Langue « vernaculaire » et « véhiculaire » : quelle différence ?

Langue vernaculaire : définition

La langue vernaculaire (du lat vernaculus, « relatif aux esclaves nés dans la maison », par extension, « qui est du pays », « qui est indigène ») désigne la langue propre à une communauté locale, la langue régionale, parlée spontanément au foyer. C’est la langue vulgaire, au sens de langue utilisée communément par les locuteurs d’une communauté donnée. 

Le Sénégal, par exemple, compte de nombreuses langues vernaculaires, comme le wolof, le peul, le mandingue, le sérère, et une langue véhiculaire, le français. 

 

Langue véhiculaire : définition

La langue véhiculaire (de vehicularis, dérivé de vehiculum, « véhicule ») désigne la langue qui permet à des communautés de langues différentes (qui ont chacune une langue vernaculaire) de communiquer entre elles, au sein d’un même pays ou entre différents pays. C’est la langue « véhicule », qui permet de « se déplacer en dehors de chez soi ». 

Ainsi, à l’échelle du monde, l’anglais sert de langue véhiculaire. Elle tient aussi ce rôle dans certains pays, comme en Inde par exemple, où, langue de l’ancien colonisateur britannique, elle permet une communication commune entre les nombreuses communautés linguistiques du pays (hindi, bengali, marathi, telugu, etc.). Une même nation, qui a plusieurs langues vernaculaires, peut donc avoir besoin d’une langue véhiculaire.

Les exemples de langues véhiculaires sont nombreux. Le latin a, du Moyen Âge au XVIIIe siècle environ, servi de langue véhiculaire aux savants européens. L’araméen, bien auparavant, a tenu le rôle de langue administrative commune dans l’Empire perse. Le grec était la langue véhiculaire des États grecs en Orient, et de la partie orientale de l’Empire romain. Aujourd’hui, le français sert de langue véhiculaire en Afrique de l’Ouest, le swahili en Afrique de l’Est. 

Des langues « bricolées » peuvent servir de langues véhiculaires. C’est le cas du globish, anglais simplifié qui sert aujourd’hui de langue internationale des échanges, ou, autrefois, du pidgin, qui mêlait à l’anglais des éléments autochtones (notamment en Extrême-Orient). Le sabir, composée d’arabe, d’espagnol, d’italien et de français, servait autrefois de langue d’appoint pour les échanges en Méditerranée, notamment en Afrique du Nord et au Levant. On parle aussi de lingua franca. 

Voir ici : qu’est-ce que le « sabir » ?

 

À lire

Dictionnaire historique de la langue française (Robert)

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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