Définition. (Nom masculin). Émoi signifie :

  • dans l’usage d’aujourd’hui : grande émotion suscitée par une mauvaise nouvelle ;
    • souvent employé dans la locution « en émoi »;
  • dans les usages anciens, soignés ou littéraires :
    • inquiétude provoquée par la tristesse ou la crainte, ou alarme suscitée par la surprise (l’émoi général) ;
    • trouble émotif positif, émotion agréable.

Exemples :

  • Le terrible accident survenu la veille sur la nationale entre une voiture et un camion avait mis le village en émoi.
  • On assistait, à la fin des vacances, avant que les aînés ne repartent à leurs études, au traditionnel émoi du départ.
  • Ses sourires et ses coquetteries avaient mis l’amoureux dans un joyeux émoi sur lequel il navigua tout le reste de la soirée.
  • « […] il ordonna de fouiller les bâtiments, les écuries, et redescendit au salon, où déjà Durieu, sa femme et tous les gens s’étaient précipités dans le plus violent émoi. » (Balzac, Une Ténébreuse affaire)

Synonymesémotion, agitation, inquiétude, tourment, trouble, alarme, bouleversement, tristesse, crainte, tracas, souci, saisissement, commotion, etc.

Antonymes : calme, froideur, insensibilité, placidité, sérénité, etc.

Étymologie : esmai au XIIe siècle, déverbal du verbe d’ancien français esmaier, « inquiéter, troubler, mettre en grand émoi », mot d’origine germanique introduit en français par le bas latin exmagare (« priver quelqu’un de ses forces »), que l’on trouve par exemple dans La Chanson de Roland (XIe siècle, « Deus, dist li Reis, tant me puis esmaier », vers 2412). Il est noté comme « vieux » par le Dictionnaire de Furetière (sous la forme esmoy « Vieux mot qui signifioit la même chose qu’aujourd’huy esmotion ») et par le Dictionnaire de l’Académie française jusqu’à sa 5e édition (1798). Selon le Dictionnaire historique de la langue française, il a été clairement négligé par les classiques, pour être réintroduit dans l’usage par les romantiques et les symbolistes. Sur Gallica, « en émoi » ou « en esmoy » est en effet rare avant le XIXe siècle. On trouve trois occurrences d’« émoi » dans les Mémoires de Chateaubriand, qui aimait les termes et les formules archaïques.