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Origine et définition de l’expression fautive
Vous entendez souvent « en tout les cas » à l’oral. Pourtant, cette tournure fait bondir les puristes. Pour saisir le problème, revenons au sens profond de la locution. L’idée est d’évoquer l’ensemble des situations possibles. Une fois ce sens posé, le choix des mots devient crucial.
En français normé, la forme qui s’est imposée est « en tout cas ». Elle est classée parmi les locutions adverbiales figées, c’est-à-dire des groupes de mots dont l’ordre et la composition ne changent pas. L’Académie française considère que l’usage a soudé « en » et « tout cas » sans article pluriel. La variante « en tout les cas » est née d’une confusion avec d’autres constructions voisines.
L’étymologie nous éclaire. Le mot « cas » vient du latin casus, « ce qui arrive, événement ». Au singulier, « en tout cas » signifie littéralement « en toute occurrence ». Le glissement vers le pluriel « les cas » semble logique : on croit renforcer l’idée de totalité. Mais la grammaire en a décidé autrement.
Ce qu’il faut retenir
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La forme « en tout les cas » est une erreur grammaticale.
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La locution figée correcte est « en tout cas », sans article.
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« Dans tous les cas » est une alternative parfaitement valable.
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L’ajout de « les » crée un pléonasme avec « tout ».
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En cas de doute, préférez « en tout cas » ou un synonyme.
Pourquoi « en tout les cas » est une erreur d’orthographe et de syntaxe
La faute repose sur l’ajout indu de l’article défini « les ». Dans la locution figée « en tout cas », le déterminant est absent. C’est un bloc invariable. Introduire « les » casse le figement et crée un pléonasme : « tout » exprime déjà la globalité, « les » n’apporte rien. Résultat : une redondance maladroite.
La bonne nouvelle ? Cette erreur n’est pas une fatalité. Il suffit de retenir que l’expression correcte ne compte que trois mots. La mémoire auditive joue souvent des tours, car « tout » et « tous » se prononcent presque de la même façon devant une consonne. Beaucoup écrivent « en tous cas », puis ajoutent « les » par souci formel. Pourtant, « en tous cas » reste toléré à l’oral mais évité à l’écrit soigné.
Si vous doutez toujours, notre correcteur d’orthographe vous permettra de trancher en une seconde.
Comparaison visuelle entre les formes
| Forme | Statut | Contexte |
|---|---|---|
| En tout cas | ✅ Correct | Écrit soutenu et oral courant |
| En tout les cas | ⛔ Incorrect | À proscrire dans tous les registres |
| Dans tous les cas | ✅ Correct | Alternative parfaitement valable |
| En tous cas | ⚠️ Toléré (oral) | Déconseillé à l’écrit |
Alternatives élégantes et nuances d’usage
Plutôt que de vous risquer à employer « en tout les cas », vous disposez d’un arsenal de remplacements impeccables. Le plus proche reste « en tout cas », passe-partout et sobre. Pour varier, vous pouvez glisser vers « dans tous les cas », qui, lui, accepte l’article pluriel. Notez la nuance : « dans tous les cas » insiste davantage sur la pluralité des éventualités, tandis que « en tout cas » fait bloc et conclut le propos.
D’autres locutions offrent des couleurs différentes. « Quoi qu’il en soit » exprime une concession. « De toute façon » marque une certitude face aux obstacles. « En toute hypothèse » appartient au registre juridique. L’important est de choisir la formule qui épouse votre intention, sans jamais laisser « en tout les cas » s’immiscer.
Exemples à ne plus confondre
Je ne sais pas encore quel train prendre, mais en tout cas je vous tiendrai au courant. (forme correcte)
Je ne sais pas encore quel train prendre, mais en tout les cas je vous tiendrai au courant. (forme incorrecte)
Plusieurs solutions existent. Dans tous les cas, le projet avancera. (forme correcte)
On se voit demain ? Oui, en tout les cas, je l’espère. (forme incorrecte)
Synonymes et contraires
La richesse du français permet de contourner le piège avec une palette de synonymes : de toute manière, quoi qu’il arrive, en toute circonstance, toujours est-il que. Ces expressions transportent la même idée rassurante d’une conclusion valable quel que soit le scénario.
Pour les contraires, on pense à des tournures qui restreignent le champ des possibles : dans ce seul cas, dans l’hypothèse où, éventuellement, peut-être. Ces mots réduisent la certitude, là où « en tout cas » verrouille.
Traductions : comment transposer cette idée dans d’autres langues ?
L’équivalent en anglais de « en tout cas » est in any case ou anyway. En espagnol, on dira en todo caso. Ces langues utilisent un singulier et pas d’article supplémentaire, confirmant la logique de notre locution figée.
L’erreur « en tout les cas » se retrouve parfois chez les apprenants, qui calquent la structure in all the cases. C’est un faux ami grammatical. Une fois la règle intégrée, la traduction inverse devient transparente.
FAQ : les questions que tout le monde se pose
Peut-on écrire « en tout cas » avec un « s » à « tout » ?
La graphie « en tous cas » se rencontre, mais elle est généralement considérée comme vieillie ou relâchée. Les grammairiens recommandent « en tout cas », car le singulier renvoie à l’idée de totalité indivisible. À l’écrit, privilégiez toujours la forme sans « s ».
Quelle est la différence entre « en tout cas » et « dans tous les cas » ?
« En tout cas » est une locution figée au singulier, tandis que « dans tous les cas » décompose la globalité en plusieurs situations. Les deux sont correctes, mais la seconde supporte naturellement le pluriel. Vous gagnez en sécurité en adoptant « dans tous les cas » si vous avez un doute.
« En tout les cas » est-il accepté à l’oral ?
Même à l’oral, cette forme est perçue comme une faute de français. Elle trahit une hésitation entre « en tout cas » et « dans tous les cas ». Mieux vaut s’en défaire pour asseoir sa crédibilité, même dans une conversation informelle.
Existe-t-il un moyen mnémotechnique simple ?
Oui. Dites-vous que « cas » au singulier est plus fort que « cas » dispersés. « En tout cas » rassemble tout en un seul bloc, sans article superflu. Imaginez un coffre unique qui contient toutes les possibilités.
Pourquoi lit-on parfois « en tout les cas » dans des textes anciens ?
Certains auteurs classiques pouvaient user de cette forme de manière isolée, mais l’usage normé l’a rejetée. Aujourd’hui, aucun ouvrage de référence ne l’admet. Les correcteurs automatiques la soulignent systématiquement.











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