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Faire amende honorable : définition & origine [expression]

Publié le 17/09/2021
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Faire amende honorable signifie : demander pardon, reconnaître ses torts, avouer publiquement ses fautes. Synonyme : battre sa coulpe (à lire ici). Exemples : 

  • Après avoir durement critiqué la politique actuelle, cet éditorialiste avait fait amende honorable en reconnaissant son succès.
  • Je sais bien que je l’ai vexée en ne venant pas à sa soirée. Je vais faire amende honorable et l’inviter à un très bon déjeuner dans son restaurant préféré.

 

Faire amende honorable : origine expression

Dans cette expression, « amende » a un sens ancien. Ce terme est ici synonyme de « modification en vue de s’améliorer », « réforme », « correction », du verbe amender (qui vient lui-même du latin emendare, « corriger, effacer les fautes, rectifier »). « Honorable » est ici à comprendre comme « relatif à l’honneur ». 

L’amende honorable était sous l’Ancien Régime une peine infamante qui était soit exécutée en public (qualifiée d’in figuris), soit en privé (qualifiée de sèche), en présence des juges et parties offensées (à cause d’injures ou de mauvais traitements). L’amende honorable in figuris était une peine corporelle. Selon Le Dictionnaire de l’Ancien Régime (dir. Lucien Bély) : 

le condamné, conduit par l’exécuteur de la haute justice à la porte d’une église ou de l’auditoire de justice, en chemise, pieds et têtes nus, la corde au cou, tenant à la main un torche de cire ardente du poids de deux livres, devait déclarer à genoux à haute et intelligible voix, que faussement et contre la vérité, il avait fait ou dit quelque chose contre l’autorité du Roi ou contre l’honneur de quelqu’un et qu’il en demandait pardon à Dieu, au Roi, à la justice. 

C’était parfois la première étape avant la peine capitale ou l’envoi dans les galères (cf. Encyclopédie). Elle ne figure ni dans le Code pénal de 1791 ni dans celui de 1810, et elle n’est plus du tout connue aujourd’hui. En dehors du monde de la justice, cette expression est employée au figuré pour « demander pardon », le plus souvent publiquement. Elle est très usuelle : 

VADIUS
Va, va-t’en faire amende honorable au Parnasse
D’avoir fait à tes vers estropier Horace.

Molière, Les Femmes savantes, III, 5

J’interrompis Aldine. Je ne l’écoutais guère : j’étais préoccupé d’un remords personnel. Je me rappelais malgré moi un aveu charmant, bien plus délicat que les condoléances étourdies de Jeanne. Le moment n’était-il pas venu, à présent qu’elle sait qui je suis, de lui faire amende honorable ?

Sand, Monsieur Sylvestre