« Que j’aie vu » correspond au subjonctif passé et « que j’ai vu » au passé composé de l’indicatif, dans des propositions subordonnées. Ce sont deux formes homonymes, ce qui peut prêter à confusion.

Que j’aie vue : le subjonctif est le mode du virtuel, et s’impose lorsque l’information donnée par la principale est marquée par le doute ou l’incertitude, sauf dans certains cas (croire à la forme affirmative appelle l’indicatif par exemple). Le subjonctif s’impose en outre dans des propositions subordonnées relatives lorsque l’antécédent comporte une restriction (« le seul », « l’ultime », « l’unique ») ou un superlatif relatif (« le meilleur », « le pire », « le moindre », « le mieux », etc), parce que le sujet fait une appréciation, procédé qui comporte une part d’incertitude.

Astuce : pour être certain de devoir conjuguer au subjonctif, on peut essayer de remplacer la première personne du singulier par la première du pluriel, où le subjonctif s’entend. Exemples :

  • Je ne crois pas que j’aie vu Paul hier soir au café.
    • Nous ne croyons pas que nous ayons vu Paul hier soir au café.
  • Les Visiteurs est le meilleur film que j’aie jamais vu.
    • Les Visiteurs est le meilleur film que nous ayons jamais vu.
  • Paris est la plus belle ville que j’aie vue de ma vie.
  • La seule chose intéressante que j’ai vue jusque-là est ta maquette.
    • La seule chose intéressante que nous ayons vu jusque-là est ta maquette.
  • Je doute que j’aie vu ta voiture dans cette rue.
  • Il est impossible que j’aie vu ton oncle à la gare.
    • Il est impossible que nous ayons vu ton oncle à la gare.

Que j’ai vuel’indicatif s’impose quand quand l’information donnée par la principale est marquée par la certitude. Exemples :

  • J’ai dit à ma mère que j’ai vu ma sœur à l’université.
    • J’ai dit à ma mère que nous ayons vu ma sœur à l’université (le subjonctif ne fonctionne pas, l’indicatif s’impose).
  • C’est le troisième film que j’ai vu cette année.
  • Les enfants que j’ai vus jouer dehors sont rentrés chez eux.