Tire-au-flanc : définition & origine [expression]

Tire-au-flanc signifie : paresseux.

 

Tire-au-flanc : origine de l’expression


« Tirer au flanc » signifiait, dans l’argot militaire, trouver des moyens pour se soustraire aux corvées. « Tirer » a la valeur de « s’en aller », et « flanc » a la valeur de « côté ». « Tirer au flanc » était donc s’en aller sur le côté, donc « se dérober ». Le tire-au-flanc est le soldat qui cherche à se soustraire à ces tâches, puis, par extension, le paresseux.

L’expression date du XIXe siècle.

C’est bon, nous partons, le chef et moi, nous rappliquons à l’hôpital. Y avait là tous les tire-au-flanc de l’escadron, Faës, Lagrappe, Vergisson, exétera, exétera. Tous ces bougres-là se fichaient de ça ; ils fumaient leurs pipes au soleil […]

La Jeune Garde, 28 mars 1886

 

Quant à lui, il se laisse flotter, heureux, dans ce bon coin d’affections et raconte gaiement quelque histoire de service avec les expressions militaires qu’il emploie tout comme un ancien.

« Ah ! oui ! allez, c’était dur, pas moyen de tirer au… flanc. » Il a dit : au flanc, parce que les parents sont là, autrement l’expression eut été plus énergique.

Le Patriote algérien, 7 septembre 1890

L’expression masquée par le personnage dans l’extrait ci-dessus est « tirer au cul », qui a donné « tire-au-cul » :

Je me trouvai nez à nez avec M. le major qui me regardait en souriant, derrière son lorgnon. « Eh bien, tire-au-cul me dit-il, c’est comme ça que tu fous le camp, lorsqu’on se flanque une tripotée ? […]

Rebell, La Femme qui a connu l’empereur, 1898

 

Tout de même on se mettait en route. Le boulot c’était pour les faire passer au trot les canards. Ils avaient peur de bouger à cause des plaies d’abord et puis ils avaient peur de nous et de la nuit aussi, ils avaient peur de tout, quoi ! Nous aussi ! Dix fois on s’en retournait pour lui redemander la route au commandant. Dix fois qu’il nous traitait de fainéants et de tire-au-cul dégueulasses.

Céline, Voyage au bout de la nuit

 

Exemple contemporain


Bien que vétéran du front sino-japonais, l’homme revient, comme la majorité de ses camarades, sans gloire ni argent. Alors qu’il tente de larciner un bol de soupe, l’ancien soldat bagarreur et tire-au-flanc retrouve son ancien chef d’escouade, le taiseux Tokutaro Kawashima. A la solidarité de garnison se substitue la curieuse amitié de ceux unis par l’indicible.

Lemonde.fr

Adrian

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