choisis ici

 

135. L’Écume des jours | Boris Vian | 1947

Calembours, contrepèteries…Vian se joue des mots et de leurs sens, en prenant à la lettre certaines figures de style, en créant d’étranges mots-valises (« pianocktail »), dans un univers à la fois tendre et cruel…

 

136. Un roi sans divertissement | Jean Giono | 1947

Le Trièves, en hiver, dans un village, un hêtre où sont cachés des cadavres…Le mystérieux enquêteur Langlois…Et la fascination pour le Mal ! « […]un roi sans divertissement est un homme plein de misères  » disait Pascal.

 

137. Les Bonnes | Jean Genet | 1947

Entrer dans le monde Genet, c’est entrer dans un monde où la perversion est maîtresse. Son oeuvre est servie par une langue d’une incroyable richesse et où l’écriture a presque valeur de rédemption. C’est dit.

 

138. Fureur et Mystère | René Char | 1948

Une poésie d’un certain hermétisme, intransigeante, mais grande et révoltée contre les meurtrissures du monde. René Char construit son art au contact des philosophes, Heidegger notamment. 

 

139. Vipère au poing | Hervé Bazin | 1948

Brasse-Bouillon martyrisé par Folcoche la marâtre, autobiographie désespérée sous le signe de la haine entre mère et son fils. Le roman de l’enfance difficile. 

 

140. Le Hussard bleu | Roger Nimier | 1950

Nimier, un hussard gouailleur, désinvolte, fauché trop tôt par un accident de voiture, écrit le roman qui baptise d’ailleurs cette génération d’écrivains, les Hussards, comptant Déon, Blondin et Laurent. Un exercice de style, des monologues désabusés résumés par une formule : « Tout ce qui est humain m’est étranger. »

 

141. Mémoires d’Hadrien | Marguerite Yourcenar | 1951

« Un pied dans l’érudition, l’autre dans la magie, ou plus exactement, et sans métaphore, dans cette magie sympathique qui consiste à se transporter en pensée à l’intérieur de quelqu’un. »

 

142. Le Rivage des Syrtes | Julien Gracq | 1951

Le roman de l’attente, magique, dont le cours tranquille n’est dérangé ni par son intrigue, réduite, ni ses personnages mystérieux et perdus aux lisières du monde.

 

143. En attendant Godot | Samuel Beckett | 1953

La pièce d’un nouveau monde désordonné, celui des camps et de la bombe atomique. Le théâtre est déconstruit, les personnages désossés, l’univers baigne dans le rêve. Beckett laisse le lecteur et le spectateur donner un sens à son oeuvre : « […]je ne sais pas plus sur les personnages que ce qu’ils disent,ce qu’ils font et ce qui leur arrive. Je ne sais pas qui est Godot […] ».

 

144. Les Gommes | Alain Robbe-Grillet | 1953

Une parodie de roman policier. Le lecteur peut attendre, jamais il n’entrera dans la conscience de Wallas l’enquêteur. Se cache derrière cela la volonté de Robbe-Grillet de désubjectiver la déscription : on ne projette ainsi plus de sens sur le monde. Projet impossible ?

 

145. Bonjour tristesse | François Sagan | 1954

Sagan a encore dix-huit ans lorsque Bonjour tristesse est publié. Le livre connaît alors un grand succès et fait l’objet d’un étrange scandale, peut-être pour la liberté charnelle de son héroïne.

 

146. Les Mandarins | Simone de Beauvoir | 1954

Simone de Beauvoir, connue comme l’auteur du Deuxième sexe (1949), a obtenu le prix Goncourt en 1954 pour Les Mandarins, une autofiction, dédiée à son amant, l’écrivain américain Nelson Algren (1909 – 1981), dans laquelle elle restitue l’atmosphère de l’immédiat après-guerre, à travers les milieux intellectuels, notamment de gauche (« Les Mandarins »), qui débattent alors du communisme.

« Une page d’histoire : histoire politique, histoire intellectuelle, histoire des moeurs de la période postérieure à la Libération. » selon André Billy, dans Le Figaro

 

147. Histoire d’O | Dominique Aury | 1954

Histoire d’O, publié sous le pseudonyme de Pauline Réage, est un roman érotique et sado-masochiste qui fit scandale dans une France encore puritaine. Le roman connut un grand succès, inspirant Régine Deforges pour qui l’héroïne, O, trouve dans la servitude la grandeur pour dominer son amant

Enfin une femme qui avoue ! Qui avoue quoi ? Ce dont les femmes se sont de tout temps défendues (mais jamais plus qu’aujourd’hui). Ce que les hommes de tout temps leur reprochaient : qu’elles ne cessent pas d’obéir à leur sang ; que tout est sexe en elles, et jusqu’à l’esprit. Qu’il faudrait sans cesse les nourrir, sans cesse les laver et les farder, sans cesse les battre. Qu’elles ont simplement besoin d’un bon maître, et qui se défie de sa bonté…

Jean Paulhan, Le préfacier

 

148. Les Rois maudits | Maurice Druon | 1955 – 1977

Le XXe siècle a inventé la malediction prononcé par Jacques de Molay à l’endroit de Philippe le Bel et Druon en a tiré un chef-d’oeuvre. G.R.R. Martin, le créateur de Game of Thrones, admire en effet Druon (et Dumas) duquel il a sûrement tiré la substance de ses livres qui angoissent (et fascinent) le monde !

 

149. Éthiopiques | Léopold Sédar Senghor | 1956

Recueil de poèmes de Léopold Sédar Senghor (1906 – 2001), baptisé d’un néologisme qui renvoie à l’Éthiopie antique (État africain qui a longtemps résisté à la colonisation), à la culture africaine, et qui étudie, par la langue française, les relations de pouvoir, l’étrangeté à soi, en voguant sur le concept de négritude, qu’il a développé avec Aimé Césaire et Léon-Gontran Damas.

 

150. La Modification | Michel Butor | 1957

Vous n’avez jamais lu de roman écrit uniquement à la deuxième personne du pluriel  ? Vous voulez être baratté entre passé et futur, entre analepse et anticipation ? Alors lisez La Modification !

 

151. La Gloire de mon père | Marcel Pagnol | 1957

Si l’auteur de ces lignes avait du talent littéraire, il tenterait d’écrire l’accent provençal ; mais il n’en a pas. Alors il vous recommande de vous plonger dans l’enfance provençale de Pagnol !

 

152. Le Lion | Joseph Kessel | 1958

Roman moderne de l’exotisme, celui d’un écrivain-voyageur si pittoresque. Tout y est : le lion King, les Maasaï, le Kilimandjaro, le Kenya.

 

153. Zazie dans le métro | Raymond Queneau | 1959

« […]un délire tapé à la machine par un romancier idiot. » En réalité, un grand roman expérimental où même l’orthographe est renversé : « Doukipudonktan » !

 

154. La Promesse de l’aube | Romain Gary | 1960

Un exilé, peu sûr de son identité, sans père mais avec une mère trop présente, Romain Gary ou Émile Ajar, écrivain humaniste, dénonce et tente de guérir, par l’amour, seul remède, les blessures laissées par les monstruosités autodestructrices de l’espèce humaine.   

 

155. La Route des Flandres | Claude Simon | 1960

Un roman sur le passé qui revient en mémoire, où la trame narrative classique est sapée. Passé, présent et futur se mélangent dans une écriture sans ponctuation, constamment interrompue, reflétant la coexistence de mémoires qui s’entremêlent dans nos consciences.

 

156. Rhinocéros | Eugène Ionesco | 1960

Malheur ! Toute la population d’une ville entière se transforme en rhinocéros ! Non, pas toute la population, Bérenger résiste à cette déshumanisation ! Le théâtre de l’absurde contre le totalitarisme. 

 

157. Les Mots | Jean-Paul Sartre | 1964

Autobiographie à succès de Sartre et surtout, histoire de la construction du « projet de soi », c’est-à-dire la fabrique d’un écrivain, avec une certaine autodérision. 

 

158. Les Choses | Georges Perec | 1965

Écrivain doué une d’un grande technicité, il raconte ici, dans une narration impersonnelle, le quotidien de Jérôme et Svlvie, régi par le désir de posséder « des choses ». Une contestation de la société de consommation en pleine période des Trente Glorieuses. 

 

159. Vendredi ou les Limbes du Pacifique | Michel Tournier | 1967

Une apologie de la vie sauvage. Michel Tournier reprend le mythe de Robinson mais inverse ici les rapports classiques : le sauvage prend vite le dessus sur le civilisé. 

 

160. La Bicyclette bleue | Régines Deforges | 1981

Ce premier tome d’une longue saga à succès nous présente Léa Delmas, qui est encore une jeune fille de dix-sept ans de la région de Bordeaux, en 1939, avant l’occupation allemande. Elle vivra des aventures à travers le monde racontées sur dix livres, avec son amant, François Tavernier.

Si les péripéties prennent une place importante, l’auteur ne renonce pas à l’érotisme auquel on l’associe.

 

161. L’Amant | Marguerite Duras | 1984

L’Amant est le plus célèbre roman de Marguerite Duras (1914 – 1996), récompensé par le prix Goncourt, et par un très grand succès commercial. Construit à partir des souvenirs de l’enfance indochinoise de l’auteur, il raconte l’histoire d’une transgression sociale, celle d’une jeune fille de quinze ans et demi qui trouve un riche Chinois pour amant, et qui vit des rapports singuliers avec sa mère, et ses deux frères.

Ce thème indochinois est une reprise d’un roman bien antérieur, Un barrage contre le Pacifique (1950), et sera à nouveau repris dans L’Amant de la Chine du Nord (1991).

 

Addenda


 

Article écrit à l’aide de La littérature française de A à Z et d’un Mémento de la littérature française.

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

138 réponses

  1. sanois dit :

    Hello… J’en ai lu 141… Il m’en reste 9… j’entre en lecture…
    Bien cordialement,
    PGS

  2. Thiry Prune dit :

    Tout à fait d’accord avec cette liste qui offre un joli panorama… mais j’aurais laissé une petite place à Ronsard au 16eme siècle 🙂

  3. Maurice CURIE dit :

    @ Sanois :
    BRAVO à vous, si de fait vous avez lu tout cela. Et d’autres, par ailleurs, je gage, pas nécessairement retenus par Adrian.

    Je me permets une galéjade : parmi les 150 sélectionnés, moi j’en ai encore une dizaine à lire. Ça va aller vite, si je m’y attelle le week-end prochain, d’expédier la lecture de ces trois titres : « Les Rois maudits » de DRUON, « Les Misérables » de HUGO, et « À la recherche du temps perdu » de PROUST. Une formalité, ce n’est pas comme si c’était du SAGAN.
    Ouais… (!)

  4. Maurice CURIE dit :

    BLAGUE À PART : CHOIX DES PLUS ÉLOQUENTS, ON PEUT TOUJOURS Y TROUVER À REDIRE, COMME DANS UNE ANTHOLOGIE DE LA POÉSIE FRANÇAISE OÙ L’ON AURA TOUJOURS L’IMPRESSION QU’IL MANQUE TELLE OU TELLE PIÈCE DE NOTRE AUTEUR DE PRÉDILECTION.

    BRAVO À ADRIAN D’INSUFFLER CE DÉSIR DE LIRE, PARTANT DE VOYAGER, PARTANT DE RÊVER !…

    • Louys Rose-Marie dit :

      « Les rêveries du promeneur solitaire » Jean-Jacques Rousseau
      « Le Grand Testament » François Villon
      Voici deux perles monumentales pas citées.

      La liste est bien faite.

    • lo dit :

      oui il manque forcément des classiques. J’ajouterai Tristan de Béroul pour le moyen-âge, Corneille pour le 17è, Crébillon pour le 18è que personne ne lit…à tort, Duras pour le 20è, et ce merveilleux Curtis, académicien du 20è totalement oublié…ni édité . Pour Proust j’ajouterai « Les plaisirs et les jours »…moins rébarbatif que la RTP …:)

  5. royer robert chantale dit :

    j’en ai lu qqls uns !! mais c,est pas terminé !!!!! n’en rajoutez pas !!!!

  6. Marlene Jones dit :

    BRASILLACH. Vous parlez de l’immonde raclure qui a écrit « n’oubliez pas les petits » au moment de la rafle du Vel d’Hiv et dont De Gaulle, lui-même a refusé la grâce. C’est une honte. Vous voulez faire dans le sulfureux ? Vous avez juste ressucité la bête immonde.

    • Adrian dit :

      Céline aussi est un être immonde. Il n’en est pas moins un grand écrivain. Brasillach est un être répugnant. Les Sept Couleurs est-il donc moins un chef-d’oeuvre ? J’ai ressuscité la bête immonde, rien que cela. Un nouvel Hitler 😉

      • Eric dit :

        L’oubli devrait être leur punition… par ailleurs penser à Celine et son voyage tout en omettant Belle du Seigneur d’Albert Cohen n’est pas très defendable, d’un point de vue littéraire j’entends

        • Adrian dit :

          Hahahaha ! Je croyais pourtant avoir fait un choix très consensuel ! Merci en tout cas, par votre dernière précision, de m’épargner l’accusation de nazisme 😉

        • Pierre Laliberté dit :

          Belle du Seigneur n’est comparable qu’aux Deux Étendards, de Rebatet. Comparé à lui, Cohen est un tâcheron de la littérature. Mais, bien sûr, il faut avoir pris la peine de lire les deux…

      • Raymond dit :

        Jean d’Ormesson avouait que c’était la lecture des mémoires de Brasillach (Notre Avant-guerre) et surtout les chapitres sur son passage à l’École Normale qui lui avait fait choisir sa voie. Brasillach est un très grand écrivain.

  7. Cris dit :

    Pour le XX, il manque, me semble-t-il, Albert Cohen. Et si Céline à sa place parmi les très grands écrivains, on peut sans problème se passer de Brasilach et Drieu. Moins de Giono qui est absent. Pour le moyen-Age, un peu dommage d’oublier « Les Lais » de Marie de France, et surtout François Villon. Mais liste plutôt bien faite dans l’ensemble.

    • Adrian dit :

      Giono n’est pas absent (n°130) . Il manque Albert Cohen, François Villon aussi (et Perrault), j’écrirai un addenda dans lequel je les mettrai. Pour le « sans problème » quant à Drieu et Brasillach, il faut argumenter. Les Lais, est-ce du français ? Je pose la question :p

    • Raymond dit :

      Pour le moyen-âge aussi les «Cent nouvelles nouvelles». Recueil assez incroyable de finesse et d’humour.

    • Fabrice Thomas dit :

      A chacun d’apprécier en lisant Brasillach. Pour ma part, et en considérant son oeuvre uniquement sur le plan littéraire, je pense que Notre avant guerre et Les sept couleurs n’ont pas leur place dans la liste des grands classiques de la littérature française.

  8. Marie -Claire WZ dit :

    Bravo 👏 Adrian 😃 Super recueil de littérature 😉 j’adore 👍 Merci

  9. Valembois de Lépigny dit :

    Les diaboliques de Barbey d’Aurevelly

  10. Bravo ! Il faut toujours faire des choix, c’est vrai. Très belle liste qui offre un superbe panorama.
    J’en ai lu plus d’une centaine. Pas trop mal. Il y en a d’autres que j’ai lus et considère comme de véritables chefs-d’œuvre et qui n’y sont pas. C’est logique !

  11. Philippe Selvais dit :

    magnifique liste, j’en ai lu environ les deux tiers… je conteste certains choix en particulier mme Bovary pour Flaubert, je préfère mille fois Bouvart et Pécuchet ou Salambô, et le choix des 7 couleurs de Brasillach, je préfère son anthologie de la poésie antique

  12. Philippe Selvais dit :

    j’ajouterais volontiers aussi l’anthologie de la poésie française de G Pompidou et un recueil de poèmes parmi ceux de Léonard Cohen (je sais: il est canadien)

  13. Pour Jules Verne, je dirais Michel Strogoff, pour Emile Zola, la Terre,
    et pour finir, Jonathan Littell avec les Bienveillantes quand l’homme nie sa propre existence.

  14. Fialon Jean-Jacques dit :

    « Graziella » de Lamartine pourrait être dans cette superbe liste.

  15. Leuwen dit :

    Les Deux Étendards ?

  16. SIEKLUCKI François dit :

    Le choix a du être bien difficile .J’ajouterais Les copains et Knock de Jules Romains ; et La négresse blonde de Georges Fourest.

  17. BeDe dit :

    87. Pêcheurs d’Islande | Pierre Loti | 1886
    Tout augmente! Quand je l’ai lu, il y a de ça quelques décennies, il n’y avait qu’un seul pêcheur.

  18. Atourev dit :

    Joli travail, mais pour ma part je pleure l’absence de Modiano et de mon chouchou JMG Le Clézio (tous 2 prix Nobel, soit dit en passant…), entre autres.

  19. et bien ,pas mal , pour moi ! 136 lus !

  20. Anonyme dit :

    Pour moi il manque marguerite duras, un barrage contre le pacifique.
    Et je dois reconnaître que mon préféré de V. Hugo manque aussi : le dernier jour d’un condamné. Mais c’est une affaire de goût 😉

  21. Anonyme dit :

    C’est dommage de ne reconnaître pratiquement que les écrits d’hommes blancs. Ou sont Marguerite Duras, Colette, Nathalie Sarraute, Aimé Césaire, Simone Schwarz-Bart, Maryse Condé, Patrick Chamoiseau et tant d’autres…

    • Noémi dit :

      Peut-on vraiment parler de quota quand il y a moins de CINQ POURCENT de femmes dans cette liste?
      Apparemment les seuls auteurs qui touchent à l’universel, selon vous, sont des hommes blancs.

    • roudil dit :

      comme Edouard Glissant, par ex., peu populaire, mais incontournable…

  22. Rose Staub dit :

    @ @Comme beaucoup d’autres, j’ai remarqué l’absence de Ronsard. Et pour le XXème siècle, pas un Le Clézio, pas un Modiano ( deux prix Nobel de littérature !)
    Si j’ai bien lu, Sade ne figure pas dans votre liste.
    Puisque vous vous limitez à cent cinquante ouvrages, pour laisser la place à ces trois auteurs, il faudrait peut-être supprimer Le Barbier de Séville : c’est Le Mariage de Figaro qu’il est indispensable de lire. Pour l’Astrée et Clélie, des extraits me semblent suffisants.
    Pour George Sand, ce n’est pas La Mare au diable (ni La Petite Fadette) qu j’aurais choisi. Pour Théophile Gautier, j’aurais préféré Le Capitaine Fracasse ou, surtout, ses poèmes.
    Il est évident que pour certains auteurs (Molière, Corneille, Racine, Hugo, Zola, Ionesco, Beckett) c’est la presque totalité de l’oeuvre qu’il faut lire !
    Avant de se lancer dans la lecture de Boileau, Bossuet, de l’Astrée, de Clélie, je recommanderais des « morceaux choisis » comme on faisait jadis au lycée et , pour la poésie, l’anthologie de Georges Pompidou.
    Une dernière remarque…ai-je mal lu, ou avez-vous oublié Madame de Sévigné ?

    • Adrian dit :

      Merci pour vos remarques, je rajouterai en effet Madame de Sévigné et Ronsard. Je suis d’accord pour Le Capitaine Fracasse mais il est n’est plus édité dans son intégralité…à ma connaissance !
      C’est un peu plus difficile pour Sade : il faudrait lui choisir une oeuvre. Aucune n’est plus « classique » qu’une autre. Cela ferait un autre scandale…
      Je ne mettrai pas d’auteurs vivants, bien que sanctifiés d’un prix Nobel.

      • Elisabeth BAREIL dit :

        Pour moi, il manque J. Kessel les cavaliers
        Jules Romain les hommes de bonne volonté
        Romain Gary les Racines du Ciel
        Mais notre littérature est si riche et si on ajoute les étrangers de langue française, on devrait citer 1000 oeuvres

  23. ariane dit :

    Bien bien ! Pour l’Astrée, je me suis laissée dire par la guide du château d’Honoré d’Urfé à la Bastie, que c’était peu probable d’arriver au bout d’un tel livre …

  24. Katia Lemieux dit :

    Une liste indispensable. Ce qu’il faut souhaiter c’est que ces chefs- d’ouvre soient en tête de liste pour l’enseignement du français dans nos écoles francophones et ce, partout dans le monde.

  25. Marc Bilodeau dit :

    Faites-vous une distinction entre la littérature francaise et la littérature de langue francaise? Je ne remarque pas d’auteurs Canadiens, Antillais ou Africains, outre si l’on veut l’Algérien Camus. Il y en a quand-meme eu quelques uns qui mériteraient d’etre inclus. Je pense par exemple a Gabrielle Roy.

  26. Pierre-Marie Bourlon dit :

    Evidemment, on peut toujours trouver à redire, on peut regretter telle ou telle absence, impardonnable à nos yeux (Perec est bien là, mais quid de « la vie mode d’emploi », ou encore de « Rébecca », de D. du Maurier ?). Il me semble, mais, là encore c’est tout à fait personnel, qu’il manque un peu de réflexion épistémologique dans ce panel, par ailleurs magnifique et alléchant : j’aurais aimé y voir des auteurs tels que Auguste Conte, Claude Bernard, Jean Rostand, Georges Canguilhem, Gaston Bachelard…qui possèdent et maîtrisent un style absolument magnifique ! Bravo en tout cas pour ces 150 œuvres qui donnent vraiment envie de lire ou relire ce que la culture a fait de mieux !!

  27. Un peu déçu qu’on cite Hervé Bazin tout en ignorant Gilbert Cesbron.

  28. Albertine dit :

    Et Duras ? Et Sarraute ???

  29. Goldsmith dit :

    subjectif en bonne partie : pas de DURAS notamment ; La légende des siècle ? etc

  30. Claire dit :

    Michel Tournier : Les Météores, Le roi des aulnes, Vendredi, trois très grands livres à mon sens…

  31. elo dit :

    Du coup les classiques de la littérature française s’arrêtent en 1967 ? Ca pourrait être pas mal d’avoir une liste avec les romans de nos contemporains qui deviennent à leur tour des classiques.

  32. Dominique dit :

    Henri Michaux « Plume « ; Max Jacob  » Le Cornet à dés; Pierre Corneille  » L’Illusion comique » ; Raymond Queneau L’Instant fatal .

  33. SVT JL dit :

    J’aurais laissé une petite place pour la littérature Russe, qui est à mon avis largement aussi troublante que notre littérature Française…….

  34. Fabrice dit :

    Une liste très riche et très intéressante, dommage qu’elle s’arrête aussi loin dans le temps. Rien de notable dans les 50 dernières années ?

  35. steveniers dit :

    je pense à l’absence dans cette liste du livre d’André Swartzbart « Le dernier des justes »

  36. Catherine dit :

    Barjavel ? Pierre Boulle ? (j’ai essayé de citer ceux que je n’ai pas vus dans les commentaires). Bon courage !

  37. Anonyme dit :

    Antonin Artaud

  38. tito dit :

    faire une liste c’est choisir donc éliminer donc se faire critiquer. La plupart des critiques sont des avis basés sur des goûts personnels plus que sur de vrais arguments littéraires c’est donc qu’elle doit être pas mal cette liste. Personnellement, je ne comprends pas l’engouement autour de Sagan que je qualifierais au mieux de roman de plage et je me suis ennuyé avec la condition humaine mais vu qu’il s’agit de 2 références de la littérature française, ils ont leur place. Déçu de ne pas trouver la vie devant soi mais on ne peut pas tout avoir.

  39. Sandrine dit :

    Super cette liste , merci !!! Auriez vous une liste du même genre version littérature anglo-saxonne ?

  40. Grégory dit :

    Bonjour!
    Très belle liste, mais j’aurais ajouté « Caligula », de Camus, qui interroge et montre parfaitement l’essence du fou au théâtre 🙂

  41. jacqueline antona dit :

    moi j’avais dejà réclamé Troyat que je ne vois pas encore aujourd’hui

  42. Pascal dit :

    Cervantès, Don Quichotte, quand même

  43. Jean-Philippe dit :

    Cette liste est excellente et très belle. Merci pour ce travail et cette prise de risque. Certains auteurs sont peut-être sur-représentés, à mon goût en tout cas. Je pense à Alfred de Musset (3 titres, mais chacun a ses faiblesses ;-)) ou Boris Vian. Un seul titre aurait suffit. Ce qui aurait laissé une petite place pour caser Ronsard en effet, Brajavel (La nuit des temps) et éventuellement Saint John Perse ou encore Albert Cohen. Une fois encore merci pour ce travail courageux et très réussi. Un superbe fond de bibliothèque. Il ne vous reste plus qu’à vous atteler aux écrivains « étrangers » (Américains, Anglais, Italiens, Espagnols, Russes, Allemands ou assimilés, Japonais….). Une autre liste de 150 livres serait un joli pendant. Une fois encore bravo et merci.

  44. Mattis dit :

    Excellente liste ! Je suis en hypokhâgne (prépa littéraire) et je souhaite me constituer une solide culture littéraire…
    Cependant, j’ai remarqué une faute, que le passionné d’Histoire que je suis ne peut laisser passer ! En effet, pour les Rois maudits (que j’ai et que je compte lire très bientôt), tu écris que c’est Guillaume de Nogaret qui a lancé la malédiction sur Philippe le Bel et Clément V ! Grosse erreur, le dernier grand Maître de l’Ordre du Temple fut Jacques de Molay, c’est lui qui a lancé la malédiction. 🙂 Guillaume était le principal conseiller du roi et l’acteur majeur, justement, de l’arrestation et de la torture des templiers ! Le reste est parfait. 😉

  45. Brigitte Pachot-Hyde dit :

    Oui excellente liste, mais encore tant à ajouter ..notre littérature est si riche et variée ..je me souviens être absorbéee par la lecture de Jules Vallès ,les six tomes de RM du Gard , le rêve de Zola , les contes de Flaubert autant réaliste qu’ émouvant ..il y aurait, le Theatre de Boris Vian avec dans »les batisseurs d’empire » un schmurz exutoire que tout le monde cogne du pied, c’est un sac informe et effrayant écrit en 1965 ..♪5a fait peur et reflechir ….Merci Adrian pour cette belle récapitulation de notre patrimoine littéraire.

  46. Marie Meli dit :

    Pourquoi pas Yves Thériault (Agaguk), Anne Hébert (Les fous de Bassan, Kamouraska), le poète -cousin de cette dernière- Hector de Saint-Denys Garneau (Regards et jeux dans l’espace)

    • Nico Triffault dit :

      Et la poésie d’Émile Nelligan!! (même si la paternité de son oeuvre est aujourd’hui contestée.) Et du Réjean Ducharme!

      Ceci étant dit cette liste concerne les auteurs français et non pas francophones. Une liste des meilleures oeuvres francophones serait franchement intéressante. Ne sommes-nous pas une grande famille culturelle? 😊

  47. Quelqu'un dit :

    Il manque La vie devant soi de Romain Gary

  48. Quelqu'un dit :

    Sinon super choix

  49. Emma dit :

    Simone de Beauvoir!!!!

  50. Duby dit :

    Merci Adrien! Belle liste. J’en ai lu et relu pas mal mais « point trop » du XIIe Je vais m’y mettre saperlipopette!

  51. flipouk dit :

    Très bonne liste. Selon moi, il manque cependant « Les deux étendards », de Lucien Rebatet.

  52. coincoin dit :

    je cherche tous ces bouquins en bande dessinées parce que c’est moins chiant et plus rapide a lire quoi ! alors c’est ou qu’on peu les trouver ces BD ???

    • Dom dit :

      sinon tu peux aussi attendre que des séries américaines s’en emparent, comme ça ce sera encore plus facile à ingurgiter dans ton canapé

  53. le jules dit :

    3 romans de Vian et pas de place pour Mort à Crédit ?

  54. Chxaki dit :

    Bonsoir et merci du temps consacré. Puisque nous en sommes à suggérer des œuvres pour cette liste déjà bien fournie, je proposerai volontiers l’ « Homme qui rit » de V.Hugo.

  55. Oulianov dit :

    Et Paul Nizan, il est russe ?

  56. Sam Koot dit :

    Dès qu’on cite Brasillach écrivain, aussitôt une bande de bien formatés s’élancent … Hitler, nazi et autres qualificatif du style.
    Nul besoin d’avoir lu autant de livre pour être aussi caricatural !..
    On vous parle d’un écrivain … pas de l’homme !.. sinon, croyez-vous que Sartre fût un exemple … et le Cardinal de Retz … et Villon … et qui vous dit que bien d’autres n’ont peut-être pas été des exemples de vertus après tout !.. Restons calmes non ?..

    • le jules dit :

      Bonjour Sam,

      Je vous donne bien raison. Brasillach est probablement (voir surement) un être méprisable. Je n’ai pas encore eu l occasion de le lire, Mais si son œuvre est digne d’intérêt, nous devons la lire… Que dire dans ce cas d’Aragon qui a soutenu l’un des plus grands tyrans de tout les temps ? Doit on ne plus le vouer au pilori ? Certes non…
      Bien à vous

  57. Sokii dit :

    Il manque, à mon humble avis, la disparition de Perec

  58. ISMAILI AZIZ dit :

    il ne faut pas oublier « L’ARGENT » d’ EMIL ZOLA

  59. DavidPalsterman dit :

    Merci ! Oui, merci de faire une liste des classiques de la littérature française sans que le plus ancien auteur soit Victor Hugo ou, moins pire, Chateaubriand ! Car c’est ce que j’ai pu voir dans la majorité de ces listes qui ne proposent que des auteurs du XIXe et XXe qui certes sont des classiques mais leur proximité dans leur temps ne leur accorde en rien l’exclusivité de nos lectures !
    Alors bien évidemment, cette liste, on le sait et on nous l’a même expliqué au début, n’est ni exhaustive en oeuvre ni même en auteur ; on pourrait tant faire une liste des 150 auteurs classiques que des 150 oeuvres classique d’un seul siècle (« les 150 oeuvres classiques de la littérature du XVIe ; du XVIIe ; etc.) ! Il est évident que l’auteur de cette liste a fait des choix et il faut reconnaître que dans l’ensemble, les grands représentants des différents siècles sont présents !
    Bien sûr, il en manque et peut-être que certains livres auraient pu être choisis en faveur d’autres ; mais considérons en honneur les présents et non en blâme les absents, dont je ne doute pas que l’auteur connaisse l’existence !
    Personnellement, je suis heureux avec cette liste qui part des origines et j’aurais même allongé la liste des auteurs médiévaux et des auteurs du XVIe siècle !

  60. Chaperon dit :

    Je suis avant tout un relecteur (certains livres 5 ou 6 fois ); très content d’avoir vu figurer « Jacques le fataliste » dans la liste des indispensables. Pourquoi pas les « Hommes de bonne volonté « , de même nature que les Rougon mais beaucoup plus agréable à lire; de même la Chronique des Pasquier ( Duhamel ) . En poésie , « Gaspard de la nuit » ( Aloysius Bertrand ) …Sur le sujet « auteurs infréquentables » , je suis bien d’accord : il faut (sans rien oublier ) distinguer l’auteur et ses cotés regrettables de l’oeuvre; on peut être anti-fasciste et aimer « Gilles », anti-communiste et aimer « Aurélien », ne pas trop apprécier les voyous et aimer la beauté du  » Condamné à mort » ,etc … voir la bibliothèque de F.Mitterand ctuellement en vente.

  61. Juanito Banana dit :

    Pas mal, cette liste ! Du bon boulot.
    Je rajouterais Rosny Aîné et Robert Merle pour leur contribution à la SF (mais pas que !), et Beroul (#TristanetIseut).

  62. Grenadine dit :

    Pas vu Colette ! Il va falloir remettre l’ouvrage sur le métier et l’appeler « Les 200 classiques… »

  63. Tamisier dit :

    J’aurai mis aussi Paroles de Prévert.

  64. Dutordoir dit :

    Je regrette juste que le seul libraire en lien soit Amazon qui n’a pas besoin de cette aubaine pour engranger les profits, maltraiter ses employés et faire un bras d’honneur au fisc français !

  65. Teddy dit :

    Bonjour, je suis totalement nouvelle en ce qui concerne la littérature. Cela m’intéresse mais je ne sais par quoi commencer, des conseils ?

    • Iris dit :

      Bonjour! Quel genre aimez vous? Comme auteur français facile à lire il y a Maupassant, Colette, Hugo (Le Horla est une nouvelle géniale et très courte de Hugo).
      Ou si vous préférez des auteurs étrangers, commencer par Zweig (La confusion des sentiments, vingt-quatre heures de la vie d’une femme) me parait une bonne idée. Sinon si vous aimez le genre il y Jane Austen est l’auteur qui m’a fait aimer les livres il y a bien longtemps. Bonne lecture!!

  66. Altha dit :

    « Des auteurs qui mériteraient de figurer dans cette liste sont absents, comme Colette ou Cendrars, car il était bien difficile de leur trouver une oeuvre plus classique qu’une autre. » !?
    Cette justification me parait absurde.
    L’absence de Colette est honteuse.
    Vous n’avez sans doute pas lu « Sido » ou « La maison de Claudine »…

  67. george dit :

    la vengeance de docteur ( litterature francaise -1935 – 38) ?

  68. Joncels dit :

    Excellente liste
    Comme d’autres je regrette l’absence de Ronsard d’Albert Cohen de Duras et Beauvoir …et si je comprends l’argument de ne pas retenir les écrivains vivants de Gabriel Matzneff

  69. Philippe dit :

    d’Ormesson est enfin mort .. (c’est de l’humour, rassurez-vous) .. on l’ajoute? quel titre recommandez-vous ? Au plaisir de Dieu ? Garçon de quoi écrire ? ou le rapport Gabriel ? ou Mon dernier rêve sera pour vous ?

  70. Francis Baudin dit :

    Je vais me contenter d’un bistrot de campagne ,d’un verre de muscadet et relire Un singe en hiver.

  71. Louys Rose-Marie dit :

    Très bonne liste.J’ai beaucoup lu dans l’intégralité ou des passages aussi.J’aurais aimé voir figurer « Les rêveries du promeneur solitaire » « Le Grand Testament » de François Villon « Le ventre de Paris » Emile Zola…

  72. JELJELI dit :

    Y a t’il quelqu’un qui vendrait toute sa collection et si oui à combien?

  73. Chantal dit :

    Maupassant ?

  74. Alice dit :

    Yourcenar, les Mémoires d’Hadrien ?

  75. Alice dit :

    Oups, désolée, mal vu, Yourcenar est dans votre liste…

  76. Jude dit :

    Ouille. J’ajouterai :
    – L’amant/Un barrage contre le pacifique/La douleur (Duras) ;
    – Tituba (Condé) ;
    – La petite Fadette ;
    – No et moi (de Vigan) ;
    – Les années (Erneaux) ;
    – King kong Theorie (Despentes)
    – Quid de Beauvoir ? Badinter ?

  77. Alex F dit :

    Bonjour, un grand merci pour cette liste pléthorique !
    Le XIXè siècle, quand même, c’était quelque chose….
    Pour l’année à venir, je me suis décidé pour les rois maudits et la comédie humaine, entrecoupés par quelques bouquins russes et américains.
    Et pour mon petit ajout personnel, avec toute la tendresse d’un ado qui découvre une autre façon d’envisager le roman, ça sera « Au bonheur des ogres » de Pennac !

  78. Mark Chopper dit :

    Pourquoi y a-t-il deux numéros 44 (« Les Liaisons dangereuses » et « Les Confessions ») ?

    Par ailleurs, Alphonse Daudet semble tombé dans l’oubli… N’aurait-il pas sa place dans cette liste ?

  79. Un promeneur dit :

    Une excellente liste. Pour ma part (mais c’est un choix personnel), j’aurais multiplié les entrées pour les périodes les moins fournies, quitte à réduire le nombre d’oeuvres du XXe.

    Moyen Âge : Tristan et Yseut (Béroul, fin du XIIe) ; Œuvres poétiques de Rutebeuf (XIIIe siècle) ; Le Jeu de la Feuillée (Adam de la Halle, 1276) ; Le Livre du Voir Dit (G. de Machaut, 1364) ; Œuvres poétiques de Charles d’Orléans (XVe siècle) ; Œuvres poétiques de François Villon (vers 1450-1460) ; La Farce de Maître Pathelin (Anonyme, vers 1465)

    XVIe : L’Adolescence clémentine (Clément Marot, 1532-38) ; Œuvres poétiques de Louise Labé (1555) ; Les Juives (Robert Garnier, 1583)

    XVIIe : Œuvres poétiques de Théophile de Viau ; Œuvres poétiques de Malherbe ; L’Illusion comique (Corneille, 1636) ; Cinna (Corneille, 1641) ; Le Véritable Saint Genest (Rotrou, 1647) ; Le Roman comique (Scarron, 1651-57) ; L’Autre Monde (Cyrano de Bergerac, 1657-62) ; Le Misanthrope (Molière, 1666)

    XVIIIe : La Vie de Marianne (Marivaux, 1731-42) ; Zaïre (Voltaire, 1732) ; Lettres philosophiques* (Voltaire, 1734) ; Les Egarements du cœur et de l’esprit (Crébillon fils, 1736) ; Discours sur l’origine des inégalités* (Rousseau, 1755) ; Traité sur la tolérance* (Voltaire, 1763) ; Les Rêveries du promeneur solitaire (Rousseau, 1782)
    * Oui, ce sont bien des œuvres littéraires

  80. Bodin Soulat Liliane dit :

    tres bonne liste ;je suis entrain de decouvrir,confinement oblige des livres nonlus et admirablement ecrits :Jules Vallès(l’enfant, le bachelier,le révolte)ANATOLE fRANCE /Les dieux ont soif,LéonBloy : l’ame de Napoléon,Violette Leduc la bâtardeFrançois Cheng le dit de tianyi

    • BOUDIOU dit :

      Toute liste limitée sera toujours incomplète et les commentaires soulignent fort à propos les (innombrables) manques.
      J’avais remarqué comme vous l’absence de Vallès et d’ Anatole France mais personne ne souligne l’absence d’ Antoine de Saint-Exupéry avec, par exemple, LE PETIT PRINCE !
      Serait-ce le deuxième mort de cet écrivain ?

  81. Henry dit :

    Pauvre françois Villon cher à Brassens encore une fois porté disparu..Domage!

  82. IAmJustSomebody dit :

    Bonjour, Il manque le numéro 122… La bise 😉
    PS : Je rajouterais du Simone de Beauvoir, du Ronsard ou même Emile Verhaeren.

  1. 12/07/2020

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