Farniente : définition et origine du mot

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Paysage à Beaulieu, Auguste Renoir, vers 1893 | Wikimedia Commons

Farniente : définition et étymologie

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Farniente est un mot d’origine italienne.

Il est composé de fare« faire », et niente, « rien » (far niente). 

Le farniente (que l’on prononce généralement « farnienté »), c’est donc littéralement ne rien faire. On peut rapprocher la composition de « farniente » de la fausse étymologie de « fainéant » :  fait-néant. 

Mais le farniente, dans l’usage, renvoie à une douce oisiveté, une période de repos, comme celle passée à la plage sous le soleilLe farniente a une connotation positive, contrairement à la fainéantise. 

On trouve son emploi dès le XVIIe siècle, dans une lettre de Madame de Sévigné (1626 – 1696), citée par le Littré

Ne soyez point en peine de mon séjour ici ; je m’y trouve parfaitement bien ; j’y vis à ma mode ; je me promène beaucoup ; je lis, je n’ai rien à faire, et, pour n’être point paresseuse de profession, personne n’est plus touchée que moi du far-niente des Italiens.

Lettre à Mme de Grignan, 16 septembre 1676

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Le terme a inspiré un poème à Théophile Gautier (1811 – 1872) :

Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage
Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,
Loin des chemins poudreux, à demeurer assis
Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,
Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.
Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi
Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,
Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,
Le puceron qui grimpe et se pend au brin d’herbe,
La chenille traînant ses anneaux veloutés,
La limace baveuse aux sillons argentés,
Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.
Ensuite je regarde, amusement frivole,
La lumière brisant dans chacun de mes cils,
Palissade opposée à ses rayons subtils,
Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ;
Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,
Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,
Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette.

 

Exemple

Pour un convalescent qui se repose tout le jour dans un jardin fleuriste ou dans un verger, une odeur de fleurs et de fruits n’imprègne pas plus profondément les mille riens dont se compose son farniente que pour moi cette couleur, cet arôme que mes regards allaient chercher sur ces jeunes filles et dont la douceur finissait par s’incorporer en moi.

Proust, À la recherche du temps perdu

Adrian

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