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« Fainéant » et « feignant » : quelle différence ?

Publié le 04/11/2018
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« Fainéant » et « feignant » sont synonymes et paronymes.

La forme « feignant »

La première forme connue est « feignant ». « Feignant » est le participe présent de « feindre » qui signifiait, dans un sens ancien, « paresser, se dérober ». Exemples : mon fils est un grand feignant, et je ne sais pas quoi faire pour lui donner un peu d’énergie.

La forme fainéant

« Fainéant » a été ensuite dérivé de « feignant », à partir de l’idée que l’étymologie de « feignant » était « fait néant » (une fausse étymologie selon Le Bon Usage, voir farniente). On a dérivé de fainéant le verbe « fainéanter » et le nom « fainéantise ». Cette altération, et on relève des usages de fainéant dès le XIVe siècle (Louis le Fainéant, à propos de Louis V). Exemples d’emploi de fainéant : 

  • Dans l’historiographie du XIXe siècle, les rois fainéants sont les rois de la dynastie mérovingienne finissante.

Quand ils découvrent de loin une voiture, ils se vont cacher en maudissant ces vagabonds qui n’ont rien à faire et courent les grands chemins, ces fainéants qui dérangent un honnête cabaretier et l’empêchent de boire le vin qu’il est obligé de leur vendre. 

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe

Tout d’un coup le patron entra, chargé de plusieurs mètres de grosses chaînes de fer capables d’attacher plusieurs forçats, suant, et dit : « J’en ai une charge, si vous n’étiez pas si fainéants, je ne devrais pas être obligé d’y aller moi-même. »

Proust, À la recherche du temps perdu

Même si la graphie « feignant » est antérieure à « fainéant », cette dernière semble être considérée comme plus soutenue, alors que la graphie « feignant » semble être considérée comme plus populaire. On utilise aussi, dans le langage populaire, « flemmard » ou « feignasse ». Selon le Dictionnaire historique de la langue française, fainéant a une valeur plus forte que « paresseux ».