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« Empirer » ou « s’empirer » : quelle forme choisir ? ✍️« Empirer » ou « s’empirer » : quelle forme choisir ? ✍️

Publié le 07/10/2020 (m.à.j* le 12/06/2024)
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La réponse

On peut écrire : empirer ou s’empirer. Si norme il doit y avoir, elle semble se tourner vers « empirer », forme non pronominale. Cependant, la langue de la vie de tous les jours semble privilégier « s’empirer », sous influence, peut-être, de « s’aggraver » ou de « se détériorer » (la situation s’aggrave, la situation se détériore, la situation s’empire). La forme pronominale donne l’idée d’un processus ou d’un mouvement continu (les choses deviennent de pire en pire). La forme non pronominale a, quant à elle, une sonorité littéraire. L’Académie française admet « s’empire », peut-être parce que cette forme pronominale a été employée par les classiques au XVII et XVIIIe siècles. Le Dictionnaire de Littré (1863) enregistre lui aussi verbe pronominal. Au reste, si la forme transitive était autrefois courante (le remède empire le mal), elle appartient aujourd’hui à une langue littéraire. À lire ici : « plein de » ou « pleins de », quel accord ?

Exemples avec « s’empirer »

  • La situation s’empire de jour en jour depuis l’inondation, et les gens commencent à évacuer.
  • Sa monomanie s’empire de jour en jour. Aussi, toutes les fois qu’il se présente une exécution, en est-il averti par des émissaires secrets – avant les gentilshommes de la hache eux-mêmes ! (Villiers de l’Isle-Adam, Contes cruels, cité par le Grevisse)
  • Le seul changement des viandes leur pouvait animaux : afin que l’homme entende qu’ils sont marquer combien leur état allait s’empirant ; (Bossuet, Discours sur l’histoire universelle, cité par Littré)
  • La capitale tunisienne est notamment confrontée à un problème de gestion des déchets, qui s’est empiré après 2011. (Lemonde.fr)

Exemples avec « empirer »

  • Mais les solutions apportées par les autorités empiraient les problèmes, si bien que les gens avaient appris à se débrouiller seuls.
  • […] pressé qu’il était de se rendre à l’île d’Elbe, sa maladie empira au point que vers la fin du troisième jour, sentant qu’il allait mourir, il m’appela près de lui. (Dumas, Le Comte de Monte-Cristo)
  • Je reviendrai ce soir, à l’heure où vous m’avez dit que son mal empirait, et je tâcherai de couper encore cette mauvaise fièvre. (Sand, La Petite Fadette)
  • Ce dimanche matin, la situation empire: les frappes redoublent sur toute la ville, s’enchaînent. (Letemps.ch)