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« Sur ce » ou « sur ceux » : quelle orthographe choisir ? ✍️
sur ce ou sur ceux

Publié le 17/03/2026
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⏳ Temps de lecture : 6 minutes

Vous rédigez un message professionnel. La phrase de conclusion arrive. Et là, le doute surgit. Faut-il écrire “sur ce” ou “sur ceux” ? La réponse est tranchée : une seule forme est correcte. Comprendre pourquoi, c’est ne plus jamais hésiter.

Ce qu’il faut retenir

  1. « Sur ce » est la seule orthographe admise en français, jamais « sur ceux ».

  2. C’est une locution adverbiale invariable, figée depuis le XVIIe siècle.

  3. Remplacez par « sur cela » pour vérifier instantanément la bonne orthographe.

  4. « Sur ce » s’emploie uniquement pour clore un discours ou amorcer une transition.

  5. Ses alternatives varient selon le registre : « cela dit », « ainsi », « là-dessus ».

La bonne orthographe : “sur ce” ou “sur ceux” ?

La règle orthographique décryptée

La seule orthographe admise en français est “sur ce”. La forme “sur ceux” est une erreur, sans exception. Cette confusion est extrêmement fréquente à l’écrit, car les deux formes sont identiques à l’oral. Un piège classique de la langue française.

Si vous avez régulièrement ce type de doute, pensez à mettre en favori notre correcteur d’orthographe pour vérifier vos textes au quotidien et éviter ce genre d’erreur.

✅ Sur ce, je vous laisse à vos occupations. (forme correcte)
⛔ Sur ceux, je vous laisse à vos occupations. (forme incorrecte)
✅ Sur ce, la séance est levée. (forme correcte)
⛔ Sur ceux, la séance est levée. (forme incorrecte)

Comprendre pourquoi “sur ceux” est toujours faux ici

La confusion naît de deux pronoms démonstratifs homophones. “Ce” et “ceux” se prononcent de manière identique. À l’écrit, pourtant, leur rôle grammatical est radicalement différent.

Le mot “ceux” est un pronom démonstratif masculin pluriel. Il remplace un groupe nominal masculin pluriel déjà mentionné dans le discours.

“Parmi les candidats, retenez ceux qui ont de l’expérience.”

Ici, “ceux” renvoie à des personnes précises, identifiées, au masculin pluriel. C’est sa fonction naturelle.

Dans la locution “sur ce”, le mot “ce” est un pronom démonstratif neutre et invariable. Il ne désigne pas des individus. Il englobe une situation globale, un moment, un contexte entier. Il ne peut pas prendre de marque de pluriel.

Astuce infaillible : remplacez “sur ce” par “sur cela”. Si la phrase reste naturelle, vous avez la bonne forme. “Sur cela, je vous souhaite bonne journée” fonctionne parfaitement. “Sur ceux, je vous souhaite bonne journée” ne renvoie à rien d’identifiable.

✅ Sur ce, permettez-moi de conclure. (forme correcte)
⛔ Sur ceux, permettez-moi de conclure. (forme incorrecte)

Définition, nature grammaticale et étymologie

Une locution adverbiale invariable

“Sur ce” est une locution adverbiale figée. Cela signifie qu’elle fonctionne comme un seul adverbe, sans que ses composants puissent être séparés, modifiés ou déclinés. On ne la conjugue pas. On ne la féminise pas. Elle est immuable dans sa forme.

Son rôle ? Marquer une clôture discursive. Elle signale la fin d’un acte de parole, d’un épisode ou d’une séquence. Elle introduit une prise de congé, une conséquence directe ou un passage vers une nouvelle action. C’est un outil à la fois économique, précis et élégant.

Sa position dans la phrase est presque toujours initiale. Elle peut être suivie d’une virgule légère. Elle perd sa valeur de clôture si on l’insère en milieu de phrase.

Étymologie : d’où vient cette expression ?

Décortiquons ses deux composants. La préposition “sur” vient du latin super, qui exprimait la position au-dessus mais aussi l’idée de s’appuyer sur quelque chose. Une notion d’ancrage.

Le pronom “ce” descend du latin ecce hoc, signifiant littéralement “voici ceci”. C’est une désignation neutre et générale, sans genre ni nombre. L’association des deux éléments a progressivement donné naissance, dès le français classique du XVIIe siècle, à une formule de transition verbale.

Observation perspicace : la longévité de “sur ce” s’explique par son économie linguistique exceptionnelle. En deux syllabes seulement, elle accomplit ce que d’autres locutions réalisent en cinq ou six mots. Les langues conservent naturellement les formes courtes, polyvalentes et fonctionnelles. “Sur ce” coche toutes ces cases — et c’est exactement pour cette raison qu’elle a traversé quatre siècles sans se déformer.

Usages, contextes et exemples de “sur ce”

Quand et comment l’employer ?

“Sur ce” appartient à un registre soutenu ou formel. On le trouve dans les discours officiels, les lettres professionnelles, les présentations, les correspondances courtoises. Il est rare dans un échange très familier, où l’on lui préférera des formules plus relâchées.

Imaginez un chef d’orchestre qui abaisse sa baguette après le dernier mouvement. “Sur ce” est cette baguette. Il ne s’explique pas. Il ne se justifie pas. Il tranche — et le silence qui suit lui appartient.

  1. Clôture d’un discours ou d’une présentation : “Sur ce, je vous remercie de votre attention et reste disponible pour vos questions.”
  2. Fin d’un courriel ou d’une lettre professionnelle : “Sur ce, je vous adresse mes cordiales salutations.”
  3. Transition narrative dans un texte littéraire : “Sur ce, il éteignit la lampe et disparut dans la nuit.”
  4. Levée de réunion : “Sur ce, la séance est levée. À la semaine prochaine.”

Exemples originaux dans des situations variées

“Le rapport a été soumis dans les délais impartis. Sur ce, l’équipe peut se concentrer pleinement sur la prochaine phase du projet.”

“Votre demande a bien été enregistrée. Sur ce, notre service clientèle reprendra contact avec vous sous vingt-quatre heures.”

“Sur ce, Madame la Présidente déclara la session close et invita l’assemblée à se disperser dans le calme.”

“Il avait dit tout ce qu’il avait à dire. Sur ce, il prit son manteau et quitta la salle sans attendre de réponse.”

Remarquez la tension dans chaque exemple. “Sur ce” ferme une parenthèse, ouvre un silence. C’est précisément ce qui le rend si efficace dans les écrits professionnels et littéraires.

Synonymes et alternatives à “sur ce”

Des expressions équivalentes selon le registre

Plusieurs formulations peuvent remplacer “sur ce”, mais chacune porte sa propre nuance. Choisir le bon équivalent, c’est aussi soigner le registre de son expression.

Expression alternative Registre Nuance principale
Sur ce Formel / soutenu Clôture nette, transition élégante et neutre
Cela dit Courant Légère concession avant de conclure
Là-dessus Courant / oral Référence déictique, plus familier et ancré
Ce faisant Soutenu Met l’accent sur l’action en cours
En conséquence Formel / administratif Souligne explicitement la causalité
Ainsi Soutenu / littéraire Marque la conséquence logique
Voilà qui est dit Familier / oral Clôture affirmative et décontractée
Sur ce point Courant Restreint la portée à un aspect précis

Une distinction fine à retenir : “sur ce” est global et conclusif, tandis que “là-dessus” est plus ancré dans l’immédiateté conversationnelle. “Cela dit” introduit souvent un bémol ou une nuance de restriction. Ces subtilités font toute la richesse du français.

Traductions de “sur ce” dans d’autres langues

La notion de clôture discursive existe dans toutes les langues. Chaque idiome possède sa propre façon de signaler la fin d’un acte de parole. Voici comment “sur ce” se traduit dans plusieurs langues européennes :

Langue Traduction courante Exemple dans la langue
Anglais With that / On that note / Thereupon “With that, the meeting is adjourned.”
Espagnol Dicho esto / Con esto “Dicho esto, me despido.”
Italien Detto ciò / Con questo “Detto ciò, vi saluto.”
Allemand Damit / Hiermit “Damit verabschiede ich mich.”
Portugais Dito isso / Com isso “Dito isso, encerro a reunião.”
Néerlandais Daarmee / Hiermee “Daarmee sluit ik de vergadering.”

Observation remarquable : dans chaque langue, l’équivalent de “sur ce” repose sur un mécanisme démonstratif identique. Un pronom ou un adverbe qui pointe vers ce qui précède, associé à une préposition ou une particule. Cette universalité n’est pas un hasard. Elle révèle un besoin cognitif fondamental : signaler la fin d’un acte de communication de façon économique, nette et immédiatement compréhensible.

FAQ — Les questions les plus fréquentes sur “sur ce” et “sur ceux”

Peut-on mettre une virgule après “sur ce” ?

Oui, et c’est même recommandé. La virgule marque une légère pause entre le signal de clôture et ce qui suit. Elle améliore la lisibilité et respecte le rythme naturel de la phrase écrite.

“Sur ce, je vous souhaite une excellente continuation et reste disponible si besoin.”

“Sur ce” est-il une expression vieillie ?

Non. Cette idée est une idée reçue tenace. Soutenu ne veut pas dire démodé. “Sur ce” reste pleinement vivant dans les courriels professionnels, les discours institutionnels et la littérature contemporaine. C’est simplement un marqueur de registre élevé — un choix stylistique assumé.

Peut-on l’utiliser dans un e-mail professionnel ?

Absolument. C’est même l’un des contextes où il est le plus apprécié. Il permet de clore un message avec élégance, sans tomber dans les formules trop longues ou maladroites. Attention néanmoins dans les échanges très courts ou très informels : il pourrait paraître légèrement guindé.

Quelle est la différence entre “sur ce” et “sur ce fait” ?

“Sur ce fait” est une construction grammaticalement correcte, mais elle n’est pas équivalente à la locution “sur ce”. Elle renvoie à un fait précis et identifié dans le discours. La locution “sur ce” est globale, neutre, conclusive — elle englobe toute la situation sans la pointer. Ce sont deux structures distinctes avec deux fonctions différentes.

Comment distinguer “sur ce” de “là-dessus” à l’écrit ?

“Là-dessus” est plus familier et plus ancré dans l’immédiateté de la conversation. Il exprime souvent une réaction directe à quelque chose de concret. “Sur ce” est plus neutre, plus solennel. Dans un contexte professionnel écrit, “sur ce” sera toujours le choix le plus approprié et le plus élégant.

Existe-t-il d’autres expressions avec “ce” qui posent le même problème orthographique ?

“Ce sont” contre “ceux sont” suit exactement le même mécanisme d’erreur. “Ce” neutre contre “ceux” masculin pluriel. La règle est identique : si l’expression est figée et ne renvoie pas à des personnes masculines plurielles clairement identifiées, on utilise “ce”. Toujours “ce”. Jamais de “x” parasite.

Peut-on dire “sur ce” pour introduire une phrase et non pour la clore ?

Non. “Sur ce” est structurellement une locution de clôture ou de transition. Elle annonce un départ, une action conséquente ou une conclusion. Si vous souhaitez introduire une idée nouvelle sans lien avec ce qui précède, d’autres connecteurs logiques comme “à présent”, “ainsi” ou “par conséquent” seront plus adaptés à votre propos.