Sodomie : origine du mot (étymologie)

Sodomie, en français « pratique du coït anal », est dérivé du latin chrétien sodomia, formé à partir du nom latin Sodoma (en grec Sodoma, Σόδομα), en français Sodome, ville du Proche Orient ancien évoquée à plusieurs reprises dans la Bible. Le latin Sodoma correspond à l’ancien hébreu s’dom (סדם), mot dont l’étymolgie est discutée.

 

Étymologie de sodomie : Sodome de la Bible


Dans la Genèse, Dieu détruit Sodome en même temps que la cité de Gomorrhe :

[…] quand le SEIGNEUR fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe du feu. Cela venait du ciel et du SEIGNEUR. Il bouleversa ces villes, tout le District, tous les habitants de villes et la végétation du sol.

XIX, 24, 25, Traduction œcuménique de la Bible (TOB)

Il n’est pas dit explicitement dans la Genèse cependant que ces villes ont été détruites parce que leurs habitants pratiquaient le coït anal. Dans une note explicative, les traducteurs de la TOB évoquent une possible allusion sexuelle faite auparavant dans le texte, lorsque les habitants de Sodome demandent à ce que Loth fasse sortir les deux étrangers (des anges qui avaient pris la forme d’hommes) qu’il accueille chez lui :

Ils appelèrent Loth et lui dirent : « Où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit ? Fais-les sortir vers nous pour que nous les connaissions

XIX, 5

Plutôt que de s’informer sur les étrangers, « connaître » (connaissions, qui traduit וְנֵדְעָה)  voudrait dire, de manière euphémique, « connaître sexuellement ». Ceci expliquerait l’étrange réponse de Loth aux habitants de Sodome : 

De grâce, mes frères, ne faites pas de malheur. J’ai à votre disposition deux filles qui n’ont pas connu d’homme, je puis les faire sortir vers vous et vous en ferez ce que bon vous semblera. Mais ne faites rien à ces hommes puisqu’ils sont venus à l’ombre de mon toit. 

XIX, 7,8

Mais la destruction a plutôt été, peut-être, la punition pour le manque d’hospitalité manifesté par les habitants de Sodome envers les deux étrangers accueilli par Loth.

Ce passage a cependant fourni un fondement pour identifier les habitants de Sodome à un peuple qui pratiquait le coït anal entre hommes, réprouvé par le christianisme. Augustin (354 – 430) parle dans ses Confessions (III, 8) des actes de ceux de Sodome comme des crimes contre-nature. La novelle 141 édictée par l’empereur Justinien (r. 527 – 565) associe ces habitants à la pratique répréhensible du stupre masculin (stupro masculorum).

Le Dictionnaire du moyen français relève sodomerie et sodomie. Sodomite, celui qui se livre à sodomie, retranscrit sodomita.

Dans d’autres langues européennes, le terme sodomie n’a pas une signification aussi restreinte qu’en français. Sodomy en anglais peut aussi renvoyer à la copulation avec un animal, comme l’allemand Sodomie

Adrian

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