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« Faisait » ou « fesait » ? (orthographe) ✍️

Publié le 07/11/2022 (m.à.j* le 21/05/2024)
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Orthographe

On écrit : « faisait », et jamais « fesait ». En effet, « faisait » est la seule forme possible de la troisième personne du singulier du l’imparfait du verbe « faire ». On écrit donc « je faisais, tu faisais, il/elle faisait, nous faisions, vous faisiez, ils faisaient » (on prononce à chaque fois le « fai » comme « fe »). Cette faute d’orthographe s’explique facilement par la prononciation du verbe en « fe-zai ». Ce décalage entre ce mot et son orthographe est d’autant plus troublante qu’elle n’existe pas à d’autres temps. Au futur, on prononce « il fe-ra » et on écrit « il fera » ; au conditionnel présent, il « fe-rait » est logiquement écrit « il ferait ». Ce décalage a été expliqué par Littré, qui reprend Bèze, comme une faute de prononciation des Parisiens, qui s’est ensuite généralisée à la France entière. Cette explication peut être mise en doute. On peut peut être l’expliquer pour des questions d’euphonie (une éventuelle difficulté de prononciation de la séquence « fai-s-ait », avec le doublement du son « ai »).

Ce décalage ne se limite pas au verbe : on écrit « faisable » que l’on prononce « fezable », « faiseur » que l’on prononce « fe-zeur », ou « bienfaisant » que l’on prononce « bienfezant », etc.

On trouve « fesait » dans quelques œuvres anciennes (« la cruauté des angoisses qu’elle fesait supporter a ces malheureux » Sade, La Philosophie dans le boudoir ; « D’une province entiére on fesait son partage » Voltaire, Don Pedre ; « […] « qui fesait alors un grand commerce de transport, et qui était à cette époque le principal objet de la jalousie anglicane. » Say, Traité d’économie politique), mais les occurrences sont rares. Il est improbable que la graphie « fesait » prenne le pas à moyen terme sur « faisait ».

Exemples

  • Malgré le soleil nuageux, il faisait chaud cette journée-là.
  • Pendant qu’elle faisait ses devoirs, je pouvais faire ma séance de sport.
  • On nous faisait des gâteaux que l’on pouvait sentir depuis les chambres du premier étage, aiguisant notre appétit.