Pourquoi « martien » et pas « marsien » ?

Martien avec un « t » est la forme établie aujourd’hui. 

« Marsien », dérivé du nom de la planète Mars avec ajout du suffixe -ien, a été employé mais n’est plus en usage. Exemples : 

Je me mis à observer de près cette machine de combat, m’assurant pour la première fois que l’espèce de capuchon contenait réellement un Marsien. 

H.G. Wells, La Guerre des mondes, traduction de 1906

 

Ces êtres étranges qu’on pourrait prendre pour des marsiens débarquant d’un aérobus, ne sont que des mécaniciens de l’aviation américaine…

Le Radical de Marseille, 13 janvier 1939

« Martien » prend un « t » parce que cet adjectif vient de l’adjectif latin martius, « de Mars », c’est-à-dire du dieu Mars, dieu de la guerre, dieu important (le père de Remus et Romulus, fondateurs de Rome), qui a donné son nom au premier mois de l’année romaine et à la planète. Par extension, cet adjectif qualifie ce qui est caractéristique du mois de mars et de la planète Mars. Les ides de mars, idus martia, étaient une fête organisée le 15 qui marquait l’entrée dans ce premier mois de l’année. Le champ de Mars se dit campus Martius en latin.

À lire ici : autrice ou auteure ?

Selon le Dictionnaire historique de la langue française, l’adjectif « martien » ne fait que l’objet d’usages isolés, avant d’être substantivé (transformé en nom) pour désigner les habitants de la planète Mars. On trouve ainsi un « champ Martien » pour « champ de Mars » au XVIe siècle. Cette influence, même légère, a primé sur l’orthographe actuelle du terme.

 

Exemples avec martien


Qui sait même si le réseau poli et brillant dont elle sera damasquinée ne rehaussera pas son éclat aux yeux des Martiens, des Uraniens et autres respectables créatures qui se chauffent au même soleil que nous ?

L’Indépendant, 8 septembre 1836

 

Ce n’empêche pas que le pays ne soit très « vivant », très animé : les Martiens se sont « associés en nations, » ont élevé des villes, conquis des arts, possèdent des musiciens « inspirés, comme nos grands maîtres ».

Eugène Loudun, Les découvertes de la science sans Dieu, 1884

Adrian

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