Jules César : « veni vedi vici » (je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu)

veni vidi vici cesar

Jules César, Rubens, vers 1626 (détail) | Wikimedia Commons

Jules César : veni vedi vici


Veni vedi vici (je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu) est une locution latine attribuée à Jules César (100 – 44 av. J.-C.), général et homme politique romain. 

Cette formule allitérée marque par son laconisme : en latin, le pronom personnel n’est pas obligatoire. Sa forme donne une idée du fond : efficace, elle est à l’image légendaire de César, conquérant fulgurant. 

César aurait prononcé sa formule à propos de victoire rapide contre un allié de son rival Pompée (106 – 48 av. J.-C.), Pharnace II (97 à 47 av. J.-C.), roi du Bosphore, qui a annexé la petite Arménie et la Cappadoce. César le vainc sans difficulté le 2 août 47 av. J.-C. à bataille de Zéla, après avoir débarqué en Égypte à la poursuite de Pompée.

Veni, vedi, vici nous est connue par deux sources, les biographies de César (Vie de César) écrites par le grec Plutarque (46 – 125 ap. J.-C.) et par le romain Suétone (70 – 122 ap. J.-C.).

En arrivant en Asie, il apprit que Domitius, après avoir été battu par Pharnace, fils de Mithridate, s’était enfui du Pont avec peu de troupes ; que Pharnace, poursuivant avec chaleur sa victoire, s’était emparé de la Bithynie et de la Cappadoce, et se préparait à envahir la petite Arménie, dont il avait fait soulever les rois et les tétrarques : César marche promptement contre lui avec trois légions et lui livre une grande bataille près de la ville de Zèla ; il taille en pièces toute son armée et le chasse du royaume du Pont. Ce fut alors que, pour marquer la rapidité de cette victoire, il écrivit à Matius, un de ses amis de Rome, ces trois mots seulement : « Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu. » En latin [laculturegenerale.com : veni vedi vici, le texte a été écrit en grec], ces trois mots terminés de même ont une grâce et une brièveté qui disparaissent dans une autre langue.

Plutarque (source)

 

Ses guerres terminées, il triompha cinq fois, dont quatre dans le même mois, après sa victoire sur Scipion, mais à quelques jours d’intervalle, et la cinquième après la défaite des fils de Pompée. Il triompha de la Gaule, et ce fut le premier et le plus beau de ses triomphes; ensuite d’Alexandrie, puis du Pont, puis de l’Afrique, et en dernier lieu de l’Espagne; toujours avec une pompe et un appareil différents. Le jour où il triompha de la Gaule, comme il traversait le Vélabre, il fut presque jeté hors de son char, dont l’essieu se rompit. Il monta au Capitole à la lueur des flambeaux, que portaient dans des candélabres quarante éléphants rangés à droite et à gauche. Dans son triomphe du Pont, on remarqua, entre autres ornements de la pompe triomphale, un tableau où étaient écrits ces seuls mots: « Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu, » qui ne retraçaient pas, comme les autres inscriptions, tous les événements de la guerre, mais qui en marquaient la rapidité.

Suétone (source)

VOIR ICI : l’origine de la citation « de l’audace, toujours de l’audace, encore de l’audace ! »

La formule a souvent été imitée ou pastichée. 

Titus, pour mon malheur, vint, vous vit, et vous plut.

Racine, Bérénice

 

Veni vidi vixi

Poème de Hugo tiré des Contemplations (1856), sur la mort de sa fille 

 

À lire

Yann Le Bohec, Histoire des guerres Romaines: Milieu du VIIIe siècle avant J.-C. – 410 …

Adrian

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