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Un tire-au-flanc : définition & origine (expression) 📖

Publié le 28/05/2021
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Définition

Un tire-au-flanc signifie : un paresseux.

 

Exemples

  • C’est peut-être un tire-au-flanc, mais il n’est pas bien méchant… je préfère l’avoir ici que de l’avoir se morfondre chez lui.
  • Ce soldat tire-au-flanc avait réussi à échapper à toutes les batailles et avait fini tranquillement sa carrière dans le confort des bureaux.

 

Tire-au-flanc : origine de l’expression

« Tirer au flanc » signifiait, dans l’argot militaire, trouver des moyens pour se soustraire aux corvées. « Tirer » a la valeur de « s’en aller », et « flanc » a la valeur de « côté ». « Tirer au flanc » était donc s’en aller sur le côté, donc « se dérober ». Le tire-au-flanc est le soldat qui cherche à se soustraire à ces tâches, puis, par extension, le paresseux.

L’expression date du XIXe siècle.

C’est bon, nous partons, le chef et moi, nous rappliquons à l’hôpital. Y avait là tous les tire-au-flanc de l’escadron, Faës, Lagrappe, Vergisson, exétera, exétera. Tous ces bougres-là se fichaient de ça ; ils fumaient leurs pipes au soleil […]

La Jeune Garde, 28 mars 1886

 

Quant à lui, il se laisse flotter, heureux, dans ce bon coin d’affections et raconte gaiement quelque histoire de service avec les expressions militaires qu’il emploie tout comme un ancien.

« Ah ! oui ! allez, c’était dur, pas moyen de tirer au… flanc. » Il a dit : au flanc, parce que les parents sont là, autrement l’expression eut été plus énergique.

Le Patriote algérien, 7 septembre 1890

L’expression masquée par le personnage dans l’extrait ci-dessus est « tirer au cul », qui a donné « tire-au-cul » :

Je me trouvai nez à nez avec M. le major qui me regardait en souriant, derrière son lorgnon. « Eh bien, tire-au-cul me dit-il, c’est comme ça que tu fous le camp, lorsqu’on se flanque une tripotée ? […]

Rebell, La Femme qui a connu l’empereur, 1898

 

Tout de même on se mettait en route. Le boulot c’était pour les faire passer au trot les canards. Ils avaient peur de bouger à cause des plaies d’abord et puis ils avaient peur de nous et de la nuit aussi, ils avaient peur de tout, quoi ! Nous aussi ! Dix fois on s’en retournait pour lui redemander la route au commandant. Dix fois qu’il nous traitait de fainéants et de tire-au-cul dégueulasses.

Céline, Voyage au bout de la nuit