Dans l’usage d’aujourd’hui, en français, on écrit la pâque (sans « s ») ou la Pâque (la majuscule est facultative, mais elle tend à se généraliser) pour désigner la fête juive, ou la fête chrétienne pratiquée par les Églises chrétiennes orientales, tandis qu’on écrit Pâques (avec un « s ») à propos de la fête chrétienne pratiquée par les catholiques et les protestants. Autrefois, les deux fêtes étaient désignées indifféremment pasque ou pasques. Selon le TLF, la distinction entre les deux graphies s’est opérée à partir du XVe siècle.

La Pâque est un féminin singulier : on parle de la Pâque juive, ou de la Pâque orthodoxe de Grèce, etc.

Le genre et le nombre de Pâques est flottant. Ce terme est souvent considéré comme un féminin pluriel lorsqu’il est employé avec un adjectif épithète, notamment dans les formules de voeu : « Joyeuses Pâques ! Bonnes Pâques à vous tous ! ». On n’entend jamais « Joyeux Pâques », mais on peut lire parfois « À Pâques prochain », tournure rare que l’on trouvera surtout dans certains textes littéraires et anciens, ou chez des érudits. Ce terme est très probablement considéré par la plupart des locuteurs comme un féminin singulier avec un adjectif attribut : « Pâques est passée bien vite cette année ». On trouve le féminin singulier dans la littérature, chez un auteur catholique notamment : « Et il lui fallait un effort pour se substituer un état d’âme différent avec la Pâques, pour s’associer aux transports des alleluias… » (Huysmans, L’Oblat)

Dans d’autres cas, il est pris comme un masculin singulier, sans qu’il soit précédé d’un article, parce qu’on considère qu’on fait l’ellipse de formules plus longues (« jour/le dimanche/les vacances de Pâques » ou « dimanche de Pâques »).

  • ma famille sera rassemble chaque année pour célébrer Pâques ;
  • les enfants adorent chercher des œufs de Pâques dans le jardin.

Pâques est dérivé, par l’intermédiaire du latin pascha, et du grec paskha (Πασχα) et de l’araméen pasha, à l’hébreu biblique pessah, terme qui est plus volontiers employé par les juifs francophones que pâque (dont l’emploi est donc relativement rare). Chez les juifs, cette fête célèbre l’exode d’Égypte. Chez les chrétiens, elle célèbre la résurrection du Christ. Elle est précédée par la Semaine sainte, qui s’achève avec la veillée pascale avant le dimanche de Pâques. C’est la fête la plus importante pour les chrétiens. Elle est mobile : sa date change chaque année, car le concile de Nicée de 325 a déterminé qu’elle serait célébrée le premier dimanche suivant la première pleine lune du printemps. Sa date tombe du 22 mars au 25 avril de chaque année.