Tirer son épingle du jeu : définition & origine

Tirer son épingle du jeu signifie : se dégager d’une affaire délicate ou se tirer habilement d’affaire et, par extension, se distinguer, se faire remarquer en bien. 

Selon le Dictionnaire de Furetière (1690): 

Tirer son espingle du jeu, pour dire, Retirer les frais & les advances qu’on avoit faits dans une affaire ruineuse où on s’estoit engagé.

 

Tirer son épingle du jeu : origine de l’expression


Selon Claude Duneton (La Puce à l’oreille), cette expression, très ancienne (XVIe siècle), vient d’un jeu de jeunes filles qui consistait à placer des épingles dans un rond au pied d’un mur et à les faire sortir à l’aide d’une balle que l’on frappait dans un mur, et qui devait ricocher dans le rond. Retirer son épingle du jeu, c’était récupérer au moins sa mise. C’est l’hypothèse présentée par Littré, mais il n’est pas précisé quel est ce jeu, et il n’est pas sûr qu’il ait vraiment existé. 

Le Dictionnaire d’expressions et locutions (Sophie Chantreau, Alain Rey) tient cette hypothèse pour vraisemblable, mais semble plutôt penser que cette expression a été construite à partir des sens figurés de ses composés. « Tirer » devrait être compris comme « s’en aller », « s’en sortir », le jeu comme « affaire », « problème », et l’épingle symboliserait ce qui attache, ce qui retient. Il n’exclut pas la métaphore érotique : « épingle » pourrait être le sexe de l’homme, et le « jeu » un calembour avec jus.

Si l’expression a traditionnellement le sens de « se tirer d’affaire », celui semble évoluer vers « se distinguer », « se faire remarquer en bien »?

 

Voir ici : d’où vient l’expression « dès potron-minet » ?

 

Exemples


Il lui semblait — et ce n’était pas absolument faux — que cette méfiance lui permettrait de tirer toujours son épingle du jeu, de glisser, insaisissable, à travers les plus dangereuses aventures, et sans qu’on pût rien, non pas même prouver, mais avancer contre lui, dans l’établissement de la rue Bergère.

Proust, À la recherche du temps perdu

 

Il était attendu. Pas au tournant, mais attendu quand même, et il s’en est plutôt bien sorti. Nommé en avril, le nouveau directeur sportif d’Angers, Sébastien Larcier (43 ans), a su tirer son épingle du jeu lors de ce mercato. La mission se révélait pourtant épineuse car il lui fallait passer derrière Olivier Pickeu, qui avait fait de cet exercice une spécialité. 

Lequipe.fr

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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